Japon

21 décembre 2011 07:16; Act: 21.12.2011 11:43 Print

HSBC vend au CS le secteur banque privée

HSBC va vendre au Credit Suisse sa division banque privée au Japon. Une transaction, révélée par la banque britannique, mais dont le montant n'a pas été divulgué.

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Credit Suisse rachète, pour un montant non divulgué, les activités japonaises de banque privée du groupe bancaire britannique HSBC. Cette acquisition permet au numéro deux bancaire helvétique de renforcer sa présence dans une région à forte croissance.

L'activité de banque privée de HSBC au Japon représentait fin octobre quelque 2,7 milliards de dollars (2,5 milliards de francs) d'actifs, a indiqué mercredi le groupe britannique, qui n'a pas précisé le prix de vente. Mais, selon les analystes de la Banque cantonale de Zurich, Credit Suisse pourrait avoir déboursé entre 10 à 60 millions de dollars pour cette opération.

Cette reprise permettra à Credit Suisse de renforcer sa présence dans un secteur très convoité et dans une région considérée par l'établissement comme disposant d'un fort potentiel dans le segment de la gestion de fortune.

«Cette acquisition démontre notre engagement à construire au Japon une banque privée de premier plan, d'acquérir des actifs et d'accroître la rentabilité», relève Junya Tani, responsable de la banque privée de Credit Suisse au Japon.

La transaction devrait être conclue d'ici au deuxième trimestre 2012, sous réserve du feu vert des autorités de la concurrence nippones.

Clientèle fortunée visée

Dans l'Archipel, Credit Suisse dispose déjà de succursales actives dans la gestion de fortune, mais également dans la banque d'affaires. Grâce à cette reprise, l'établissement comptera, en outre, de nouveaux bureaux à Nagoya et Osaka, dans l'ouest du pays.

Credit Suisse renforcera sa présence auprès de la clientèle fortunée asiatique. Les activités cédées concernent principalement des clients détenant plus de 200 millions de yens (2,4 millions de francs) en actifs financiers, note un responsable de HSBC Japan requérant l'anonymat.

Le groupe britannique conservera toutefois HSBC Premier, son service de banque privée destiné aux clients possédant plus de 10 millions de yens d'actifs, ajoute cette source. Celle-ci n'a pas souhaité dévoiler le nombre d'employés concernés par l'opération.

Cette dernière s'inscrit dans le cadre d'un programme d'économies de 3,5 milliards de dollars d'ici à 2013 engagé en mai. Le groupe avait annoncé début août la suppression de 30'000 emplois dans le monde sur les deux prochaines années, pour se recentrer sur les marchés émergents.

Nombreuses ventes

Depuis le début de l'année, HSBC s'est notamment délestée, aux Etats-Unis, de ses activités de cartes de crédit (2,6 milliards de dollars) et de ses banques de détail (1 milliard), ainsi que d'opérations au Canada, en Russie, au Chili, en Hongrie et en Pologne.

HSBC va engager jusqu'à 15'000 personnes d'ici à 2014 sur les marchés émergents, notamment en Asie. Plus d'un tiers de ses 300'000 employés sont déjà basés sur ce continent. La région a réalisé 59% des bénéfices du groupe avant impôts au premier semestre 2011, en hausse de 16% sur un an.

Après un premier semestre fastueux, HSBC a fait état d'un troisième trimestre en chute de 35%, à environ 3 milliards de dollars, sous l'effet d'une baisse des revenus de la branche d'investissement et d'une hausse des provisions pour créances douteuses, en particulier aux Etats-Unis. La banque britannique, dont le siège est à Londres, a été fondée en 1865 à Hong Kong et Shanghai.

(ats)