Angela Merkel

14 décembre 2011 17:37; Act: 14.12.2011 18:10 Print

Il faudra «des années» pour sortir de la crise

La chancelière allemande a averti mercredi que la sortie de crise de la zone euro prendrait «des années» et serait aussi accompagnée de «revers».

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Les décisions prises vendredi lors d'un sommet européen - un renforcement de la discipline budgétaire ancré dans les traités européens - ont mis l'Europe sur la voie «d'une union budgétaire, au sens d'une union de la stabilité», a déclaré la chancelière dans un discours aux députés du Bundestag. «Les contours d'une véritable union politique commencent à se dessiner», a-t-elle ajouté.

Mais sortir de la crise de la dette, qui a viré à la «crise de confiance» à l'égard de toute l'Europe, est «un processus qui ne durera pas des semaines, pas des mois mais des années», a-t-elle une nouvelle fois prévenu.

Le processus «sera accompagné de revers, mais si nous ne nous laissons pas décourager (par ces revers) (...), alors l'Europe va non seulement surmonter la crise mais aussi en sortir plus forte».

Hommage aux pays en crise

Mme Merkel a de nouveau regretté la décision de la Grande- Bretagne de ne pas adhérer aux changements prévus mais elle a répété que Londres resterait malgré tout «un partenaire important de l'Union européenne à l'avenir», et ce notamment sur les questions de politique étrangère et de sécurité, de concurrence, de commerce et dans la lutte contre le changement climatique.

La chancelière a par ailleurs rendu hommage aux pays en crise pour leurs efforts. «Nous reconnaissons que des progrès importants ont été faits» en matière de réformes et de réduction des déficits, a-t-elle dit, citant l'Irlande, le Portugal, la Grèce, l'Italie et l'Espagne. Elle a également exprimé sa «reconnaissance» aux peuples des pays touchés, auxquels «on demande de gros efforts».

Selon Mme Merkel, «la crise a déjà transformé l'Union européenne». Elle «a rapproché les Européens les uns des autres, plus qu'à aucun moment dans le passé, et cela vaut notamment pour la coopération franco-allemande qui a particulièrement fait ses preuves», a-t-elle ajouté.

«Nous vivons l'une des plus graves crises de l'Europe mais nous avons aussi atteint énormément de choses ensemble. Nous sommes d'accord sur les causes de la crise, d'accord pour les combattre et d'accord pour aller vers une union budgétaire», a-t-elle dit. «Tout cela aurait été impensable il y a quelques mois seulement», a-t-elle aussi ajouté.

Budget à rectifier

Corollaire de l'accord européen de vendredi, le gouvernement de Berlin va devoir présenter une loi de finances rectificative pour le budget fédéral 2012, a indiqué le responsable des questions budgétaires de la CDU, Norbert Barthle.

Cette correction prévoierait des dépenses supplémentaires de 4,3 milliards d'euros. M. Barthle s'est toutefois montré confiant de voir le déficit fédéral rester à 26,1 milliards d'euros, comme prévu. «Nous allons chercher d'autres possibilités pour financer ces nouvelles dépenses», a-t-il dit.

Démission

La crise de la dette a par ailleurs fait mardi une première victime en Allemagne. Le numéro deux du parti libéral (FDP), partenaire de la coalition gouvernementale de Mme Merkel, a annoncé mercredi sa démission, trébuchant sur un référendum interne à son parti sur les aides allemandes à la zone euro.

La participation ne sera probablement pas suffisante pour valider ce scrutin, ce qui semble être à l'origine de la démission de Christian Lindner. Le secrétaire général du FDP avait aussi été critiqué pour ne pas avoir suffisamment soutenu la position des instances du parti, officiellement favorables à l'action européenne de la chancelière.

Les libéraux ont enregistré débâcle sur débâcle électorale cette année, alors qu'ils avaient réalisé un score historique de plus de 14 % aux législatives de 2009.

(ats)