Marly (FR)

30 juillet 2013 18:48; Act: 30.07.2013 18:55 Print

Ilford sombre: 220 salariés sur le carreau

Ilford Imaging, en graves difficultés financières, n'a pas trouvé de repreneur à temps et se retrouvera en faillite. Les 220 employés que compte la société basée à Marly (FR) ont été informés de la situation mardi.

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«Nous avons activement recherché des investisseurs, malheureusement sans succès», a indiqué à l'ATS Lars Sommerhäuser, directeur opérationnel d'Ilford. La justice civile a été informée de la situation lundi et devra décider ces prochains jours si elle prononce la faillite de la société active dans les technologies de l'image, a-t-il ajouté. Une audience est prévue le 19 août.

Bien que des discussions soient toujours en cours, les chances de voir un repreneur de dernière minute se manifester sont minces, «d'autant que la plupart des salariés sont déjà à la recherche d'un nouvel emploi», a ajouté Lars Sommerhäuser.

Les autorités cantonales ont également été mises au courant, notamment l'Office de l'emploi. «Il s'agit de trouver une solution pour que les collaborateurs touchent au moins une partie de leur salaire de juillet qui n'a pas pu être versé», a encore indiqué M. Sommerhäuser.

Les employés ont en revanche pu toucher l'intégralité des salaires de juin, a indiqué Susanne Badini, cheffe des ressources humaines. La caisse cantonale de chômage a débloqué une moitié de la somme et Ilford a pu verser le reste, en deux étapes, a-t-elle précisé.

Absence de plan social

Employés Suisses déplore de son côté l'absence de plan social. «La direction a refusé de discuter avec les partenaires sociaux», selon Pierre Heger, avocat du syndicat cité dans un communiqué diffusé en soirée. Elle a ainsi laissé passer une opportunité de trouver des solutions viables, poursuit le texte.

L'entreprise doit en conséquence prendre à sa charge les montants qui ne seraient pas couverts par les indemnités d'insolvabilité, selon le syndicat. Elle doit en outre soutenir ses collaborateurs dans leurs recherches d'un nouvel emploi, en mettant par exemple rapidement à la disposition des salariés des certificats de travail.

Ilford avait indiqué début juillet faire face à des problèmes de liquidités, après avoir été lâché par son propriétaire britannique Paradigm Global Partners. L'entreprise avait informé le juge de sa situation d'insolvabilité et disposait d'un mois pour trouver un repreneur.

Mme Badini s'était alors dit optimiste, estimant que l'entreprise disposait de «chances assez réalistes» car elle a une grande valeur et beaucoup de savoir-faire. Interrogée sur l'éventualité d'un rachat par les cadres («management buy-out»), elle avait noté qu'une telle démarche nécessiterait des moyens importants - probablement trop pour l'équipe en place.

Effectifs réduits de moitié en 10 ans

Ancien fleuron de l'industrie à l'époque où la photo argentique était encore la norme, Ilford était célèbre pour ses films et papiers photo haut de gamme. La firme britannique a décliné lors du virage vers la photo numérique. Le site de Marly a dû se réinventer, développer de nouveaux produits et marchés.

Mais parallèlement, il est passé de mains en mains étrangères au cours de la dernière décennie, et a vu ses effectifs se réduire comme peau de chagrin au fil des ans. Il comptait encore 450 employés - deux fois plus qu'actuellement - en 2004, quand le britannique Doughty Hanson a cédé Ilford à un consortium de banques.

En juillet 2005, la société Oji Paper de Tokyo avait racheté les divisions suisses du groupe Ilford Imaging. L'entreprise de Marly était ensuite passée entre les mains de Paradigm Global Partners en 2010. L'entreprise britannique a coupé le robinet trois ans à peine après avoir racheté Ilford Imaging Switzerland au groupe japonais.

(ats)