Suisse

04 avril 2019 10:54; Act: 05.04.2019 06:49 Print

Immobilier: risques de surchauffe, selon la Finma

La Finma s'inquiète du nombre record de logements vacants, parallèlement à la hausse des prix. Il enjoint les banques à prendre leurs responsabilités.

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Mark Branson et la Finma gardent un oeil sur l'immobilier en Suisse. (Photo: Keystone)

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La Finma prévient qu'il existe des risques de surchauffe sur le marché de l'immobilier de rendement. Son directeur Mark Branson estime que des mesures s'imposent, a-t-il dit jeudi à Berne lors de la conférence de presse annuelle de l'Autorité de surveillance des marchés financiers.

La Finma intervient quand elle constate que des établissements prennent des risques trop élevés sur le marché, a relevé M. Branson. Mais elle n'a «pratiquement aucune influence» sur le niveau de risque global. «Une surchauffe du marché ne peut être contrée que par des ajustements efficaces dans l'autorégulation ou la réglementation.»

Le bas niveau des taux a des conséquences sur l'immobilier de rendement, a constaté M. Branson, ne cachant pas ses préoccupations. «Le marché hypothécaire est des plus importants pour la stabilité de la place financière (suisse). Il est 'too big to fail'», a-t-il dit, dans une référence anglicisée au risque systémique.

Le directeur de la Finma s'inquiète du nombre record de logements vacants, parallèlement à la hausse des prix. Il enjoint les banques à prendre les mesures d'autorégulation nécessaires. A défaut, un renforcement des exigences en matière de fonds propres pourrait être imposé.

Comme un écho au FMI

Lundi, le Fonds monétaire international (FMI) avait suggéré aux régulateurs, dans son rapport sur la Suisse, de prendre des mesures pour éviter une surchauffe du secteur immobilier, dopé par des années de taux bas.

«La demande en immobilier financé par les hypothèques demeure forte, en raison de la faiblesse des taux d'intérêt, la recherche de rendement (...) et des attentes en matière de progression des prix», avait souligné le FMI. Selon ce dernier, les risques sont particulièrement prononcés dans le segment de l'investissement résidentiel.

Environ 85% des avoirs locaux détenus par les banques suisses proviennent des prêts hypothécaires. Des «chocs sur les prix de l'immobilier pourraient avoir un impact sur l'ensemble de l'économie», avait prévenu le FMI.

Un autre domaine préoccupe la Finma: en 2018, elle a de nouveau conduit différentes procédures liées à des scandales de blanchiment d'argent. La Finma relève que son action dans ce domaine - surveillance des risques et des systèmes de contrôle, sanctions - a «contribué à la bonne réputation de la place financière».

L'Autorité de surveillance se préoccupe en outre de la «complexité inutile» de la réglementation. Un projet test destiné à simplifier la tâche des petites banques solides financièrement a été lancé.

Les comptes annuels de la Finma font état de dépenses de 119 millions de francs en 2018, en recul de 2 millions sur un an. Le nombre d'emplois en équivalents plein temps (EPT) n'a quasiment pas bougé depuis 2012. Un plafond à 481 EPT (emplois fixes) avait été fixé cette année-là.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Pluche le 04.04.2019 12:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    "Surconstruction"

    Depuis le temps que l'on nous "inonde" avec des "blocs hideux" type "carton à godasse" ça devait arriver, la "surconstruction" comme la surproduction dans d'autre domaines, il serait temps de freiner cette explosion....

  • Bonzon le 04.04.2019 11:31 Report dénoncer ce commentaire

    Il est le seul à le constater

    «Le directeur de la Finma s'inquiète du nombre record de logements vacants», il ne nous dit pas que ceux qui le sont sont ceux qui sont hors de prix

  • Tom le 04.04.2019 11:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop au bétonnage intensif

    Vivement qu'on arrête de construire n'importe quoi et n'importe où!

Les derniers commentaires

  • Gassb le 05.04.2019 07:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Désabusé

    c le moment de s'en rendre compte ! c chaque fois pareil surchauffe et crise s'en suit avec son lot de faillites et de chômage. Les responsables, les banques, assurances, fonds de pensions. Font a chaque les mêmes erreurs a croire qu'ils ne savent pas tirer les enseignements des épisodes précédents. 1975-1990 et la dernière qui n'est pas si lointaine. Chaque fois c pareil et on n'apprend rien de ces erreurs passées. c consternant et le politique se laisse chaque fois mener par le bout du nez. et

    • serge le 07.04.2019 21:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Gassb

      encore un monsieur je sais tout

  • Hercule le 04.04.2019 20:03 Report dénoncer ce commentaire

    En surchauffe depuis ...

    L'immobilier est en surchauffe depuis des années, avec des prix stratosphériques. Les professionnels de la branche et les banques se sont rempli les poches sans scrupules. Et maintenant, on nous agite une "menace" pour nous apeurer, et surtout pour éviter des baisses favorables aux locataires et aux futures propriétaires.

    • prenom nom le 12.04.2019 13:56 Report dénoncer ce commentaire

      @Hercule

      Les locataires ? J'ai fait baissé mon loyer de 18% en 2 ans. Faut juste demander que les règles s'appliquent aussi pour vous !

  • jean pi le 04.04.2019 16:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    sans dec

    Pas à Genève alors... Les logements vacants sont ceux que personne peut se payer... J'espère bien que la bulle va éclater à un moment parce que 800.000.- pour un studio...

  • Lucas le 04.04.2019 14:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Locataire oh oui

    Propriétaire...jamais! Je préfère dépenser mon argent en voyages et autres plaisirs de la terre. Proprio une angoisse un frein à bien des choses...

    • prenom nom le 12.04.2019 13:58 Report dénoncer ce commentaire

      @Lucas

      Il faut devenir propriétaire quand tout le monde n'en veux plus. Autant dire que c'est un poil tôt. J'attends cet automne et le clash financier mondial annoncé. Acheter au son du canon, vendre au son du violon....

  • oups le 04.04.2019 13:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Baisse des prix?

    A ceux qui fantasment sur un crash: c'est jamais le bon moment pour acheter. Soit les prix sont hauts, soit les taux sont hauts. Sur le long terme, être proprio est quand même plus rentable que de jeter 35000 frs par les fenêtres en loyer. Faut simplement pas être obligé de revendre quand les prix baissent. Et même quand ça baisse, ça dure jamais, ça remonte de plus belle car la demande est très forte.

    • Jean Bono le 04.04.2019 14:58 Report dénoncer ce commentaire

      Le pompier pyromane?

      Absolument car au contraire d'une action, un bien immobilier satisfait un besoin universel et de première nécessité, et a de ce fait toujours traversé les crises cycliques. Vouloir limiter le retrait du 2e. pilier uniquement pour financer l'acquisition de son logement principal est un non-sens car non seulement une résidence secondaire en suisse vendue à un prix cohérent ne représente pas plus de risques, mais permet une fois à la retraite d'en obtenir un rendement apréciable. Le véritable risque pour le futur rentier c'est surtout de voir fondre les prestations de rente de sa caisse LPP...

    • Sabine le 05.04.2019 12:01 Report dénoncer ce commentaire

      @Jean Bono

      Le problème, c'est que le deuxième pilier est aussi une part importante de la retraite. En finançant un bien en apportant 20% de fond propre en totalité par le deuxième pilier amène à avoir des charges trop élevé par rapport à ses revenu futures.

    • prenom nom le 12.04.2019 14:04 Report dénoncer ce commentaire

      @oups

      Vous dites ceci sans mettre TOUS les chiffres dans la balance, y compris les capitaux immobilisés non rémunérés dans le cas d'une propriété. Ainsi, vous réaliseriez que toute chose restant égale par ailleurs- même fortune -, un locataire s'en tire mieux qu'un propriétaire. Pour rappel, le SMI a pris 10% en une année. Et votre maison/appartement ?