Justice

22 avril 2019 06:50; Act: 22.04.2019 10:31 Print

Japon: Carlos Ghosn de nouveau inculpé

Carlos Ghosn, dont la garde à vue prenait fin ce lundi, est accusé de détournement de fonds du groupe Nissan.

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Le patron déchu de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a été inculpé lundi au Japon pour détournement de fonds du groupe Nissan, ont rapporté la chaîne publique NHK et l'agence de presse Jiji. Sa garde à vue arrivait à terme le même jour.

Il s'agit de la quatrième mise en examen pour l'ancien directeur général de l'alliance automobile franco-japonaise. Ses avocats ont prévenu qu'ils déposeraient aussitôt une demande de remise en liberté sous caution.

Depuis sa nouvelle arrestation le 4 avril à son domicile de Tokyo, un mois à peine après avoir quitté la prison sous caution, le suspect de 65 ans est interrogé sur des transferts d'argent émanant du groupe nippon, à un distributeur de véhicules du constructeur à l'étranger, plus exactement à Oman.

Éléments les plus graves

Sur un total de 15 millions de dollars versés à cet intermédiaire entre la fin de 2015 et mi-2018, 5 millions ont été utilisés pour le bénéfice personnel de M. Ghosn, selon le bureau des procureurs. De l'avis des experts, il s'agit des éléments les plus graves qui lui sont reprochés à ce jour, cinq mois après son interpellation initiale qui a scellé sa chute le 19 novembre dans la capitale japonaise, Tokyo.

D'après des sources proches du dossier, cet argent a été injecté par le biais d'une société au Liban dans un fonds contrôlé par son fils Anthony aux États-Unis, Shogun Investments LLC, qui l'aurait réinvesti dans quelque 30 firmes. D'autres entreprises «coquilles vides» ont été identifiées sur une période remontant à plus loin. L'argent aurait également servi à l'achat d'un luxueux bateau, d'un coût de 12 millions d'euros, baptisé «Shachou» (prononcer «shatchô», patron en japonais).

Le naguère tout-puissant chef d'entreprise, qui a hissé Renault-Nissan-Mitsubishi Motors au sommet, a déjà été inculpé à trois reprises. Deux mises en examen concernent des déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et une autre un abus de confiance. Il est notamment accusé d'avoir tenté de faire couvrir par la compagnie des pertes sur des investissements personnels lors de la crise économique de 2008.

(nxp/afp)