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21 juillet 2014 08:16; Act: 21.07.2014 14:48 Print

Julius Baer conclut un accord avec Leumi

La coopération stratégique annoncée lundi entre la banque zurichoise et l'établissement israélien comprend plusieurs volets.

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Anticipant une consolidation du secteur en Suisse, l'établissement zurichois prend les devants en s'offrant les activités helvétiques de banque privée de l'institut israélien Leumi.

Evoquant les résultats semestriels devant la presse à Zurich, Boris Collardi, le directeur général de Julius Baer, a parlé d'une performance «très satisfaisante». Le bénéfice net du gestionnaire de fortune a ainsi bondi de 56% sur un an à 179 millions de francs. Ajusté des amortissements et autres charges de restructuration, il est ressorti à 287,6 millions, en hausse de 10%.

Les actifs sous gestion à fin juin ont pour leur part augmenté de 8% par rapport à fin décembre dernier, se hissant au montant record de 274 milliards de francs. La croissance illustre notamment l'arrivée en phase terminale de l'intégration de l'activité internationale de gestion de fortune de l'américain Merrill Lynch (IWM).

Au 30 juin, les fonds sous gestion incluaient un montant de 54 milliards de francs (56 milliards à la valeur de marché) provenant d'IWM. Le transfert d'actifs de l'ex-concurrent américain initialement évalué dans une fourchette de 57 à 72 milliards, devrait au final dépasser les 60 milliards, a estimé M. Collardi.

Fort afflux de fonds

Le Vaudois a également indiqué que les conseillers financiers d'IWM ont aussi contribué de manière substantielle à l'afflux d'argent frais, lequel s'est au total monté à 7,5 milliards de francs, soit une avancée de 6% en taux annualisé.

Les fonds captés en six mois cette année ont atteint un niveau aussi conséquent que celui affiché durant l'intégralité de l'exercice 2013, s'est réjoui M. Collardi. Julius Baer a aussi tiré profit de l'apport de 6 milliards lié à la première consolidation de l'activité de gestion de fortune brésilienne de GPS.

En considérant les fonds en dépôt, le total des actifs de la clientèle atteignait à fin juin dernier 372 milliards de francs, en progression de 7%. Sur la période sous revue, les revenus ont crû de 15% à 1,24 milliard, alors que les charges ajustées des amortissements ainsi que des coûts de restructuration ont gagné 16% à 882 millions.

L'accroissement des charges illustre en première ligne la hausse de l'effectif en lien avec le transfert des affaires de IWM et la reprise de GPS. A fin juin, Julius Baer recensait 5557 salariés à plein temps, 1052 de plus qu'un an auparavant.

Suppressions d'emplois

Mais l'intégration de IWM a entraîné au premier semestre la disparition de 363 postes à plein temps. Pour l'ensemble de l'exercice, 550 à 650 emplois sont appelés à disparaître dans le cadre de la restructuration. En Suisse, l'établissement zurichois employait à fin juin 3228 collaborateurs, 36 de moins qu'un an auparavant.

En parallèle à l'annonce des résultats, Julius Baer a annoncé reprendre Leumi Private Bank (LPB), soit les activités helvétiques de gestion de fortune de la banque Leumi, ainsi que celles de banque privée au Luxembourg. L'accord prévoit aussi que Julius Baer orientera ses clients vers Leumi pour les services financiers en Israël.

LPB emploie 158 collaborateurs répartis entre Zurich et Genève. Le transfert des actifs devrait être achevé d'ici à fin 2014, voire début 2015. L'unité du Grand-Duché emploie elle 31 personnes. Au total, les actifs sous gestion des deux établissements atteignaient à fin juin 7,2 milliards de francs.

Dans le cadre de la transaction, Julius Baer s'acquittera d'un goodwill de 10 millions de francs en espèces. L«impact sur le capital du transfert de l«activité en Suisse devrait se situer entre 60 millions et 70 millions (y compris goodwill à payer, capital requis et coûts de transaction, d«intégration et de restructuration).

Consolidation

Plus généralement, Julius Baer veut s'inscrire avec cette opération dans le mouvement de consolidation de la gestion de fortune en Suisse. Le règlement du conflit fiscal avec les Etats-Unis entraînera de nombreuses acquisitions parmi les banques figurant en catégorie 1 et 2, selon M. Collardi.

M. Collardi n'a en revanche pas apporté d'éléments nouveaux concernant les discussions que Julius Baer poursuit avec la justice américaine afin de régler le dossier fiscal. «C'est désormais une affaire de mois et non d'années».

(ats)