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27 février 2019 07:41; Act: 27.02.2019 17:50 Print

Kudelski a souffert et déçu en 2018

Kudelski a essuyé une perte nette d'environ 20 millions de dollars, en raison des très importants coûts de restructuration.

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André Kudelski n'a pas répondu aux attentes des marchés en 2018. (Photo: Keystone)

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La mue de Kudelski continue à se faire dans la douleur. Le groupe technologique vaudois, qui cherche à se profiler davantage dans la cybersécurité et l'internet des objets (IoT), a fait état mercredi d'une perte nette de 20 millions dollars (quasiment la même somme en francs), en raison notamment de frais de restructuration élevés.

«L'exercice 2018 s'est avéré difficile, malgré une évolution favorable en fin d'année dans la télévision numérique», a résumé pour AWP le patron du groupe André Kudelski. Ce domaine, qui reste le coeur d'activités du groupe malgré la cession l'an dernier du secteur des décodeurs, a vu ses recettes baisser de 72 millions de dollars, en particulier à cause de la perte d'abonnés subie par quelques clients importants.

Les résultats ont été largement inférieurs aux prévisions. Ils reflètent surtout un premier semestre difficile, marqué par une perte sèche de 36 millions de dollars. Au final, pour les douze mois, Kudelski limite les «dégâts» à 20 millions, une perte nette qui reste cependant près de deux fois supérieure à celle de 2017.

Les coûts de restructuration, à hauteur de 40 millions de dollars, expliquent largement cette sous-performance. Le chiffre d'affaires, qui a atteint 920 millions de francs, est lui aussi resté nettement en deçà du consensus AWP (991 millions), et en recul de 14% sur un an. Des reports de commandes en fin d'année dans le secteur Public Access (systèmes d'accès, par exemple pour les parkings) ont, entre autres, eu un effet négatif.

Le résultat opérationnel hors coûts de restructuration a atteint 33 millions (-25%), pour une perte opérationnelle (Ebit) de 7,3 millions, environ deux fois plus importante qu'anticipé.

Les recettes dans la cybersécurité et l'IoT, considérés comme les relais de croissance, ont aussi connu un impact défavorable à hauteur de 58 millions de dollars en raison du changement vers la norme comptable IFRS 15. Il faudra attendre «encore quelques années» avant que l'IoT puisse atteindre le seuil de rentabilité, prévoit le groupe. Pour la cybersécurité, l'équilibre financier, hors coûts de recherche & développement (R&D), est attendu pour 2020, a précisé M. Kudelski.

En attendant, les efforts de réductions de coûts et les frais de restructuration sont appelés à impacter également l'exercice 2019. De nouvelles baisses d'effectifs sont à attendre. Entre fin juin et fin décembre 2018, le nombre d'employés à l'échelle globale est passé de 3900 à 3740, pour un total stable d'environ 700 en Suisse.

Retour dans les chiffres noirs en 2019

Le groupe a mis en place un programme d'économies pérenne à hauteur de 75 millions de dollars pour la télévision numérique. La majeure partie des mesures de restructuration en France a été finalisée au deuxième semestre, avec notamment la vente des opérations de SmarDTV et la fermeture d'un site dans l'Hexagone.

La part des ventes réalisées aux Etats-Unis - où le groupe possède son deuxième siège à Phoenix dans l'Arizona, en plus de celui de Cheseaux-sur-Lausanne - s'est affichée en recul, à moins de 40%. Le marché américain est qualifié de très prometteur et à la fois très volatil.

«Nous sommes confrontés au défi d'assurer la rentabilité de la télévision numérique de manière à favoriser les investissements dans l'IoT et la cybersécurité», a relevé André Kudelski.

Pour l'exercice 2018, un dividende de 10 centimes par action est proposé. Par ailleurs, le groupe enregistre le départ du conseil d'administration d'Alexandre Zeller, qui devient associé gérant chez Lombard Odier.

Pour 2019, Kudelski prévoit le retour dans les chiffres noirs au niveau du résultat net. Le bénéfice opérationnel (Ebitda) est attendu entre 80 et 95 millions de dollars, tandis que les ventes sont prévues «en légère hausse» (autour de 920 millions de dollars, estiment les analystes).

Sans surprise, les chiffres ont été accueillis très fraîchement par le marché. Après avoir ouvert en baisse de plus de 5% et un plus bas de séance à 5,78 francs, l'action au porteur a quelque peu limité les dégâts. Le titre a néanmoins clôturé en forte baisse de 3,9% à 5,95 francs, alors que l'indice SPI a perdu 0,59%.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Mega Lomane le 27.02.2019 10:41 Report dénoncer ce commentaire

    ben alors DD ?

    Il est déjà parti aux US (physiquement et mentalement)... ça sent le paté pour les collaborateurs Suisses... alors ... encore un petit licenciement de masse comme en 2017/2018 (passé inaperçu en Suisse bien entendu...) ? C'est clair que de staffer en Inde ça coute moins cher. Et hop encore un bureau tout entier qui passe à la trape (chez nos amis français cette fois ci). C'est bête, monsieur va peut être devoir reprendre des avions de lignes comme les pécors que nous sommes :-)

  • Karen le 27.02.2019 09:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Plus surpris

    Comme d'habitude quoi... Je sais pas si c'est moi, mais à chaque fois que je lis un article sur Kudelski, tout va mal pour l'entreprise... Alors moi, si j'étais André, je me séparerais rapidement de mon équipe marketing/communication pour la remplacer par des pros qui savent faire leur job. Triste, c'est vraiment triste.

  • Laure le 27.02.2019 14:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Facile

    André Kudelski est trop mou. Et ne sait pas s'entourer. Point à la ligne.

Les derniers commentaires

  • hb le 28.02.2019 00:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    dur d'être le fils d'un entrepreneur

    ... être le fils de ne signifie pas forcément avoir du talent pour diriger une entreprise.

  • Sersto77 le 27.02.2019 19:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mort lente

    dans kudelski y'a un k comme dans kodak...

  • fifi le 27.02.2019 19:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    montre l exemple

    enleve ta cravate et met la main a la pâte au lieu de te plaindre

  • en arriere le 27.02.2019 19:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    retour

    sécu mauvais placements

  • Mey Sancort le 27.02.2019 17:28 Report dénoncer ce commentaire

    BlaBlaBla

    Des milliers de bénéfices et ils pleurent ils n'en ont jamais assez. Belle excuse pour délocaliser et aller en Inde ou autre .... y aura bientôt plus de job pour les suisses avec des patrons jamais rassasiés..... abe