«Magic Gold»

15 décembre 2011 15:21; Act: 08.01.2012 10:32 Print

L’EPFL et Biver inventent un or révolutionnaire

Des ingénieurs de l'EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) ont créé à la demande du patron des montres Hublot une première mondiale: un alliage rendant l'or inaltérable.

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L'homme d'affaires Helvético-Luxembourgeois Jean-Claude Biver est devenu un alchimiste. Le CEO des montres de luxe Hublot a dévoilé, jeudi à Nyon (VD) en présence d'Andreas Mortensen, professeur à l'EPFL, un nouvel alliage révolutionnaire. Celui-ci pourrait bouleverser les caractéristiques des matières précieuses et permettront peut-être également de donner naissance à de nouveaux alliages pour l'industrie de la Haute Technologie. Le Magic Gold 18 carats ainsi obtenu se compose obligatoirement comme tous les autres alliages 18 carats de 750 pour mille d'or pur, mais grâce à la présence de la céramique, sera contrairement à l'or 18 carats traditionnel, inrayable. «L'or de Hublot est donc l'or le plus dur du monde, et de loin: seul le diamant pourra véritablement «rayer» l'or de Hublot!» Jean-Claude Biver avec une des première pièce au monde réalisée en «Magic Gold». «Seul Hublot pourra utiliser cette technique. Nous en détendons les brevets et ne comptons pas les partager, histoire de garder une longueur d'avance sur nos concurrents», a souligné Jean-Claude Biver. Hublot s'est doté des moyens permettant d'entièrement produire cette nouvelle matière en interne dans sa manufacture de Nyon grâce à une véritable fonderie «high-tech» La société a investi pour cela plus de 500'000 francs de machines et engagé un ingénieur formé à l'EPFL. Pour leur élaboration, les composants réalisés dans cette matière suivent un processus complexe Les premières montres réalisées en «Magic Gold» seront présentées lors de la Foire de Bâle (BaselWorld) 2012.

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A 62 ans, l’homme d’affaires helvético-luxembourgeois Jean-Claude Biver a ajouté une corde à son arc: il est devenu alchimiste. L'actuel CEO de la marque de montres de luxe Hublot –qui appartient au groupe LVMH– a dévoilé, jeudi à Nyon (VD) en présence d’Andreas Mortensen, professeur à l’EPFL, un nouvel alliage révolutionnaire. Celui-ci pourrait bouleverser les caractéristiques des matières précieuses et permettre peut-être de donner naissance à de nouveaux alliages pour l’industrie de la haute technologie.

Le «Magic Gold», qui a été dévoilé devant une cinquantaine de journalistes venus du monde entier, est une «véritable fusion entre l’or 24 carats (la matière noble par excellence) et les dernières connaissances high-tech sur les matériaux», s'est enthousiasmé Jean-Claude Biver. Le «Magic Gold» a nécessité près de trois années de collaboration et de recherches. Au final, les ingénieurs de l’EPFL, contactée en été 2008, ont réussi a créer un or titré 18 carats quasi inaltérable. Il est inoxydable et inrayable, tout en conservant ses qualités.

Quand l'or se marie à la céramique

Composé d’un alliage comprenant de la céramique, l’or 18 carats de Hublot devient ainsi le premier or au monde à être inrayable, ce qui élimine le point faible traditionnel de l’or et de ses alliages. Si l’or 18 carats «standard» bien conçu peut atteindre les 400 Vickers de dureté, l’or de Hublot a une dureté proche de 1000 Vickers (en comparaison, la plupart des aciers trempés atteignent 600 Vickers).

«L'or de Hublot est l'or le plus dur du monde, et de loin! Seul un diamant peut le rayer. Ce nouvel alliage est d'ailleurs tellement dur que nous allons devoir trouver une solution avec un laser pour le poinçonner afin qu'il puisse être authentifié», relève Jean-Claude Biver. Et de préciser: «Seul Hublot pourra utiliser cette technique. Nous en détendons les brevets exclusifs et ne comptons pas les partager! Cela histoire de garder une longueur d’avance sur nos concurrents. Cette technique nous permettra aussi de créer de l'or noir, une autre première mondiale! Elle pourra aussi être appliquée à d'autre matière comme l'argent ou l'aluminium.»

Un processus complexe «made in Nyon»

Pour leur élaboration, les composants horlogers réalisés dans cette matière suivent un processus assez complexe: une poudre de carbure de bore est préalablement mise en forme par pressage isostatique à froid dans des moules s’approchant de la forme finale des pièces, telles que boîtes de montre, bracelets, bagues, etc. Cette céramique, parmi les plus dures qui soient, est aussi très réfractaire: les préformes sont ensuite durcies à très haute température, créant une structure rigide et poreuse sans en modifier la forme.

Après cette opération, de l’or liquide en fusion est infiltré à très haute pression. Cette opération s’effectue sous pression de gaz inerte à température et pression suffisamment élevées pour que le métal en fusion remplisse les pores de la céramique, réalisant la «fusion» des deux en un seul nouveau matériau.

1000 kg d'or par année

Le «Magic Gold» 18 carats ainsi obtenu se compose obligatoirement comme tous les autres alliages 18 carats de 750 pour mille (3/4) d'or pur. Et grâce à la présence de la céramique, ce matériau sera, contrairement à l'or 18 carats traditionnel, absolument inrayable.

Hublot souligne s’être doté des moyens permettant d’entièrement produire cette nouvelle matière en interne au rez-de-chaussée de sa manufacture de Nyon. Une véritable fonderie «high-tech» intégrant des procédés comme le frittage des céramiques réfractaires ou la coulée des métaux sous haute pression a été mise en place.

La société a investi pour cela plus de 500'000 francs de machines et engagé un ingénieur formé à l’EPFL. Près d’une tonne d’or par an pourrait être traité par la fonderie, a lâchà Jean-Claude Biver. Les premières montres réalisées en «Magic Gold» seront présentées lors de la Foire de Bâle (BaselWorld), en mars 2012.

(gco/comm)