Indonésie

07 décembre 2013 08:27; Act: 07.12.2013 08:43 Print

L'OMC conclut un accord historique

Après des années de paralysie, la coopération internationale dans le domaine commercial a été relancée samedi avec le succès de la 9e conférence ministérielle de l'OMC.

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L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a conclu un accord qualifié d'«historique», car il est le premier à avoir été signé depuis 20 ans et la conclusion du cycle de l'Uruguay en 1994. De nombreux pays n'avaient pas caché les enjeux de la réunion: l'avenir du système multilatéral.

«Pour la première fois de son histoire, l'OMC a vraiment tenu ses promesses», a affirmé le directeur général de l'organisation, le Brésilien Roberto Azevedo, après l'approbation officielle du texte par les ministres des 159 pays membres réunis sur l'île indonésienne depuis mardi.

Une nouvelle aube

Le patron de l'OMC a déclaré que l'accord de Bali était un «pas important» vers la réalisation du programme de libéralisation des échanges commerciaux lancé en 2001 dans la capitale du Qatar, Doha, et resté jusqu'à présent lettre morte.

«Bali n'est qu'un début. Nous avons dorénavant douze mois pour établir une feuille de route afin de conclure le programme de Doha», a déclaré Roberto Azevedo.

«Bali marque une nouvelle aube pour l'OMC», a souligné également le ministre indonésien du commerce, Gita Wirjawan, président de la réunion. «C'est une réussite historique, qui va représenter un véritable stimulant à un moment où croissance et emploi sont apathiques», a-t-il ajouté.

Vendredi à la dernière heure, Cuba, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua s'étaient opposés à l'accord en dénonçant les restrictions imposées par le blocus américain de l'île de Fidel Castro. Ils ont finalement obtenu une référence à une disposition déjà existante sur le traitement non-discriminatoire du transit des marchandises, qui ne change rien au contenu des accords rendu public dès vendredi.

Victoire pour l'Inde

L'accord conclu à Bali comporte trois volets : l'agriculture, l'aide au développement et la facilitation des échanges. Le ministre indien du commerce Anand Sharma a salué une victoire. Il a obtenu finalement ce qu'il voulait, de pouvoir appliquer son programme d'achats massifs de céréales sans risquer une action contre New Delhi à l'OMC.

La «clause de paix» n'est pas limitée à quatre ans et durera jusqu'à ce qu'une solution permanente entre en vigueur. Les Etats-Unis ont cédé sur ce point.

Tout comme le commissaire européen au commerce Karel De Gucht, le ministre américain du commerce Michael Froman s'est félicité de l'accord en affirmant que «l'OMC est entrée dans une nouvelle ère». «C'est un bon accord à la fois pour les pays en développement et les pays industrialisés», a-t-il dit.

Il a souligné que le volet sur la facilitation des échanges pourrait ajouter quelque 1000 milliards de dollars au PIB mondial et réduire les coûts des exportations des pays en développement de 15% et des pays riches de 10%.

La Suisse satisfaite

La Suisse a aussi salué samedi le résultat positif de la conférence. Du point de vue helvétique, c'est un bon accord, a résumé le délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux Didier Chambovey, à la tête de la délégation suisse après le départ du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann dans la nuit.

«C'est un développement important et intéressant pour la Suisse», a déclaré M. Chambovey aux journalistes suisses présents à Nusa Dua. Il a souligné en particulier le fait que l'accord conclu à Bali va déployer des effets positifs pour diminuer les coûts de transaction dans les échanges commerciaux.

«Tout est bien qui finit bien», s'est exclamé M. Chambovey après le suspense des dernières heures qui a vu Cuba retarder de plusieurs heures la clôture de la conférence. Il a relevé que le succès n'était pas garanti à l'avance et que l'engagement du directeur général Roberto Azevedo a été un facteur important de succès.

M. Azevedo a acquis une autorité supplémentaire, ce qui est bon pour la crédibilité de l'OMC basée à Genève et le système multilatéral, a déclaré le représentant du Département fédéral de l'économie (DFE). Didier Chambovey a souligné comme acquis important le fait que les 159 ministres ont décidé de développer un programme de travail dans un délai de 12 mois sur les autres questions du cycle de Doha.

Ils ont posé un jalon important pour la poursuite des négociations, même si ce ne sera pas chose facile, a-t-il dit. «Les difficultés ne vont pas s'évanouir, mais la dynamique est à nouveau positive», a conclu le représentant de la Suisse.

(ats)