Votation du 30 novembre

23 octobre 2014 12:52; Act: 23.10.2014 14:10 Print

L'UDC lance sa campagne pour sauver l'or de la BNS

Le papier se désintègre, l'or tient. C'est avec cette image que l'UDC a lancé jeudi sa campagne en faveur de l'initiative populaire pour sauvegarder les réserves d'or de la Banque nationale (BNS).

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Le papier se désintègre, l'or tient. C'est avec cette image que l'UDC a lancé jeudi sa campagne en faveur de l'initiative populaire pour sauvegarder les réserves d'or de la Banque nationale (BNS). Selon le parti, la banque centrale doit conserver suffisamment de métal jaune, car les risques liés à l'argent-papier sont devenus trop grands.

L'initiative «Sauvez l'or de la Suisse» exige que la BNS stoppe ses ventes d'or, qu'elle ramène en Suisse tout le métal jaune stocké à l'étranger et qu'elle constitue des réserves d'or pour au moins 20% de ses actifs. «L'or est une garantie d'indépendance», a martelé le comité à Berne.

D'après l'UDC, conserver un tel socle dans les coffres de la BNS, - actuellement à 1040 tonnes d'or - est indispensable pour garantir la stabilité du franc suisse. La Banque nationale ne doit plus jamais en vendre et arrêter de miser sur des devises étrangères à l'avenir incertain.

Ce seuil éviterait également à la banque d'avoir au bilan que des euros, donc des dettes, qu'elle achète sans limites en imprimant du franc suisse, a expliqué le conseiller national zurichois Ulrich Schlüer. «Les dettes d'aujourd'hui, sont les impôts de demain».

«Boucher des trous provoqués par l'endettement avec de l'argent virtuel est une stratégie qui finira tôt ou tard par un désastre», a averti le conseiller national st-gallois Lukas Reimann.

«Plus les risques liés à l'argent-papier sont grands, plus il est important de disposer de suffisamment de réserves d'or», a souligné de son côté le conseiller national argovien Luzi Stamm. Or, au cours des six dernières années, la BNS a imprimé plus de billets que la banque centrale américaine (Fed), a rappelé l'élu st-gallois.

Sous la férule de l'étranger

En parallèle, la BNS a vendu ses réserves d'or (plus de la moitié depuis 2000). Or, «il faut corriger le tir et empêcher que cela se poursuive», a poursuivi Luzi Stamm. Cette initiative arrive donc «au bon moment, car le peuple suisse commence à se rendre compte que ces ventes d'or étaient une erreur». Et le parlementaire de trancher: «soit la banque s'est drastiquement plantée, soit elle a été mise sous pression par l'étranger».

L'UDC dénonce une BNS à la merci de la Banque centrale européenne et de la Fed américaine. Trois personnes, membres du directoire de la BNS, décident de la politique à mener concernant les réserves d'or. Ils agissent comme bon leur semble avec le fruit du travail des générations passées et propriété du peuple, ont-ils tonné en choeur. Cela doit changer.

Le parti conservateur laisse à la BNS un délai de cinq ans pour augmenter sa part d'or de 7,5 à 20% et rapatrier les 20% des stocks entreposés à la banque d'Angleterre et les 10% aux mains de la banque du Canada. Car selon l'UDC en cas de crise grave, ces partenaires pourraient refuser de les rendre.

Quid des 60 milliards d'or que la BNS devrait acheter pour constituer cette réserve? Ce ne sont pas des dépenses, il s'agit de convertir d'autres actifs en métal jaune, a nuancé Urs Schlüer.

Marge de manoeuvre conservée

Et de rappeler que la BNS disposerait toujours de 80% pour agir sur les monnaies. Bien plus que l'Allemagne avec ses 50% ou encore la Chine qui achète quantité d'or à l'étranger, a-t-il relevé.

Contrairement à ce qu'affirment les opposants au texte, une telle réserve n'empêcherait pas la banque centrale de mener sa politique pour maintenir le cours plancher de 1 franc 20 pour 1 euro, estime l'UDC.

Le taux plancher actuel fonctionne et son rehaussement n'est pas nécessaire, car il impliquerait de nouveaux achats de devises. Selon Urs Schlüer, le cours plancher «tient tout seul» et l'engagement de la BNS diminuera progressivement.

(ats)