Suisse

29 avril 2013 14:21; Act: 29.04.2013 14:38 Print

L'USS dénonce la situation des salariés

Des salaires qui stagnent, davantage de stress et une augmentation de la charge de travail: la situation de nombreux salariés s'est détériorée depuis une dizaine d'années, selon l'USS.

Une faute?

A l'occasion de la fête des travailleurs, l'Union syndicale suisse (USS) dresse un état des lieux dans un livre. Le bilan de ces dernières années est «sombre», voire «catastrophique» pour le plus grand nombre, estime-t-elle . Un bilan cependant mis à mal par les statistiques sur les salaires, publiées lundi par l'Office fédéral de la statistique (OFS). Les salaires réels ont augmenté de 1,5% en 2012. Il s'agit de la plus forte hausse du pouvoir d'achat depuis 2010.

Pourtant, l'USS n'en démord pas. Les salaires ne sont pas tout. Les ménages ont également vu leurs dépenses pour le logement ou la santé augmenter et les contraintes au travail s'accroître ces dernières années, énumère le syndicat, lors d'une conférence de presse lundi à Berne.

Employés stressés

Dans l'ouvrage qu'elle a publié, l'USS indique ainsi que plus de 34% des personnes actives disent souffrir très souvent de stress au travail (chiffres de 2010), contre 27% en 2000. La proportion de celles qui n'en souffrent pas a reculé de 17% à 13% durant la même période, selon le livre «Pressions sur les salaires et répartition injuste». L'ouvrage, uniquement en allemand, rassemble diverses études réalisées sur ce sujet.

Un autre tableau fait état d'une augmentation de la productivité des travailleurs de 6,1% entre 2002 et 2010. Durant cette période, le salaire moyen de l'ensemble des employés a cru de 3,5% et celui des hauts cadres possédant un titre universitaire de 13,8%, d'après l'étude.

La hausse des revenus des hauts cadres et managers est également constatée dans les entreprises en mains publiques, comme La Poste (son ancien directeur Jürg Bucher gagnait 924'500 francs en 2011) ou les CFF (Andreas Meyer a lui touché plus d'un million de francs). A titre de comparaison, un conseiller fédéral touche 444'700 francs.

Une fourchette trop large

Face à cette augmentation des écarts entre bas et hauts salaires, l'USS réclame des politiques fiscales qui soutiennent les bas salaires. Or, jusqu'à présent, «la politique fiscale est faite pour les riches en Suisse», juge l'économiste en chef du syndicat, Daniel Lampart.

Et de citer les impôts sur le revenu et la fortune, visant principalement les hauts revenus, qui ont baissé de 1%. Par contre, taxes, impôts indirects, loyers et primes d'assurance maladie, qui touchent toute la population, ont augmenté.

Salaires d'actualité

Afin de réduire la fourchette des salaires, l'USS propose notamment de supprimer les baisses d'impôts pour les gros salaires. Cette action amènerait environ 3 milliards de francs dans les caisses de l'Etat, selon le syndicat. Cet argent pourrait servir à créer un fonds destiné à réduire les primes d'assurance ou à construire des logements sociaux, imagine Daniel Lampart.

L'étude de l'USS intervient dans un contexte propice: les salaires ont rarement été un thème aussi présent. Plusieurs initiatives abordent ou ont abordé cette problématique à travers différents angles: initiative Minder contre les salaires abusifs (acceptée le 3 mars par 67,9% des votants), celle sur les salaires minimaux des syndicats ou celle dite 1:12 des jeunes socialistes.

(ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Money le 29.04.2013 16:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Money

    "A réduire les primes d'assurance". Je tiens à remercier cette personne pour ce grand moment de rire... On nous prend vraiment pour des gros c***! Si vous n'êtes pas riche, ne restez pas en Suisse pour survivre...

  • Anakin le 29.04.2013 16:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une epoque formidable

    Ces statistiques sont tout a fait pertinentes.L augmentation de la productivite n est pas suivie de celle des salaires.Les personnes en burn out ont explose et ceci malgre de bonnes annees dans l entreprise ou je travaille.J ai le moral ok mais il est vrai que je me pose la question si a long terme c est tenable de tirer la corde tjr plus.

  • lezard le 29.04.2013 15:24 Report dénoncer ce commentaire

    merci enfin un article réaliste.....

    à force de voir des articles comme quoi le peuple suisse est heureux au travail il y a de quoi se tirer une balle. Grâce à qui ?...il est clair que la situation s'est dégradée et bien pire encore...on fait plus que payer! Et on s'étonne que les gens ne sortent plus au resto/bistrot....de même qu il faut réfléchir si l'on peut s'octroyer une journée de ski ... et cela malgré que l'on habite dans la région et que l'on travaille à 100%! c'est juste délirant!

Les derniers commentaires

  • Money le 29.04.2013 16:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Money

    "A réduire les primes d'assurance". Je tiens à remercier cette personne pour ce grand moment de rire... On nous prend vraiment pour des gros c***! Si vous n'êtes pas riche, ne restez pas en Suisse pour survivre...

  • Anakin le 29.04.2013 16:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une epoque formidable

    Ces statistiques sont tout a fait pertinentes.L augmentation de la productivite n est pas suivie de celle des salaires.Les personnes en burn out ont explose et ceci malgre de bonnes annees dans l entreprise ou je travaille.J ai le moral ok mais il est vrai que je me pose la question si a long terme c est tenable de tirer la corde tjr plus.

  • romain le 29.04.2013 16:04 Report dénoncer ce commentaire

    Ne pas perdre la tête pour des utopies

    Ils ont bien compris avec les dernières votations que le côté émotifs des Suisses est si fort, qu'ils n'arrêtent plus d'appuyer sur cette corde pour faire passer leurs arguments.On ne vote pas des loi et démantèle pas tout une pays pour des problèmes importants mais qui restent très minoritaires.Le plus important pour la Suisse,c'est bien de rester compétitive et de garder les emplois chez nous.Sinon, nous serons prochainement les immigrés de pays qui nous seront passés devant.De plus,monter les gens les uns contre les autres est au-dessous de tout.Si la Suisse joue ce jeu,elle perdra tout.

    • Laurent le 29.04.2013 17:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      D'un autre côté ...

      Quand ta productivité augmente de 20% est-ce que ton salaire suit la même courbe ? Aimes-tu te faire prendre tous les jours en étant juste satisfait d'avoir du travail pour tout accepter ? Il y a des questions à se poser, et ce livre mets des mots sur le quotidien des employés du pays... Sans encore parler de ceux de l'extérieur.

  • Michel le 29.04.2013 16:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je vois le rapport

    La semaine passée j'ai demandé le nom d'une rue sur un chantier en construction au bord de la route vers vallorbe,il y avait 6 ouvriers qui bossait , et bien aucun n'a pu me répondre , car ils parlaient le polonais uniquement.....avec les plaques d'immatriculation de Zurich ......je n'ose pas imaginer leurs salaire....

  • lezard le 29.04.2013 15:24 Report dénoncer ce commentaire

    merci enfin un article réaliste.....

    à force de voir des articles comme quoi le peuple suisse est heureux au travail il y a de quoi se tirer une balle. Grâce à qui ?...il est clair que la situation s'est dégradée et bien pire encore...on fait plus que payer! Et on s'étonne que les gens ne sortent plus au resto/bistrot....de même qu il faut réfléchir si l'on peut s'octroyer une journée de ski ... et cela malgré que l'on habite dans la région et que l'on travaille à 100%! c'est juste délirant!

    • Tony Belmondeau le 29.04.2013 18:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Moins de personnel étranger!

      Mieux filtrer nos frontières comme il y a encore 10 ans est la meilleure solution. N'en déplaise à l'Europe dont nous employons déjà assez de mon et dont on fait vivre des régions entières. Les patrons ne trouverons ainsi plus de travailleurs prêts à gagner 3'500 francs par mois à 100%!