Tourisme

06 décembre 2011 14:31; Act: 06.12.2011 16:07 Print

L'hôtellerie doit miser sur la qualité

Dans les stations des Alpes suisses, les hôteliers ne peuvent pas lutter sur les prix avec les offres des pays voisins.

Une faute?

Pour assurer leur avenir, ils doivent miser sur la qualité et sur les marchés de niche, constate mardi une étude du Credit Suisse (CS).

Même corrigés des effets de change, les prix dans l'hôtellerie et la restauration sont en Suisse en moyenne 20% plus chers qu'en France, en Italie, en Autriche ou en Allemagne. Cette situation est due aux coûts de la main d'oeuvre et des fournitures, nettement plus élevés en Suisse que dans les pays limitrophes.

La force actuelle du franc contribue encore à renchérir les séjours. Mais son impact doit être relativisé, a souligné devant la presse Sara Carnazzi Weber, responsable des recherches économiques du CS pour la Suisse romande et le Tessin. Selon l'étude, une appréciation du franc face à l'euro de 10% se traduit par une baisse de 0,8% des nuitées.

L'étude «Tourisme en Suisse: stations de ski en concurrence» propose un classement des 31 principales destinations de vacances d'hiver. Leur offre (hiver, été, climat, hôtellerie, divertissement) a été comparée avec la demande (nuitées, taux d'occupation, prix, dépenses journalières).

Zermatt et St-Moritz en tête

Zermatt (VS) et St-Moritz (GR) arrivent nettement en tête. La variété de leur offre et la force de leur marque permettent d'attirer des touristes du monde entier.

Malgré une offre nettement plus modeste, Gstaad (BE) et Engelberg (OW) rencontrent un succès similaire. Ces stations ont réussi à se positionner sur des marchés de niche: luxe et tranquillité pour l'une, famille, nature et Extrême-Orient pour l'autre. Verbier (VS), Villars-Gryon (VD) ou Loèche-les-Bains (VS) tirent aussi leur épingle du jeu grâce à une image bien établie.

Anticiper le réchauffement

Une offre diversifiée n'assure pas le succès: Davos (GR) et Crans- Montana (VS) peinent ainsi à remplir leurs hôtels, tout comme le Val d'Anniviers (VS). Ces stations se trouvent aussi mal notées car l'étude ne considére que les nuitées hôtelières. La tendance dans ces stations est au remplacement des hôtels par des résidences secondaires ou appartements de vacances.

Quant aux petites stations, à l'image de Leysin (VD), Meiringen ou Hasliberg (BE), elles doivent améliorer leur positionnement plutôt que d'augmenter leur offre. En outre, les stations de moyenne altitude doivent anticiper le réchauffement climatique et développer une autre offre hivernale - bien-être, activité de plein air ou culture, a souligné Mme Carnazzi Weber.

Miser sur la qualité

S'il ne peut régater sur les prix, le secteur hôtelier alpin doit miser sur la qualité. La Suisse dispose déjà d'une forte proportion de lits de première catégorie ou de luxe. Ce secteur devra faire face à une concurrence accrue, notamment des stations autrichiennes. L'étude prédit une mutation structurelle accrue sur les segments petit budget et milieu de gamme.

Les clients veulent payer moins et sont prêts à quelques concessions sur le confort, mais ils souhaitent quand même des chambres fonctionnelles, propres et modernes. Au milieu de gamme, la survie des établissements passe par un positionnement sur des marchés de niche. Dans tous les cas, une importante hausse des investissements est nécessaire.

(ats)