Suisse

13 juin 2019 07:21; Act: 13.06.2019 09:51 Print

L'immobilier de rendement inquiète la BNS

La BNS s'inquiète de la croissance des hypothèques accordées pour financier de l'immobilier de rendement dans des régions où les taux de vacance sont déjà élevés.

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La BNS salue les efforts fournis par les deux géants bancaires que sont UBS et Credit Suisse. (Photo: Keystone)

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La Banque nationale suisse (BNS) estime que la situation devient de plus en plus préoccupante pour l'immobilier de rendement en Suisse. L'institut d'émission préconise des mesures supplémentaires pour juguler le risque dans cette catégorie d'investissement, dont les prix ont flambé ces dernières années suite notamment à une forte demande des caisses de pension.

Dans son rapport de stabilité financière, la BNS soutient jeudi la proposition du Conseil fédéral visant à augmenter la pondération du risque pour les crédits présentant un rapport prêt/valeur élevé dans l'immobilier de rendement. La banque nationale accueille d'ailleurs favorablement les mesures d'autorégulation prises récemment par le secteur bancaire.

Ces améliorations devraient être entérinées cette année et entrer en vigueur en 2020, souligne la banque centrale helvétique.

En raison de la faiblesse des taux, les investisseurs institutionnels - dont les caisses de pension - ont placé massivement leurs fonds dans l'immobilier de rendement, qui s'avère plus intéressant et relativement moins risqué que d'autres classes d'actifs, respectivement les obligations et les actions. Cela a contribué à une flambée des prix.

Les risques augmentent

Le gendarme financier Finma et la BNS pointent du doigt un risque de «surchauffe» du marché de l'immobilier de rendement depuis quelques temps déjà. La Banque nationale suisse a constaté une légère détente des prix l'année dernière. Les taux de vacance et les risques ont cependant continué à augmenter.

La BNS s'inquiète tout particulièrement de la croissance des hypothèques accordées pour financier de l'immobilier de rendement dans des régions où les taux de vacance sont déjà élevés.

Le rapport de stabilité fait également le point sur l'exposition au marché hypothécaire et immobilier, accrue par rapport à 2017, des banques actives exclusivement en Suisse. La croissance de leurs volumes hypothécaires a connu une légère augmentation l'année dernière, à 4,2% contre 4,0% un an auparavant.

Ce marché demeure très compétitif en raison de la concurrence des acteurs non bancaires. Les marges hypothécaires demeurent ainsi sous pression, une situation encore aggravée par la faiblesse des taux d'intérêts.

Un choc de taux (remontée subite) ou une récession sévère en zone euro constituent les principaux risques auxquels sont confrontés ces établissements. Un grand nombre des banques tournées vers le marché domestique subirait des pertes, serait affaibli au niveau de la capitalisation, mais survivrait néanmoins, explique la BNS.

(nxp/ats)