Suisse

21 juillet 2014 13:41; Act: 21.07.2014 14:41 Print

L'opacité du négoce du pétrole africain dénoncée

Trois ONG pointent du doigt la position «hégémonique» des sociétés de négoce suisses dans les ventes de pétrole par les gouvernements africains, ainsi que l'opacité des transactions.

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«Il n'y a aucune transparence quant au lieu où va l'argent lié à ces ventes de pétrole, alors que les montants sont faramineux», a indiqué à l'AFP Marc Guéniat, de la Déclaration de Berne.

Entre 2011 et 2013, ces sociétés suisses «se sont aménagé une part de marché de 25% sur le segment très opaque du pétrole mis en vente» par les Etats subsahariens et les compagnies publiques, écrivent la Déclaration de Berne, Swissaid et le Naturel Resource Governance Institute, dans un rapport publié à Lausanne et Berne.

Traduite en dollars, cette part de marché représente 55 milliards, et «l'intégralité du produit de ces ventes n'atterrit pas dans les caisses des Etats», a ajouté M. Guéniat. Ces contrats de négoce ne sont pas publiés.

Monopole

Dans certains cas, ces sociétés sont même dans une situation de monopole. Ainsi, les sociétés suisses de négoce dominent nettement les exportations au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale, au Nigeria ainsi qu'au Tchad.

Au Tchad, Glencore a acquis, en 2013, 100% de la part étatique du pétrole pour une valeur correspondant à 16% du budget national de ce pays, l'un des plus pauvres de la planète.

En Guinée équatoriale, les ventes de pétrole national effectuées par les firmes Arcadia, Glencore, Trafigura et Vitol se sont élevées à plus de 2,2 milliards de dollars en 2012, montant égal à 36% des recettes de cet Etat, considéré comme l'un des plus corrompus du monde.

Le PIB de la Guinée-Equatoriale, grâce au pétrole, est «proche de celui d'un pays membre de l'UE, alors que son niveau de pauvreté réel est catastrophique; on peut alors se poser la question» de savoir où va l'argent du pétrole, a conclu M. Guéniat.

(afp)