Politique monétaire

12 septembre 2019 07:41; Act: 12.09.2019 09:56 Print

La BCE sous pression pour soutenir l'économie

La banque centrale se réunit jeudi sur fond de conjoncture fragile en zone euro. Elle pourrait annoncer une série de mesures pour stimuler les marchés financiers.

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L'institut souhaite garder un «degré significatif de stimulus monétaire», selon son président Mario Draghi. (Photo: AFP)

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La Banque centrale européenne a beau soutenir énergiquement l'économie depuis des années, elle se retrouve acculée à agir une fois encore jeudi, malgré ses débats internes, tant la conjoncture demeure fragile en zone euro.

Baisse de taux, nouveaux rachats de dettes publiques et privées, système de taux dégressif et prêts géants pour soulager la banque: l'institut pourrait annoncer pas moins de quatre mesures simultanément, soit un «paquet» guetté tout l'été par les marchés financiers.

Il y a six semaines, Mario Draghi, le président italien de l'institut monétaire, avait jugé nécessaire de garder un «degré significatif de stimulus monétaire» face au coup de froid conjoncturel, surtout perceptible en Allemagne, sur fond de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

Le climat ne s'est pas amélioré depuis, aussi l'institut «n'hésitera pas à annoncer des mesures fortes», prédit Eric Bourguignon, dirigeant chez Swiss Life Asset Management, même si les marges de manoeuvre de la BCE ont été rongées par des années de soutien à l'économie.

D'autant qu'avant d'achever fin octobre ses huit ans de mandat, M. Draghi devrait préparer une transition en douceur avec la directrice sortante du Fonds monétaire international, la Française Christine Lagarde.

Contrarier Trump

Si la BCE «devait décevoir en septembre, il lui faudrait en faire davantage plus tard, avec des chances de réussite réduites», explique d'ailleurs Frédéric Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.

Même si l'institut livre dès jeudi le cocktail attendu, les réactions pourraient être vives: en pesant sur le cours de l'euro face au dollar, de telles mesures «pourraient être perçues par le président des États-Unis comme un comportement anticoncurrentiel de la BCE», selon Chiara Zangarelli, économiste à la banque Nomura.

Et le risque n'est pas seulement de déclencher sur Twitter les foudres de Donald Trump, mais surtout de voir son administration «centrer ses efforts sur les tarifs douaniers» frappant les importations d'automobiles, un dossier reporté à novembre par Washington et qui menace particulièrement les constructeurs allemands.

Quoi qu'il arrive, la BCE devra surmonter les dissensions nées cet été au sein de son Conseil des gouverneurs, divisé sur l'opportunité de sortir maintenant le grand jeu monétaire.

L'institut francfortois pourra s'appuyer sur de nouvelles prévisions économiques, alors que celles de juin tablaient sur une inflation de 1,3% dans la zone euro en 2019 et 1,6% à l'horizon 2021, encore loin de l'objectif de la BCE «proche de 2%» à moyen terme.

Au minimum, la BCE devrait laisser son taux de refinancement des banques à zéro, et il est acquis pour les observateurs qu'elle va abaisser celui sur les dépôts.

Compromis sur les achats de dette ?

Déjà négatif de 0,40%, il revient à taxer les banques pour les liquidités qu'elles choisissent de confier à la Banque centrale plutôt que de les prêter aux entreprises et aux ménages.

En parallèle pourrait être annoncé un système de taux par paliers pour alléger la charge d'intérêt pesant pour plus de 7 milliards par an sur les banques.

Mais le plus délicat sera de relancer les achats de dette, le fameux «Quantitative Easing» ou «QE» mis en sommeil fin 2018. Plusieurs banquiers centraux, notamment l'Allemand Jens Weidmann et le Néerlandais Klaas Knot, s'y sont publiquement opposés.

«Une enveloppe totale de 600 milliards d'euros (657 milliards de francs) serait justifiée aujourd'hui», juge cependant Frederik Ducrozet, mais les débats internes à la BCE «suggèrent d'en faire moins».

L'institut va en outre confirmer la nouvelle vague à compter du 19 septembre de prêts géants aux banques, alloués à des conditions préférentielles, pour stimuler la distribution de crédit dans l'économie.

Enfin, la BCE pourrait ajuster la communication sur ses intentions, destinée à piloter les attentes des investisseurs pour éviter toute embardée sur les marchés et préserver sa crédibilité.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Universal le 12.09.2019 09:49 Report dénoncer ce commentaire

    Mais, on nous a menti ?

    On nous a vendu l'europe comme le fer de lance de l'économie, de la diversité et de l'évolution des marchés. Mais la verité est tout autre, depuis 20 ans, les pays membre de l'europe perd en pouvoir d'achat, perd en autonomie, perd en souvraineté. Alors les pro-EU, pas marre de maintenir artificiellement en vie un système qui est déjà mort ?

  • Brace Forimpact le 12.09.2019 09:53 Report dénoncer ce commentaire

    Too Big to Fake

    Ces pseudos economistes ne savent pas ce qu'ils font! Cela fait plus de 10 ans qu'ils soutiennent a bout de bras une economie en recession. Au lieu de laisser tomber en faillite les entreprises defaillantes, ils les maintiennent sous perfusion aux frais des contribuables. On ne peut pas avoir des entreprises zombies dans une economie saine! Un jour ou l'autre, il faut se debarrasser des mauvais risques pour repartir sur de meilleures bases. Le "too big to fail" a ete invente pour sauver les banques. Laissons les faire faillite et nous expliquer pourquoi, bien que specialiste, elles ont failli!

  • ......... le 12.09.2019 09:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    .......

    Ils sont cuit ces branleurs...... ça va être rigolo car tout le système va s'effondrer!!! Mdr hihihi

Les derniers commentaires

  • Ange 1 et démon 1 le 13.09.2019 22:35 Report dénoncer ce commentaire

    L'argent et son maître Satan

    Faite moi une geste d adoration et je vous donnerais tout les royaumes de la terre

  • Accord-cadre, jamais !!! le 12.09.2019 10:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'UE sombre

    Et on veut nous forcer à signer des accords cadres qui leur permettront de puiser directement dans nos poches à coup de milliards ???

  • Brace Forimpact le 12.09.2019 09:53 Report dénoncer ce commentaire

    Too Big to Fake

    Ces pseudos economistes ne savent pas ce qu'ils font! Cela fait plus de 10 ans qu'ils soutiennent a bout de bras une economie en recession. Au lieu de laisser tomber en faillite les entreprises defaillantes, ils les maintiennent sous perfusion aux frais des contribuables. On ne peut pas avoir des entreprises zombies dans une economie saine! Un jour ou l'autre, il faut se debarrasser des mauvais risques pour repartir sur de meilleures bases. Le "too big to fail" a ete invente pour sauver les banques. Laissons les faire faillite et nous expliquer pourquoi, bien que specialiste, elles ont failli!

    • Mojo le 16.09.2019 22:25 Report dénoncer ce commentaire

      Des noms

      Vous pensez a UBS par exemple?

  • Universal le 12.09.2019 09:49 Report dénoncer ce commentaire

    Mais, on nous a menti ?

    On nous a vendu l'europe comme le fer de lance de l'économie, de la diversité et de l'évolution des marchés. Mais la verité est tout autre, depuis 20 ans, les pays membre de l'europe perd en pouvoir d'achat, perd en autonomie, perd en souvraineté. Alors les pro-EU, pas marre de maintenir artificiellement en vie un système qui est déjà mort ?

    • Troll le 12.09.2019 12:10 Report dénoncer ce commentaire

      @Universal

      Je suis entièrement d'accord avec vous. Le problème est que à la base l'EU a été mal construit avec l'euro. En tout cas c'est l'avis 3 prix Nobel d'économie quand même... Un problème majeure est que les politiques en Europe n'ont quasiment jamais combattu les intérêts des citoyens.

    • Universal le 12.09.2019 13:52 Report dénoncer ce commentaire

      @Troll

      Mais tout à fait ! "Ayons une monnaie commune, comme ça, vous n'aurez plus de problème de change" mais le cout de la vie n'était déjà pas le même à la base.. donc il n'y a aucun interet d'avoir une monnaie commune. Encore moins des "élus" qui sont élus par personne afin de prendre des décisions qui concernent des pays qu'ils ne connaissent pas. Merci aux suisses qui ont voté contre l'UE.

  • ......... le 12.09.2019 09:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    .......

    Ils sont cuit ces branleurs...... ça va être rigolo car tout le système va s'effondrer!!! Mdr hihihi