Suisse

20 septembre 2018 10:04; Act: 20.09.2018 12:22 Print

La BNS relève sa prévision de croissance

La Banque nationale suisse anticipe désormais une croissance supérieure à 2,5% en 2018.

storybild

La Banque nationale suisse (BNS) a sans surprise maintenu sa politique monétaire. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

La Banque nationale suisse (BNS) a, sans surprise, maintenu jeudi inchangée sa politique monétaire, tout en mettant l'accent sur la cherté du franc et les risques pesant sur le marché immobilier. Elle a par contre nettement relevé ses prévisions de croissance.

Comme l'avaient anticipé la plupart des analystes, l'institut d'émission a conservé à -0,75% le taux d'intérêt appliqué aux avoirs à vue détenus à la BNS et la marge de fluctuation du Libor à trois mois entre -1,25% et -0,25%, a-t-elle précisé dans un communiqué.

Selon les spécialistes de VP Bank, un relèvement des taux «n'est pas pour demain». Plus concrets, leurs homologues de Safra Sarasin ne s'attendent pas à un resserrement de la politique monétaire par la BNS avant le troisième trimestre 2019, date d'un éventuel relèvement des taux par la Banque centrale européenne (BCE).

«Il n'y a pas de grand changement, mais le franc est clairement l'élément central du communiqué» de la BNS, a remarqué VP Bank. La banque souligne que cette référence est évoquée deux fois dès le début du texte, suggérant que l'institut d'émission «est nerveux au vu du récent raffermissement du franc».

De fait, la banque centrale helvétique a réitéré sa rhétorique habituelle, évoquant une intervention «au besoin sur le marché des changes en tenant compte de la situation pour l'ensemble des monnaies».

Les tensions sur le commerce international et dans plusieurs pays émergents comme en Turquie ont en effet nettement raffermi le franc par rapport à l'euro. Alors que la paire de devises avait franchi en avril la barre des 1,20 EUR/CHF - une première depuis l'abandon du taux plancher en janvier 2015 - la monnaie suisse est repassée sous 1,12 début septembre.

Ce jeudi, la paire de monnaies se relâchait quelque peu et s'échangeait à 1,1307 franc pour un euro vers 10h30.

La banque centrale a répété que le franc restait à un «niveau élevé», alors que la situation sur les marchés des changes «demeure fragile».

«Le taux d'intérêt négatif et la disposition de la Banque nationale à intervenir au besoin sur le marché des changes restent nécessaires pour maintenir à bas niveau l'attrait des placements en francs et, partant, réduire les pressions à la hausse sur le franc», a expliqué l'institut d'émission.

Effet modérateur du franc

Karsten Junius de Safra Sarasin a néanmoins fait remarquer que l'économie suisse s'accommodait relativement bien des taux de change.

Rejoignant les autres prévisionnistes, la BNS a en effet relevé ses estimations de croissance pour cette année entre 2,5% à 3%, contre «environ» 2% dans ses précédentes estimations. Le taux de chômage doit également poursuivre son reflux.

Mercredi, le Secrétariat d'Etat à l'économie avait révisé en hausse ses attentes pour le produit intérieur brut 2018 à 2,9%, contre 2,4% dans les précédentes estimations, et Credit Suisse mardi à 2,7%, contre 2,2%.

«Les indicateurs conjoncturels restent propices pour les mois à venir. Il faut cependant s'attendre à un certain ralentissement du fait que la progression a été forte les trimestres précédents. Les crises de confiance en Turquie et en Argentine n'ont jusqu'ici pas eu d'effet notable sur les perspectives de l'économie mondiale», a indiqué la BNS. L'appréciation du franc devrait pour sa part avoir «un effet modérateur» sur la croissance helvétique.

L'institut d'émission s'est pas contre déclaré plus prudent en matière de renchérissement des prix, révisant en baisse ses précédentes estimations. Cette année, le taux d'inflation doit rester à 0,9%, mais en 2019 il devrait passer à 0,8%, soit 0,1 point de pourcentage de moins qu'initialement prévu. En 2020, l'inflation doit s'établir à seulement 1,2% et non à 1,6% comme estimé précédemment.

Effet collatéral de la faiblesse des taux, les prêts hypothécaires, ainsi que les prix des maisons et des appartements ont continué d'afficher une hausse modérée au cours des derniers trimestres, a relevé la BNS, avertissant que les déséquilibres persistaient sur ces marchés.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Daniel le 20.09.2018 22:23 Report dénoncer ce commentaire

    La poutre et la paille

    La croissance est une chose mais la redistribution des fruits de celle-ci en est une autre. Et c'est bien là que le bât blesse.

  • Claude François le 20.09.2018 16:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Alors baisse du chômage?

    si cela donne du travail au plus de 55 ans, tant mieux.

  • Uto Pie le 20.09.2018 21:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Uto Pie

    5 ans sans augmentations de salaire... peut on y croire cette années ????

Les derniers commentaires

  • Jakobin le 23.09.2018 09:31 Report dénoncer ce commentaire

    Tour de passe passe

    Les statistiques des trois premiers trimestres sont connues ou presque, dans l'absolu, annualisée il est facile de projetée la croissance,à la hausse cela relève le moral des entreprises, mais pas celui des demandeurs d'emploi !!!!!!!

  • qwerty le 21.09.2018 14:04 Report dénoncer ce commentaire

    victimisation

    Allez c'est parti les commentaires, et on pleurniche et blablabla.

  • Yves le 21.09.2018 12:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    BNS contre-productive pour léconomie réelle

    Et hop, une petite annonce de la BNS qui renforce encore le franc suisse et qui va freiner les exportations de léconomie réelle. Ne peut-on donc pas trouver un noble système pour que notre monnaie soit évaluée à sa juste valeur (1.25CHF vs 1) afin de favoriser nos exportations?... dautres pays y arrivent! Peut-être faudrait-il que nos entreprises deviennent moins performantes pour quelles ne soient pas constamment punies par léconomie fabuleuse et virtuelle de la finance!

  • CatJuice4Fish le 21.09.2018 12:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    j ai de la marge

    Le jour ou ils auront enfin la bonne idée de reguarder d'abord les besoin du peuple avant les envies des entreprise, je rentre dans une eglise et me confesse XD

  • Restons Positif le 21.09.2018 10:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Certes mais bon...

    Certes la suisse nest pas parfaite et certains sont laissés sur la bas côté de la prospérité... mais tous ceux qui se plaignent ne devraient ils pas regarder les pays autour de nous... aller faire un tour dans une banlieue chaude française... voir en Afrique ou certain pays dAsie ou Amérique du Sud... ? Oui il vaut mieux vivre dans un pays dont la croissance augment que linverse