Monnaie de Facebook

11 octobre 2019 10:44; Act: 11.10.2019 15:05 Print

La libra est moins décriée en Suisse qu'ailleurs

La Suisse réserve un meilleur accueil à la future monnaie de Facebook, vivement critiquée sous d'autres cieux.

Des experts voient les attaques contre la monnaie de Facebook comme un signe que le projet dérange l'ordre établi.
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Sous le feu nourri des critiques de milieux politiques et financiers, notamment aux États-Unis et en Europe, la future monnaie numérique libra semble faire moins de remous en Suisse. Des experts voient les attaques comme un signe que le projet dérange l'ordre établi, au-delà des craintes légitimes qu'il peut susciter.

«Il y a beaucoup de méconnaissance au sujet du projet libra», lancé par Facebook à travers sa filiale Calibra et l'Association libra basée à Genève, déclare à AWP Arnaud Grobet, associé d'Emakina Group, qui a basé dans la Cité de Calvin un pôle de compétences blockchain.

«Il faut voir d'abord la libra comme un moyen de paiement en ligne et d'échanges et non une monnaie qui fera concurrence à celles des banques centrales, puisque sa valeur sera adossée à un panier de devises traditionnelles, dit-il. Le tout est de contrôler ce qui doit l'être, en trouvant un équilibre entre la nécessité d'avancer dans la révolution numérique et la régulation.»

Le projet libra, estime Grobet, a peut-être été annoncé trop tôt, la société en général n'étant pas encore prête à faire face à la rapidité des changements technologiques. «Les oppositions, en provenance des États-Unis, de l'Union européenne ou de milieux financiers traditionnels, peuvent être interprétés comme un moyen de gagner du temps», estime-t-il.

Mais la libra – que pourront potentiellement utiliser plus de 2,5 milliards d'utilisateurs de la galaxie Facebook – ne pourra pas être interdite, du moins en Suisse, estime l'expert. L'enjeu est plutôt de savoir comment la Finma (le gendarme financier suisse) et les autres instances de régulation à l'étranger vont la classifier et quelles seront les exigences liées, en termes de surveillance. En sachant que la classification du projet peut changer en fonction de son évolution.

Pesée d'intérêts

Le professeur d'économie bâlois Aleksander Berentsen, expert de la blockchain, va dans le même sens. «Le franc ou l'euro ne doivent pas craindre la libra», déclare-t-il. Les critiques sont selon lui d'abord dues au fait que les banques centrales et les autorités de régulation sont généralement très conservatrices. «En outre, imprimer de l'argent rapporte beaucoup.»

Les réticences portent, officiellement, sur les risques de blanchiment ou de financement du terrorisme que ferait peser la nouvelle monnaie dématérialisée. La Finma a déjà fait savoir que la portée du projet rendra indispensable une coordination à l'échelle internationale. Elle assure ses arrières, dans une optique a priori plutôt ouverte et neutre.

La libra peut constituer à la fois une chance et un risque pour la Suisse. Aux yeux de Grobet, le pays est «très bien placé en termes de nouvelles technologies financières. De nombreuses banques, y compris à Genève, ont pris conscience aujourd'hui des nouveaux enjeux» et des moyens de participer à l'élan général de l'écosystème crypto.

En même temps, la libra représente une menace potentielle pour la réputation de la place financière suisse, «au cas où elle devrait capoter», estime le professeur Berentsen. En tous les cas, Facebook contribue à faire bouger les lignes au sein d'un système financier global lui aussi très critiqué, ajoute Grobet.

Ce dernier insiste cependant sur la nécessité de réguler le projet, qui a l'avantage, précise-t-il, d'être en «open source» (ouvert) et disponible sur toutes les plateformes associées, donc pas spécifiquement sur Facebook.

Le directeur de l'Association libra, Bertrand Perez, et le père du projet, David Marcus, ont assuré que les initiateurs ne veulent pas concurrencer le système financier existant ni mener une propre «politique monétaire».

Pour cette raison notamment, la libra n'a du reste pas que des amis du côté de la cryptosphère elle-même, qui voit dans le bitcoin par exemple un projet beaucoup plus «disruptif».

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • tralalaaa le 11.10.2019 11:49 Report dénoncer ce commentaire

    Vivement les déboires

    Et comme par hasard, sont créateur est genevois No2 ou 3 chez Facebook, siège Libra à Genève, et sa étonne? Ne cherchez surtout pas de conflit d'intérêt! Nan, aucune corruption, ni d'évasion fiscale, ni montage financier obscur.. si l'on vous dis que c'est bon, c'est que c'est bon! Alors mange et tais toi!

  • XRP the Standard le 11.10.2019 23:35 Report dénoncer ce commentaire

    Libra Projet Mort né

    N'importe quoi. Ce projet n'intéresse personne. C'est un projet mort né. visa, mastercard et Ebay quittent le navire après paypal... Essayé pas pu... En retard sur la technologie, l'idée et la communication. fallait pas rêver.

  • Brace Forimpact le 11.10.2019 12:13 Report dénoncer ce commentaire

    Q a dit:"L'OR detruira les banques centrales!"

    L'argent Fiat des banques centrales et bien sûr le CHF sont voués à disparaître. Leur valeur baisse inexorablement avec le temps et tend vers ZÉRO! Faute aux banques centrales qui peuvent en imprimer à l'infini et manipulent le taux d'intérêt. L'endettement mondial ne cesse de croître et la dette n'est pas remboursable ($250'000 milliards). Cela va mal finir. Soit par un défaut de paiement, une renégociation de la dette ou par le remboursement avec de l'argent créé pour l'occasion et donc la destruction totale sa valeur (hyperinflation). Le Libra n'est qu'une version numérique de l'argent Fiat

Les derniers commentaires

  • DATA le 12.10.2019 18:29 Report dénoncer ce commentaire

    Sacrilège !

    La création monétaire est un privilège de l'état qui doit rester à l'état !

  • XRP the Standard le 11.10.2019 23:35 Report dénoncer ce commentaire

    Libra Projet Mort né

    N'importe quoi. Ce projet n'intéresse personne. C'est un projet mort né. visa, mastercard et Ebay quittent le navire après paypal... Essayé pas pu... En retard sur la technologie, l'idée et la communication. fallait pas rêver.

  • CoinForLife le 11.10.2019 17:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bitcoin

    Tout ce débat est très productif. Plus on regarde de près plus on comprend que la seule alternative en termes de libertés individuelles et souveraineté économique c'est bitcoin.

    • Didi le 11.10.2019 21:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @CoinForLife

      Ou comment donner de la valeur à du vent?

    • Arlette le 13.10.2019 12:49 Report dénoncer ce commentaire

      Je préfère mon franc suisse

      Libra ou la nouvelle pyramide de Ponzi Jouer le rôle d'une banque sans en respecter la réglementation ne peut conduire qu'à la faillite. Le projet de création de monnaie du fondateur de Facebook, du fait de son nombre d'utilisateurs, fait ainsi courir un risque systémique global à l'économie.

  • XYZ le 11.10.2019 15:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Jalousie

    Les critiques sont dues à la Jalousie des autres villes et États qui auraient voulu le y Libra basé chez eux.

  • Brace Forimpact le 11.10.2019 12:13 Report dénoncer ce commentaire

    Q a dit:"L'OR detruira les banques centrales!"

    L'argent Fiat des banques centrales et bien sûr le CHF sont voués à disparaître. Leur valeur baisse inexorablement avec le temps et tend vers ZÉRO! Faute aux banques centrales qui peuvent en imprimer à l'infini et manipulent le taux d'intérêt. L'endettement mondial ne cesse de croître et la dette n'est pas remboursable ($250'000 milliards). Cela va mal finir. Soit par un défaut de paiement, une renégociation de la dette ou par le remboursement avec de l'argent créé pour l'occasion et donc la destruction totale sa valeur (hyperinflation). Le Libra n'est qu'une version numérique de l'argent Fiat

    • Réaliste le 11.10.2019 13:24 Report dénoncer ce commentaire

      @ Brace Forimpact

      "L'OR detruira les banques centrales!" ... bah .. faut voir ... l'or volé des Nazis , ça n'a pas détruit les banques suisse, au contraire c'était pas mal en 40 : « " Commission Indépendante d'Experts, Suisse - 2eme Guerre mondiale : "Nous avons par exemple établi que quatre cinquièmes des livraisons d'or de la Reichsbank à l'étranger avaient transité par la Suisse... . Et ceux-ci passent sous silence le fait que la banque centrale suisse a accepté de l'or pillé et banalisent ainsi les problèmes inhérents à ces opérations ..." »

    • XYZ le 11.10.2019 15:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Réaliste

      Oui et c'était les alliés qui achetaient l'or ..

    • Brace Forimpact le 11.10.2019 17:44 Report dénoncer ce commentaire

      @Réaliste

      Après 2e guerre toutes les monnaies étaient rattachées au $ qui lui était rattaché à l'OR. En 1971 Nixon supprime le standard OR et toutes les monnaies deviennent Fiat. On ne peut plus échanger ses billets contre une quantité d'OR. Les banques centrales ne vous doivent plus rien. La valeur de l'argent Fiat baisse dans le temps à chaque fois que les banques en créent plus (inflation). C'est comme si au sein d'une SA, un actionnaire avait le droit d'imprimer plus d'actions. 1 franc gagné aujourd'hui vaudra moins dans 40ans. Et votre retraite sera toujours moins rémunérée que l'inflation...

    • Brace Forimpact le 11.10.2019 21:46 Report dénoncer ce commentaire

      @Réaliste (suite)

      "L'OR détruira les banques centrales".. signifie que lorsque les gens auront perdu confiance dans les monnaies Fiat elles chercheront à mettre leur argent dans une vraie monnaie qui garde sa valeur dans le temps comme l'or et l'argent. La grande différence réside dans le fait que l'or et l'argent, il y en a une quantité finie et en faire la prosection coûte cher. On ne peut pas simlement entrer un chiffre dans un ordinateur pour en créer plus comme le font actuellement les banques centrales avec leur monnaie de monopoly! Je viens d'acheter un Solidus du 7e siècle qui a toujours sa valeur!