Banques centrales

14 mai 2012 18:05; Act: 14.05.2012 18:16 Print

La collaboration renforce l'autonomie

Thomas Jordan, le président de la Banque nationale suisse (BNS), estime que du point de vue des banques centrales, autonomie et collaboration ne sont pas antinomiques.

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Thomas Jordan, président de la BNS, estime que la collaboration des banques centrales renforce leur autonomie. (Photo: Keystone)

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En période de crise en particulier, l'échange d'informations entre instituts d'émission renforce leurs décisions de politique monétaire.

Les différences au niveau du mandat d'une banque centrale, de la structure de l'économie et des cycles conjoncturels parlent en faveur d'une politique autonome pour chaque espace monétaire, a relevé lundi à Zurich M. Jordan, lors d'une manifestation organisée par l'entreprise Etavis. Cette autonomie en matière de politique monétaire a aussi payé pour la Suisse au cours des récentes crises.

Les avantages indéniables d'une politique monétaire autonome ne signifient cependant pas que chaque banque centrale puisse agir à sa guise de manière illimitée. Les décisions qui s'appliquent à un espace monétaire donné peuvent aussi s'accompagner d'effets sur l'environnement économique d'autres pays, en particulier dans une période dans laquelle les marchés financiers et les différentes zones économiques sont étroitement liées.

Les banques centrales collaborent ainsi sous diverses formes. Cet échange d'informations continu contribue à améliorer les bases sur lesquelles chaque institut d'émission prend ses décisions de politique monétaire.

Interventions communes

La conclusion d'accords d'échanges de devises, ou swaps, permet aux banques centrales d'accéder aux monnaies étrangères. Cette pratique permet de mener une action plus efficace au cours de crises durant lesquelles les liquidités viennent à manquer sur les marchés financiers internationaux.

Par ailleurs, des interventions communes, comme celle effectuée le 8 octobre 2008, soit trois bonnes semaines après la faillite de l'établissement américain Lehman Brothers et le sauvetage de l'assureur AIG, par la Réserve fédérale américaine, la BNS, ainsi que les banques centrales européenne (BCE), britannique, canadienne et suédoise, présentent un fort impact psychologique. Elles signalent aux marchés que les instituts d'émissions parlent d'une seule voix.

Dans une phase de crise, une bonne coopération renforce les mesures prises de manière autonome. Dans le cas d'une petite économie ouverte comme celle de la Suisse, l'efficacité d'une décision de politique monétaire peut fortement dépendre de la réponse qu'elle reçoit de la part de l'environnement international.

La décision de la BNS de fixer le 6 septembre 2011 un taux minimal entre le franc et l'euro, une mesure exceptionnelle prise dans une situation extrême, représente à ce titre un pas important pour la Suisse. La BNS a agi de la sorte pour contrer des distorsions sur le marché des devises liées à des événements internationaux.

Décision acceptée

Le taux minimal de 1,20 franc pour un euro a été accepté au niveau international, car les marchés, les organisations internationales et les banques centrales étrangères ont compris le but et la motivation de cette décision. Jugée justifiée, cette mesure a elle aussi démontré la nécessité du dialogue entre les instituts d'émission.

(ats)