Transport ferroviaire

05 septembre 2012 09:00; Act: 05.09.2012 12:07 Print

La crise en Europe plombe le bénéfice des CFF

Durant le premier semestre 2012, les CFF ont ressenti la pression des coûts et du ralentissement économique européen.

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Au premier semestre 2012, l'ex-régie a vu son bénéfice reculer de 27 millions de francs par rapport à la même période de 2011, s'établissant à 139,5 millions de francs.

«Le recul du bénéfice s'explique par le coût plus important des tracés et de l'énergie, ainsi que par les dépenses liées au personnel», a expliqué mercredi Georg Radon, directeur des finances des CFF, lors d'une conférence de presse téléphonique. «Le transport des voyageurs a également souffert d'une forte baisse de la demande en loisirs et tourisme.»

Si le nombre de passagers est resté stable, s'élevant à 964'000 personnes, «ceux-ci ont parcouru moins de kilomètres», a précisé Andreas Meyer, directeur des CFF. D'où une baisse de 1,7% du nombre de voyageurs-kilomètres, à 8,6 milliards. L'entreprise a tout de même enregistré pour le transport de passagers un bénéfice de 64,9 millions, contre 94,4 millions au 1er semestre 2011. La demande s'est par ailleurs accrue pour le trafic régional et international.

«Nous avons engagé davantage de conducteurs de locomotives, étant donné le nombre croissant de trains utilisés», a ajouté Andreas Meyer. «L'introduction du double accompagnement des contrôleurs en trafic grandes lignes et l'augmentation du personnel de la police des transports ont aussi pesé sur le bénéfice. La hausse des tarifs en décembre dernier n'a pas pu compenser entièrement ces coûts.»

Billets plus chers

Pour le directeur des CFF, une prochaine hausse des tarifs paraît inévitable: «Aujourd'hui, le passager ne paie qu'une partie des frais en achetant un billet, le reste étant financé par les pouvoirs publics. Mais les coûts augmentent, et les prix des billets doivent suivre.»

Sans compter qu'en 2013, «les CFF devront composer avec des frais supplémentaires estimés à 170 millions de francs, à cause de l'augmentation du prix des tracés», assure Andreas Meyer. L'entreprise prévoit d'abaisser son milliard d'investissements annuels dans de nouveaux trains pour financer en priorité les domaines «les plus utiles pour la clientèle», qui se situent surtout du côté du trafic international.

Une discussion d'ordre politique pourrait à terme, selon lui, définir concrètement quel pourcentage des coûts totaux d'un billet doit être couvert.

Malgré le recul du résultat, Andreas Meyer se réjouit que les CFF aient pu maintenir le niveau de leurs prestations. Si la vague de froid de l'hiver dernier et la fermeture de la ligne du Gothard a entraîné un léger recul de la ponctualité, qui s'est établie à 89,1%, le nombre de correspondances assurées a atteint la valeur record de 98,3%.

Pertes côté marchandises

La division du transport des marchandises a été touchée par la situation économique actuelle en Europe et la fermeture durant un mois du tunnel du Gothard. Une baisse de 7,8% a été enregistrée, s'établissant à 5,9 milliards de tonnes-kilomètres.

Les CFF ont calculé pour ce secteur une perte de 22 millions de francs, alors qu'au premier semestre 2011 celle-ci s'élevait à 7,2 millions. «A cause de la mauvaise conjoncture en Europe, l'entreprise a transporté moins d'acier, de bois et de papier», continue le directeur des CFF. « Nous avons aussi supprimmé 200 postes dans l'administration pour faire baisser les coûts.»

CFF Infrastructure a relevé un manque à gagner de 23,4 millions de francs par rapport à la même période de 2011. Les recettes provenant de la hausse du prix du tracé ont été complètement absorbées par l'entretien du réseau.

Gains et investissements

La division Immobilier a par contre augmenté son résultat de 3,5 millions grâce à la location de plus de surfaces et à une optimisation du portefeuille. Une partie de ces gains a déjà été affectée à l'assainissement de la caisse de pension des CFF et une autre partie à celui de l'infrastructure.

Le Conseil fédéral avait proposé de financer dès 2017 l'exploitation, l'entretien et le développement du réseau via le projet de Financement et d'aménagement de l'infrastructure ferroviaire (FAIF), actuellement aux mains du Parlement. Les entreprises de transport public se sont engagées à verser dans un premier temps 6 milliards de francs.

Outre le financement, les CFF rappellent que d'autres défis se profilent: la compagnie entend par exemple réduire de 20% sa consommation d'énergie d'ici 2025 pour opérer un transfert vers les énergies renouvelables.

(ats)