Conjoncture

09 juin 2011 13:24; Act: 09.06.2011 13:30 Print

La dynamique de croissance faiblit

La Fédération des entreprises suisses, economiesuisse, fait preuve d'un optimisme prudent dans ses prévisions conjoncturelles.

Une faute?

Economiesuisse table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2,1% pour cette année et de 1,7% pour 2012. L'inflation devrait rester à bas niveau.

L'économie helvétique s'affirme dans un contexte économique international difficile, a expliqué jeudi l'organisation faîtière. Sa stratégie de mondialisation lui permet de profiter, sans préférence géographique, de la croissance des nouveaux marchés et des pays industrialisés les plus dynamiques, comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Nouvelle-Zélande.

Des exportations fragilisées

Les événements qui surviennent à l'échelle mondiale influent toutefois sur la conjoncture. Si les exportations semblent afficher une robustesse à toute épreuve, elles sont en fait fragilisées par le franc fort, qui pourrait constituer un problème à long terme, note economiesuisse.

Ainsi, la première branche exportatrice, l'industrie chimique et pharmaceutique, a accusé au cours des quatre premiers mois de l'année un recul de 3,8% par rapport à la même période de l'an dernier. Les entreprises exportatrices voient leurs marges s'amoindrir, elles sont obligées d'externaliser leurs prestations préalables et de rationaliser pour réduire leurs coûts.

Pour l'instant, la forte croissance des pays émergents, nouvelle cible privilégiée de ces entreprises - les exportations destinées à l'Asie représentent 21,1% -, permet de compenser cette tendance.

Un taux d'inflation faible

Autre point fort de l'économie suisse: le taux d'inflation reste faible. La consommation des ménages et la construction progressent, le chômage recule. Seule une légère tendance à la surchauffe de certains marchés immobiliers vient porter une ombre au tableau.

De ce point de vue, le niveau élevé du franc est un atout, puisqu'il freine la hausse des prix. Economiesuisse a calculé une progression de l'indice national des prix à la consommation de 1,2% en moyenne en 2012. Selon elle, l'inflation ne sera pas source de préoccupation avant 2013.

En revanche, une interruption de la croissance dans les pays émergents, une accentuation de la crise dans la zone euro ou des problèmes d'approvisionnement des matières premières risquent d'entraver la bonne marche de la situation économique en Suisse.

BNS prudente

Pourtant, economiesuisse s'attend à un essoufflement de ces processus. La croissance réelle des exportations devrait s'inscrire en 2012 à 3% seulement. Celle du PIB est prévue à 1,7% et le repli du chômage risque de se limiter à quelque 3%. Par ailleurs, les investisseurs pourraient de plus en plus opter pour l'étranger, la place économique suisse perdant de son attrait pour les nouveaux investissements.

Dans un tel contexte, la Banque nationale suisse (BNS) sera contrainte de relever son taux directeur, le Libor à trois mois, mais elle ne pourra le faire que lentement. Rudolf Minsch, chef économiste de l'organisation faîtière, estime que «la banque centrale se montrera très prudente avec ses interventions». Il ne s'attend pas à une forte augmentation cette année.

D'après lui, la BNS laissera le Libor à trois mois inchangé jeudi, mais procédera à un léger relèvement en fin d'année ou en début d'année prochaine. Economiesuisse table pour 2012 sur des taux d'intérêt à court terme de 1,1% en moyenne annuelle.

(ats)