Perspectives économiques

15 octobre 2019 16:59; Act: 15.10.2019 17:29 Print

La guerre commerciale freine la croissance

Le FMI s'attend à la croissance mondiale la plus faible depuis la crise financière. En cause: le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis.

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Le FMI presse les décideurs politiques à réduire «urgemment» les tensions commerciales. (Photo: AFP)

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«A 3% de croissance, il n'y a pas de place pour les erreurs politiques». En dévoilant la dernière prévision d'expansion de l'économie mondiale pour 2019, Gita Gopinath, l'économiste en chef du FMI, a pressé les décideurs politiques à réduire «urgemment» les tensions commerciales.

Le Fonds monétaire international a annoncé mardi qu'il tablait pour 2019 sur une croissance la plus faible depuis la crise financière, incriminant en premier lieu la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine qui entame durement le commerce international.

Les estimations ont été élaborées avant l'annonce, vendredi, d'un accord de principe entre les deux premières puissances économiques mondiales. Pour autant, la trêve n'est pas de nature à changer la tendance à court terme.

La persistance des tensions géopolitiques notamment au Moyen-Orient, la difficile sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit) et un secteur manufacturier -- en particulier automobile -- en berne, constituent les autres principaux risques ayant conduit le Fonds à abaisser, pour la cinquième fois en un an, sa prévision de croissance mondiale.

«L'économie mondiale connaît un ralentissement synchronisé», a commenté Mme Gopinath reprenant l'expression de la nouvelle directrice générale du FMI Kristalina Georgieva.

L'expansion est désormais loin des 3,8% enregistrés en 2017 «quand le monde était dans une croissance synchronisée», a ajouté l'économiste.

Et alors que la reprise avait été portée par le commerce international après la crise de 2008, le volume des biens et services échangés ne va augmenter que de 1,1% (-1,4 point) cette année, un plus bas depuis 2012. C'est aussi bien inférieur aux 3,6% de 2018.

Washington et Pékin, au coeur d'une guerre des tarifs douaniers sans précédent depuis mars 2018, enregistreront tous deux des croissances moins fortes qu'estimé en juillet. L'expansion américaine devrait ainsi tomber à 2,4% (-0,2 point), celle de la Chine à 6,1% (-0,1 point).

«L'incertitude liée au commerce a eu des effets négatifs sur l'investissement» aux Etats-Unis, a commenté le FMI. «Mais l'emploi et la consommation restent robustes, également soutenus par des mesures de relance», note-t-il, ce qui permet à la première économie du monde de tirer, pour le moment, son épingle du jeu.

«En Chine, la dégradation de la croissance reflète non seulement la hausse des tarifs douaniers mais encore le ralentissement de la demande intérieure consécutive aux mesures prises pour maîtriser la dette», explique l'institution.

Parallèlement, les pays de la zone euro font pâle figure avec une croissance attendue de 1,2% (-0,1 point). En Italie, le PIB va même stagner; en Allemagne, il va croître de seulement 0,5% (-0,2 point) et de 1,2% en France (-0,1 point).

«D'une manière générale, la faiblesse des exportations freine l'activité de la zone euro depuis le début de 2018», a résumé le FMI qui note aussi la persistance de l'impact du changement des normes polluantes dans le secteur automobile.

«Précaire»

Ailleurs dans le monde, la croissance de quelques grandes économies en 2019 sera très inférieure à celle de 2018, comme l'Inde (-0,9 point à 6,1%), le Brésil ( 0,1 point à 0,9%), le Mexique (-0,5 point à 0,4%), la Russie (-0,1 point à 1,1%) et l'Afrique du Sud (inchangé à 0,7%). Mais elle devrait se redresser en 2020.

Se tournant vers l'avenir, le FMI anticipe un rebond de la croissance en 2020 à 3,4% (-0,1 point).

«Cependant, contrairement au ralentissement qui est synchronisé, cette reprise n'est pas générale et reste précaire», a mis en garde Gita Gopinath, notant que le ralentissement va au contraire se poursuivre aux Etats-Unis, au Japon et en Chine.

Globalement, tous les pays font face à des vents contraires. Certains d'entre eux --comme les Etats-Unis-- ont pu les compenser par une baisse des taux d'intérêt. Pour autant, prévient le FMI, «la politique monétaire ne saurait être le seul outil» pour stimuler la croissance.

Et les premiers signes de ralentissement dans le secteur des services aux Etats-Unis comme en zone euro sont visibles.

Le Fonds recommande par exemple à l'Allemagne de profiter «des taux d'emprunt négatifs pour investir dans le capital social et les infrastructures».

«Les erreurs politiques à ce stade, comme un Brexit sans accord ou une escalade des conflits commerciaux, pourraient saper gravement la confiance, la croissance et la création d'emplois», insiste le FMI mettant aussi en garde contre la volatilité des marchés financiers.

Enfin, le FMI exhorte à s'attaquer maintenant aux risques du changement climatique qui «vont considérablement augmenter à l'avenir».

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Serge le 15.10.2019 21:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    des croissance

    arrêter la croissance ça arrêterait la croissance des riche c'est pour ça qu'on doit arrêter la croissance parce que ça arrêterait la décroissance des pauvre!

  • Lucidor le 15.10.2019 21:51 Report dénoncer ce commentaire

    Stop la croissance! Equilibre svp!

    Nous n'avons pas besoin de cette folle croissance que les Forces économiques veulent nous imposer! La société de consommation à outrance, c'est fini! Résultats de cette folie: pollutions, réchauffement climatique, disparité entre riches et pauvres accentuée, bétonnage excessif, dégradation de l'environnement et baisse de la qualité de vie ... etc!

  • zen attitude le 15.10.2019 22:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pollution

    donc freine aussi la pollution co2 etc etc c'est bien

Les derniers commentaires

  • J m Arte le 16.10.2019 16:43 Report dénoncer ce commentaire

    Suppression brutale des services publics

    Les perspectives économiques selon certains sont la fin du salariat et la reprise individuelle de son épargne AVS que de nombreux salariés ne pourront plus payer et des Jobs toujours moins payés , seul la Scandinavie et quelques pays du Visegrad résistent la Suisse a supprimé en dix ans tout les maigres acquis des travailleurs de la classe moyenne sup !

  • Jeremy Solaire le 16.10.2019 10:34 Report dénoncer ce commentaire

    Je gagne 1 mio pour rien faire

    destruction des acquis d une classe moyenne que l on veux paupérisé, Ps et tout les autres, terreur de management digne des méthodes SS Stasi ou autres pour détruire l employé jugé trop cher, a l épuisement, s il résiste reste et aux 8 managements toxiques, harcélement moral, psychologique et terreur physique ou par harcélement téléphonique ou virtuels divers chez les gens utiles au monde du travail mais jugés trop chers, professions Etat Ville, ou des cadres surpayés ne servent a rien, développement, domaines des soins, virtuels , ils sont légions, fonctionnaires etc

  • Walther le 16.10.2019 10:06 Report dénoncer ce commentaire

    Une économie normale, non ?

    Une croissance durable à l'infini impossible et anormale. Ne pas se tromper avec le bien être de l'ensemble des populations, là nous en sommes très loin, nous nous en écartons toujours plus rapidement !!!!!!!

  • Troll le 16.10.2019 00:30 Report dénoncer ce commentaire

    Récession

    C'est pas un ralentissement de la croissance, c'est une récession. On a remarqué que la politique monétaire ne marche pas vu le Japon et l'Europe qui proportionnellement ont été plus loin que les USA... Il faut reconnaître que pour l'instant les USA arrivent à tirer leur épingle du jeu et donc cela les conforts dans leur prise de position. Si c'est juste pour le climat, alors la décroissance est la seul solution, mais cela laissera sur le carreaux les gens normaux, qui pourra justifier cela ? La majorité ne soutiendra pas à long terme ce mouvement.

    • Chrizo le 16.10.2019 04:50 Report dénoncer ce commentaire

      @Troll

      Parler de mécanismes économiques selon les théoriques et paradigmes anciens n'a plus aucun sens aujourd'hui. De plus vous ne tenez aucun compte de la situation politique mondiale actuelle, pas plus que des nécessités en terme notamment de croissance durable. Il est urgent de réviser cette manière d'analyser les faits économiques.

  • Zorgl le 15.10.2019 23:45 Report dénoncer ce commentaire

    Trump l' ami des losers

    Si j' ai bien compris Trump est le nouvel ami des marxistes écolos brainwashés prônant la décroissance?

    • Chrizo le 16.10.2019 04:56 Report dénoncer ce commentaire

      @Zorgl

      Trump est déjà bien assez loser tout seul pour ne pas avoir besoin d'amis dans ce domaine. Et pardonnez-moi de vous le dire, je ne suis pas du tout marxiste et pourtant relativement écolo, pas du tout brainwashé (on peut se poser la question pour ceux qui baissent leur culotte à tout va devant les désidératas des multinationales). Je ne prône pas la décroissance. Cependant croire qu'on peut avoir toujours plus dans un monde qui est, comme un bocal, limité en ressources, est au moins une utopie, au pire un fantasme mégalomane et totalement égocentrique.