France

18 juillet 2014 19:18; Act: 18.07.2014 19:22 Print

La guerre de la pêche est ouverte

Les producteurs français de fruits et légumes se disent à nouveau excédés de l'arrivée massive de marchandises espagnoles à bas prix dans les rayons en France et en appellent aux pouvoirs public.

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Comme souvent l'été, les agriculteurs français souffrent de la concurrence espagnole. Cette année, la situation est particulièrement tendue sur les pêches-nectarines, avec une production abondante en raison du temps clément de la fin de l'hiver et du printemps.

Au 1er juillet, «le potentiel de production» s'affichait en hausse de plus de 10% par rapport à 2013 et en juin les cours avaient déjà chuté de 6% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, selon une note récente du service des statistiques du ministère français de l'Agriculture.

Et jeudi des producteurs français ont bloqué des camions espagnols à la sortie Perpignan-sud de l'autoroute et ont vidé le contenu de deux camions, aspergeant de gazole les nectarines du premier pour les rendre inconsommables.

Leurs griefs sont nombreux et sérieux

D'abord, les Espagnols bradent les cagettes à 50 centimes le kilo, déstockant en France leurs surplus de production avec des produits parfois pas aux normes ou détériorés, dit à l'AFP Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA, principal syndicat agricole français. «Les camions espagnols arrivent en France sans destinataire et sans prix. Ce qui signifie que sur les marchés au gros, ils braderont au plus offrant», accuse Bruno Darnaud, président de l'Association d'organisations de producteurs (AOP) Pêches et nectarines, interrogé par l'AFP.

Or, les producteurs français vendent plutôt 1,10 euro le kilo et ils auraient besoin d'un prix d'achat d'au moins 1,30 euro pour rentrer dans leurs frais. En 2013, le prix d'achat moyen était d'un euro et demi, selon M. Darnaud. Mais face à la concurrence espagnole, «la grande distribution ne peut plus nous assurer un produit minimum», ajoute-t-il. Des accusations rejetées en bloc par une source espagnole du secteur qui a choisi l'anonymat de peur de représailles. Selon elle, certes les Espagnols vendent moins chers mais à 90 centimes le kilo et non pas à 30 ou 50 centimes.

De plus, l'été, «nos marchés prioritaires sont les pays qui ne produisent pas de pêches comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne et les pays de l'Est» et pas la France qui est un pays producteur, se défend-il. Mais, selon les différents acteurs interrogés, les arboriculteurs français sont à bout, d'autres actions coup de poing sont à craindre et surtout nombreux sont ceux qui pourraient jeter l'éponge alors que les surfaces ont déjà reculé de près de 15% en 15 ans et que l'offre française ne suffit plus à répondre à la demande.

(afp)