France

07 décembre 2011 17:31; Act: 07.12.2011 17:42 Print

La production du «Rafale» en danger

La France a pris acte de l'insuccès de son avion de combat Rafale, fleuron de la technologie française, en annonçant l'arrêt de sa production à plus ou moins longue échéance.

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«Si (le constructeur aéronautique) Dassault ne vend pas son appareil à l'étranger, la chaîne sera arrêtée», a déclaré le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, interrogé lors d'une émission de La chaîne parlementaire, France Info et l'AFP.

Dans un premier temps, le ministre français a évoqué un arrêt de la production en 2018 après livraison aux forces françaises de 180 appareils commandés.

Interrogé ensuite par l'AFP, M. Longuet a modifié ses propos, indiquant que «si Dassault ne vend pas de Rafale à l'étranger, en tout état de cause, la production, destinée à l'Armée française, ne s'arrêtera pas avant l'horizon de 2030».

«Les livraisons aux armées se poursuivront, très substantiellement, au delà de 2020. Parallèlement, l'avion fera l'objet d'évolutions entre 2020 et 2030», a ajouté le ministre.


Plus chers que les américains

Questionné sur les raisons pour lesquelles Dassault ne parvenait pas à vendre le Rafale, le ministre a souligné que cet appareil «était plus cher que l'avion américain (qui est) amorti sur des séries beaucoup plus longues».

«Lorsque nous, nous commandons 200 Rafale en dix ou quinze ans pour un programme, les Américains font 3000 appareils», a-t-il dit. «En revanche, pour les missions de haute gamme à forte valeur militaire, le Rafale est incontestablement bien placé», a-t-il affirmé.

L'avion de combat Rafale, dessiné dans les années 70 par les ingénieurs du constructeur Dassault, n'a jamais trouvé d'acheteur à l'étranger depuis le début de sa production pour l'Armée de l'air française en 1998.

La vente de cet appareil capable de remplir tout type de mission est un casse-tête pour les gouvernements français successifs depuis plus de dix ans.

Il est en compétition avec le F/A-18 de l'américain Boeing et le Gripen du suédois Saab, ainsi qu'avec l'avion européen Eurofighter.


Contrats en cours

La France négocie ainsi la vente de 36 Rafale avec le Brésil mais aussi depuis 2008 avec les Emirats Arabes Unis pour la vente de 60 exemplaires. L'avion de chasse a en outre été proposé à l'Inde, au Koweït, à la Suisse, à la Grèce et à la Libye.

La Suisse a choisi récemment les Gripen du suédois Saab, et les Emirats ont douché les ambitions françaises en élargissant leur appel d'offres à ses concurrents. A la suite de cet avertissement, le dossier de la vente du Rafale aux Emirats a été confié au chef de la diplomatie et poids lourds du gouvernement Alain Juppé.

Les exportations constituent environ un tiers du chiffre d'affaires de l'industrie française d'armement.

Elles ont toutefois été quasiment divisées par deux en 2010, passant de 8 milliards d'euros en 2009 à 4,3 milliards. Après plusieurs années de progression, les exportations ont ainsi régressé à leur niveau de 2005, après un record en 2009 notamment dû à des gros contrats de vente de sous-marins et d'hélicoptères au Brésil.

Le Rafale de Dassault Aviation a été conçu pour devenir le premier avion de combat français «multirôle», appelé à remplacer sept types d'avions, du Mirage 2000 au Super Etendard. Lancés en 1978, les avant-projets ont abouti au premier vol d'un «démonstrateur expérimental» en 1986 et d'un premier prototype en 1991.

Le prix de série de chaque appareil est évalué à 50 millions d'euros environ (pour les avions vendus aux armées françaises). Le coût budgétaire de chaque avion (développement, industrialisation, production en série et soutien après vente) pour l'Etat français s'élève à 96 millions d'euros (sur la base de 294 appareils).

(afp)