Neuchâtel

03 mai 2012 07:29; Act: 03.05.2012 15:28 Print

La raffinerie de Cressier est sauvée

Petroplus a signé un accord définitif pour vendre le site de Cressier (NE) à Varo, une co-entreprise détenue par Vitol et AtlasInvest, a indiqué le groupe zougois jeudi.

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Le repreneur compte redémarrer l'activité et garder les quelque 270 employés. L'opération devrait être bouclée au deuxième trimestre. Elle est soumise à l'autorisation des juges compétents du Tribunal cantonal de Zoug et du Tribunal régional de Boudry (NE).

La transaction comprend également la vente de certains actifs afférents à la raffinerie en lien avec les activités suisses de marketing et de logistique, a précisé l'entreprise jeudi dans un communiqué.

Petroplus est actuellement au bénéfice d'un sursis concordataire. En proie à de graves problèmes financiers, le premier raffineur indépendant d'Europe cherche à vendre ses cinq raffineries. Il employait jusqu'à sa déconfiture 2500 collaborateurs à Cressier, à Petit-Couronne (France), Anvers (Belgique), Coryton (Grande-Bretagne) et Ingolstadt (Allemagne).

Optimisme payant

«Avec cet accord, les perspectives de raffinage s'ouvrent de nouveau à Cressier», s'est réjoui le conseiller d'Etat Neuchâtelois Thierry Grosjean. Le ministre de l'Economie ne s'est jamais départi de son optimisme et s'est toujours montré confiant dans ce dossier. «On devrait voir cet été la cheminée de nouveau fumer», a-t-il déclaré sur les ondes de la RTS. La raffinerie est à l'arrêt depuis la mi-janvier.

Le ministre neuchâtelois de l'Economie a précisé plus tard au cours d'un point de presse qu'il ignorait le montant de cette transaction. Le Conseil d'Etat salue particulièrement le maintien des emplois sur le site de Cressier.

Un tiers du personnel est resté sur le site pour effectuer des travaux de maintenance. Et, sur les quelque 270 employés, seule une vingtaine a quitté l'entreprise durant cette période d'incertitude. «Le spectre de la faillite s'estompe», a-t-il relevé.

Plusieurs intéressés

La reprise du site constitue un gros soulagement pour le canton. Le démantèlement de la raffinerie risquait de coûter entre 20 et 100 millions de francs en fonction de la future affectation du lieu.

Unia exige pour sa part du repreneur qu'il donne toutes les garanties aux employés, non seulement sur le maintien des conditions de salaire et de travail, mais aussi sur la poursuite de manière durable des activités du site, a annoncé le syndicat dans un communiqué.

Le processus de vente a été lancé à mi-février et plusieurs repreneurs potentiels ont fait part de leur intérêt, a précisé à l'ats la commissaire au sursis concordataire, Brigitte Umbach-Spahn. Le nouveau propriétaire va reprendre tous les emplois, a-t-elle assuré.

Les experts de la branche ne donnaient pourtant pas cher de l'avenir de la raffinerie de Cressier. Le secteur du raffinage européen est victime d'une surcapacité chronique qui pousse les exploitants à vendre ou à fermer les installations.

Sécurité d'approvisionnement

La Suisse conserve ainsi deux raffineries sur son territoire. L'autre, détenue par le groupe Tamoil, se trouve à Collombey (VS). La fermeture de Cressier aurait impliqué l'abandon de la stratégie d'approvisionnement en pétrole de la Suisse.

L'annonce du rachat du site de Cressier rend le sourire à l'Union pétrolière (UP). «On ne peut que se réjouir pour le personnel puisque les emplois sont sauvés», a souligné le responsable de l'UP pour la Suisse romande Philippe Cordonier. Le maintien de la raffinerie contribue en outre à garantir une flexibilité, une diversité dans l'approvisionnement, relève-t-il.

Les deux tiers du pétrole importé en terre helvétique proviennent de l'Union européenne sous la forme de produits finis. Le tiers restant est importé sous forme de brut avant sa transformation en carburant et en huile de chauffage dans les raffineries locales.

Géant du négoce

Le site de Cressier est repris par un acteur de poids. Vitol s'affiche comme le numéro un mondial du négoce pétrolier. La société, d'origine néerlandaise, est établie à Genève, où elle emploie environ 180 personnes.

La firme a dégagé l'an dernier un chiffre d'affaires de 297 milliards de dollars, ce qui en fait la plus grande entreprise de Suisse en terme de ventes, devant le zougois Glencore. L'opération permet à Vitol de se développer dans la production.

De son côté, AtlasInvest est une société d'investissement contrôlée par le cofondateur de Petroplus, Marcel van Poecke. Elle a son siège à Bruxelles.

(ats)

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