Petroplus en crise

30 décembre 2011 16:22; Act: 30.12.2011 19:39 Print

La raffinerie de Cressier ferme provisoirement

Le groupe pétrolier suisse Petroplus, en proie à de graves difficultés financières, a annoncé vendredi la suspension provisoire de l'activité de trois raffineries à partir de janvier.

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30.03. 2012 La raffinerie de Cressier a obtenu un sursis concordataire de six mois 08.03 Petroplus annonce la suppression de 50 à 80 postes à son siège de Zoug. 07.03 Le syndicat Unia a déposé une pétition munie de 2014 signatures aux autorités neuchâteloises, réclamant le sauvetage du site. 23.02 Les allocations familiales du mois de janvier n'ont pas été données aux employés, selon le syndicat Unia. Par contre, une partie des salaires a été versée. 31.01 La raffinerie de Cressier (NE) Petroplus a obtenu mardi un sursis concordataire de deux mois pour sa raffinerie de Cressier (NE) devant le tribunal régional de Boudry (NE). 26.01 Petroplus a déposé sa demande de sursis concordataire. Le sort de la raffinerie de Cressier demeure incertain. 20.01 Petroplus annonce la vente de son site français de Petit-Couronne. 16.01 Petroplus annonce l'arrêt progressif de ses activités de raffinage à Cressier (NE). 11.01 Petroplus annonce un accord avec ses prêteurs, qui garantit le fonctionnement de ses sites anglais et allemand. 05.01 Le PDG de Petroplus Jean-Paul Vettier, a indiqué jeudi chercher une «solution alternative» auprès de sociétés pouvant fournir «le produit et les lignes de crédit». 30.12 Le groupe pétrolier suisse Petroplus, en proie à de graves difficultés financières, a annoncé vendredi la suspension provisoire de l'activité de trois raffineries à partir de janvier. La raffinerie de Cressier (NE) est concernée. 27.12 L'exploitant zougois de raffineries Petroplus doit faire face à de sérieux problèmes de liquidités. Ses banques ont gelé une ligne de crédit d'environ un milliard de dollars.

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L'avenir de Petroplus s'assombrit. Le groupe zougois va fermer temporairement dès janvier la raffinerie de Cressier (NE), de même que celles d'Anvers (Belgique) et de Petit- Couronne (France). Le redémarrage des opérations est incertain. La fermeture du site neuchâtelois n'interviendra pas avant mi-janvier.

La reprise des opérations dépendra des négociations avec les banques et des conditions économiques, a indiqué vendredi Petroplus dans un communiqué. La firme, en lutte pour sa survie, va poursuivre les entretiens avec son consortium bancaire, après des discussions «constructives» jeudi à Zurich.

Les négociations visent à débloquer des liquidités pour Petroplus, suite à l'annonce mardi du gel par un consortium de 13 banques internationales - dont UBS et Credit Suisse - d'un crédit de 1 milliard de dollars.

La ligne de crédit en question s'avère indispensable à la poursuite des opérations, Petroplus commençant à manquer de pétrole brut. Les sites de Coryton, au Royaume-Uni, et d'Ingolstadt, en Allemagne, restent pour l'heure en activité.

Marché sinistré

Le spectre de la faillite plane désormais sur le groupe si aucune solution durable n'est trouvée avec les banques. Englué dans les chiffres rouges, Petroplus opère sur un marché sinistré en raison des importantes surcapacités existant en Europe.

Selon l'agence Reuters, le groupe aurait obtenu vendredi un accord de financement provisoire de la part de son consortium bancaire, en attendant qu'une solution soit trouvée concernant sa viabilité opérationnelle.

La fermeture du site de Cressier n'interviendra toutefois qu'à partir de la mi-janvier, a précisé par téléphone à l'ats le conseiller d'Etat neuchâtelois Thierry Grosjean. Il s'est dit «soulagé» que la mesure ne soit pas immédiate, contrairement au cas de la raffinerie française de Petit Couronne.

«Cela nous laisse la semaine prochaine pour mener des discussions avec les différents partenaires», a-t-il ajouté. Le ministre de l'économie a insisté sur les bonnes relations entretenues avec la direction de la raffinerie de Cressier, très ouverte au dialogue. Selon lui, les choses «vont dans la bonne direction», aucun des partenaires n'ayant intérêt à une fermeture définitive.

Lors d'un point presse tenu vendredi avant l'annonce de l'arrêt de l'usine, le Conseil d'Etat neuchâtelois a réitéré son soutien à la raffinerie de Cressier. Thierry Grosjean a souligné l'importance du site pour le canton.

L'usine neuchâteloise emploie quelque 260 personnes. Elle contribue également à la diversification du tissu économique du canton et revêt une dimension stratégique pour la Suisse, puisqu'elle permet d'assurer une certaine indépendance énergétique, a résumé le conseiller d'Etat.

Approvisionnement diversifié

L'arrêt de la raffinerie ne constitue du reste par une menace pour l'approvisionnement en Suisse. L'usine neuchâteloise produit environ 25% en volume de tous les produits raffinés vendus. La raffinerie de Collombey (VS), propriété de Tamoil, assure quant à elle quelque 15%, le reste est importé.

Pour Thierry Grosjean, aucune piste n'est à écarter. Selon lui, il est cependant prématuré d'évoquer une faillite, scénario catastrophe. L'influence du gouvernement neuchâtelois apparaît toutefois limitée. Les décisions ne se prennent pas à Cressier mais à Zoug, entre la direction de Petroplus et le consortium de banques, reconnaît le libéral-radical.

Face aux problèmes de trésorerie de Petroplus, Unia a demandé au gouvernement neuchâtelois de faire pression sur UBS et Credit Suisse, afin de débloquer la situation. Il en va de l'avenir du site, a souligné la section locale du syndicat dans un communiqué.

A la Bourse suisse, l'action Petroplus s'appréciait de 6,1% à 1,74 franc vendredi peu avant la clôture. Elle avait plongé de plus de 46% mardi et de 10,8% mercredi.

(ats/afp)