Crise

14 décembre 2011 17:55; Act: 14.12.2011 20:06 Print

La richesse des familles italiennes s'érode

La richesse des familles italiennes, fréquemment présentée comme une force de l'économie de la péninsule, s'est érodée ces dernières années avec la crise, selon un rapport de la Banque d'Italie.

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A fin 2010, leur bas de laine culminait à 8640 milliards d'euros, 1,5% de moins que l'année précédente.

Au regard de 2007, le tassement s'est inscrit à 3,2%, a annoncé mercredi la banque centrale italienne. Selon ces chiffres préliminaires, la richesse des familles transalpines aurait progressé de 0,4% à prix courants au premier semestre 2011, mais étant donné la forte accélération de l'inflation sur cette période, la tendance à un repli modéré s'est poursuivie.

La répartition des richesses est très inégalitaire dans le pays, 10% des Italiens détenant 45% de ce patrimoine, selon des chiffres datant de la fin 2008. Selon le rapport, les «actifs réels», en majeure partie des biens immobiliers, représentaient fin 2010 62,2% de la richesse des familles de la péninsule et les activités financières 37,8%.


Portefeuilles recomposés

La crise financière a poussé les Italiens à investir encore plus dans la valeur refuge qu'est la pierre. Entre fin 2009 et fin 2010, leur patrimoine immobilier a progressé de 1% à plus de 4950 milliards d'euros (6113 milliards de francs). Au niveau des activités financières, les Italiens ont par ailleurs «poursuivi la recomposition de leurs portefeuilles».

Ils se sont réorientés vers des «formes d'investissement plus liquides comme les dépôts sur les comptes courants ou l'épargne postale», explique la Banque d'Italie. A fin 2010, les titres de dette italiens représentaient 5% des actifs financiers, un point de moins qu'un plus tôt.

Malgré cette érosion, le niveau de richesse des Italiens - qui est fréquemment présenté comme une force de la péninsule, qui croule en revanche sous une dette publique colossale d'environ 120% du produit intérieur brut (PIB) - reste plus élevé que dans d'autres pays développés, note la Banque d'Italie.

En 2009, la richesse des Italiens était égale à «8,3 fois le revenu disponible, contre 8 en Grande-Bretagne, 7,5 en France, 7 au Japon, 5,5 au Canada et 4,9 aux Etats-Unis», indique la banque centrale.

Leur endettement était en outre moins important: 82% du revenu disponible contre 100% en France et en Allemagne, 130% au Japon et aux Etats-Unis et 170% en Grande-Bretagne, toujours selon la Banque d'Italie.

(ats)