France

15 octobre 2018 21:14; Act: 15.10.2018 21:17 Print

Lafarge en Syrie: la justice saisit 4 millions d'euros

Les juges d'instruction ont saisi une partie des indemnités de départ de l'ex-PDG de Lafarge, Bruno Lafont, et de trois anciens dirigeants.

storybild

Bruno Lafont, PDG de Lafarge. (Photo: AFP)

Une faute?

Les quatre hommes dont une partie des indemnités de départ, totalisant environ 4 millions d'euros, a été saisie, sont mis en examen dans l'enquête sur les soupçons de financement du terrorisme en Syrie visant le cimentier, a-t-on appris ce lundi de sources proches du dossier.

Les magistrats ont notamment saisi une partie des indemnités de départ de Bruno Lafont, pour un montant de 2,475 millions d'euros, a indiqué l'une de ces sources, confirmant une information de «France Inter».

Dernier patron de Lafarge jusqu'à sa fusion avec le Suisse Holcim en 2015, il avait, au moment de son départ, touché au total plus 8,4 millions d'euros. Cette somme comprenait une indemnité de 5,9 millions d'euros et une rémunération exceptionnelle de 2,5 millions au titre de sa gestion de la fusion avec le concurrent.

Les autres dirigeants concernés sont les deux anciens directeurs de la filiale syrienne (Lafarge Cement Syria, LCS), Bruno Pescheux et Frédéric Jolibois, et l'ex-directeur général adjoint de Lafarge, Christian Herrault, en charge de plusieurs pays dont la Syrie.

Des saisies pour «près de 4 millions d'euros»

Au total, les saisies représentent «près de 4 millions d'euros», a indiqué une source proche du dossier. Les quatre mis en examen ont tous fait appel de l'ordonnance prise par les juges après des réquisitions favorables du parquet de Paris.

Cette mesure ordonnée à titre conservatoire vise à garantir l'exécution d'une peine complémentaire de confiscation de leurs biens dans l'éventualité de condamnations futures. Ces sommes permettent d'alimenter le fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI).

Dans cette vaste enquête née d'une plainte de deux associations, dont l'ONG Sherpa, et de Bercy, le cimentier est soupçonné d'avoir versé entre 2011 et 2015, via sa filiale LCS, près de 13 millions d'euros, notamment à des groupes armés dont l'organisation État islamique (EI). Il aurait fait cela pour maintenir l'activité de son usine de Jalabiya dans le nord syrien alors que le pays s'enfonçait dans la guerre.

Huit ex-cadres ou anciens dirigeants dont Bruno Lafont ont été mis en examen pour «financement d'une entreprise terroriste» et/ou «mise en danger de la vie» de salariés dans cette information judiciaire ouverte en juin 2017. En juin dernier, l'entreprise Lafarge SA a à son tour été mise en examen pour «complicité de crimes contre l'humanité» et «financement d'une entreprise terroriste».

(nxp/ats)