Bourse suisse

07 janvier 2016 19:06; Act: 07.01.2016 19:11 Print

Le SMI encore plombé par les marchés chinois

La Bourse suisse a encore nettement reculé jeudi (perte de 1,90% pour l'indice vedette SMI, à 8449,86 points).

storybild
Une faute?

Dès le départ, pénalisé par les turbulences chinoises, les indices ont fortement reculé. Après une heure de transactions, on a assisté à une certaine stabilisation. Le début de séance finalement pas trop négatif à Wall Street a permis aux marchés européens de limiter un peu les dégâts dans l'après-midi.

Finalement cependant, les indices ont fini nettement dans le rouge pour la troisième séance de la semaine. L'extrême nervosité se vérifie aussi avec l'indice VSMI de volatilité, qui a progressé de près de 12%.

La faiblesse des marchés des actions est due à la nouvelle baisse des Bourses chinoises, où la séance de jeudi n'aura duré que 30 minutes avant d'être interrompue sur une chute de 7%. Le gouvernement chinois tente de maîtriser la situation, mais la plupart des intervenants sont sceptiques.

En Occident, on ne croit pas que Pékin puisse diriger les marchés, selon un analyste. On craint par ailleurs que la conjoncture dans l'Empire du Milieu soit plus mauvaise que les statistiques ne le laissent penser et ne débouche sur un atterrissage brutal.

Départ manqué

Les premières séances de la nouvelle année laissent à présumer de ce qui va suivre: les événements en Chine en 2016 entraîneront à nouveau une volatilité plus élevée des marchés financiers globaux, a relevé un observateur.

Le Swiss Market Index (SMI) a fini en recul de 1,90% à 8449,86 points, environ 120 points en dessus du plus bas du jour. Le Swiss Leader Index (SLI) a perdu 2,04% à 1266,98 points et le Swiss Performance Index (SPI) 1,90% à 8710,45 points. Les trente blue chips ont perdu du terrain.

A Zurich, les courtiers parlent d'un départ raté pour la nouvelle année boursière. Depuis le début de la semaine, le SMI a reculé trois journées sur quatre et il a perdu près de 4% ou 370 points depuis lundi.

Galenica (-5,1%) a fini lanterne rouge. L'an dernier, l'action de l'entreprise bernoise qui doit se scinder en deux sociétés cotées vers la fin de cette année, a presque doublé de valeur. Cela incite probablement quelques investisseurs à prendre leurs bénéfices, selon des courtiers.

Défauts de crédit craints

Aryzta a abandonné 3,7%. Au contraire de Galenica, l'action du boulanger industriel a fait une des pires performances l'an dernier, et elle poursuit sur sa lancée négative, même si elle s'était bien reprise depuis son plus bas de fin septembre.

Les bancaires UBS, CS (chacune -2,9%) et Julius Baer (-2,8%) ont nettement fléchi. Ce recul s'explique notamment par la crainte et les spéculations sur des défauts de crédit en Chine. Jusqu'à ce que la situation s'éclaircisse, les gros clients vont rester sur la retenue, car le malaise sur les crédits en Chine pourrait encore nettement s'aggraver.

Des cycliques ou des valeurs d'entreprises exposées au marché chinois comme Adecco (-3,5%), Clariant (-3,2%), Kühne Nagel (-2,6%) et Schindler (-3,2%) ont aussi nettement souffert. Tout comme Transocean (-2,0%) qui, en plus, dépend du prix du pétrole, à un plus bas de douze ans.

Roche (-0,7%) a eu un effet stabilisateur relatif. Nestlé (-2,3%) et Novartis (-1,9%) ont fait à peu près comme l'indice. Sika et Swisscom (chacun -0,7%) ont aussi plutôt bien résisté.

Rares gagnants

Sur le marché élargi, Temenos a perdu 5,6%, après qu'UBS a réduit sa recommandation à «sell», l'analyste qui suit la société jugeant que les risques auxquels Temenos est exposé ne sont pas suffisamment pris en compte dans le cours de l'action.

Leonteq a perdu 4,7%. Depuis quelques temps, l'ancien chouchou des investisseurs est à la peine et sa valeur a presque diminué de moitié depuis l'été dernier.

Dans cet environnement difficile, les gagnants sont rares: Intersport ( 3,1%), Peach Property ( 2,6%) et Emmi ( 2,6%) en font partie.

(nxp/ats)