Suisse

27 octobre 2016 14:02; Act: 27.10.2016 19:32 Print

Le boom de la construction de tours reste modeste

Toutes les communes helvétiques ne sont en effet pas adaptées à la construction de gratte-ciel.

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Selon Wüest Partner, Bâle fait partie des villes les plus adaptées pour la construction de tours. (Photo: Keystone)

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Souffrant longtemps d'une mauvaise réputation en Suisse, les tours apparaissent sous un jour nouveau. Si la construction de gratte-ciel a nettement augmenté ces dix dernières années, le boom helvétique demeure cependant plutôt modeste, selon Wüest Partner.

A l'heure actuelle, la Suisse compte une trentaine de projets en construction ou en cours de planification d'immeubles dépassant les 15 étages, ressort-il de l'édition d'automne du rapport «Immo-Monitoring», publié jeudi par le cabinet de conseils zurichois. Avec ses 8,3 millions d'habitants, soit autant que la population helvétique, Londres en recense près de 230.

Dans la capitale britannique, qui vit elle un véritable boom de la construction de tours, une bonne partie des nouveaux gratte-ciel qui viendront métamorphoser la silhouette de la ville dépassent les 100 mètres de hauteur. En Suisse, ils sont à peine une dizaine, le plus haut d'entre-eux étant la 2e tour Roche à Bâle laquelle doit culminer à 205 mètres.

Discret, le boom qui se profile en Suisse depuis un peu plus de dix ans attire toujours fortement l'attention des médias. Il n'en demeure pas moins que la construction de tours représente un marché de niche, selon Wüest Partner.

500 tours de logements en Suisse

Les Helvètes partagent ce rapport particulier aux tours avec les Scandinaves. Ainsi, l'agglomération danoise de Copenhague, dont la taille est comparable à celle de Zurich, la part des gratte-ciel par rapport à la totalité des bâtiments demeure faible.

En Suisse, il existe plus de 500 tours affectées au logement. Cependant, près des trois quarts de ces immeubles ont été édifiés dans les années 1960 et 1970, période de boom de la construction déclenchée alors par une forte immigration. La moitié de ces gratte-ciel ont été bâtis dans les agglomérations des grands et moyens centres.

Mais la construction de tours a quasiment cessé dès le début des années 1980, après la crise du pétrole et le ralentissement durable de la croissance économique. L'esprit de l'époque a aussi conduit à des restrictions en matière d'aménagement du territoire. L'intérêt pour ce type de construction est revenu au début de la décennie suivante.

Le déménagement des bâtiments industriels en périphérie des villes a libéré des surfaces à l'intérieur des centres. Des emplacements très spécifiques qui représentent souvent ceux sur lesquels les tours de la deuxième vague de construction de gratte-ciel sont érigées.

Pas partout

L'actuelle dynamique de l'érection de tours en Suisse repose plus sur des critères de création de valeur sur des sites en développement et d'établissement d'une image de marque que des facteurs économiques et démographiques. Elle constitue aussi un instrument de densification des constructions.

Mais toutes les communes helvétiques ne sont pas adaptées à la construction de gratte-ciel. Selon un classement établi par Wüest Partner, Bâle, Genève, Dietikon (ZH), Zoug et Opfikon (ZH) sont les villes les plus adaptées. La facilité d'accès aux emplois existants et la disponibilité de terrains ont une importance prépondérante.

(nxp/ats)