Economie

11 juillet 2014 09:37; Act: 11.07.2014 14:34 Print

Le crowdfunding: faut-il réguler le secteur?

Le financement participatif a connu un essor considérable ces dernières années. Le phénomène n'est cependant pas sans danger et commence à intéresser les autorités de régulation.

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La start-up Betandsleep, financée par la plate-forme allemande de financement participatif Seedmatch, en est un bon exemple des dangers qui peuvent guetter le crowdfunding. La société offrait aux clients la possibilité de déterminer eux-mêmes le prix d'une nuit dans certains hôtels exclusifs. Le concept permettait aux clients de faire des économies et aux hôteliers de mieux remplir leur établissement.

Le projet a convaincu 161 personnes, qui ont investi 100'000 euros (121'000 francs), seuil minimum fixé par la start-up. Betandsleep a dû cesser ses activités l'été dernier, faute de financement additionnel. Les investisseurs ont perdu tout le capital investi.

Protéger les investisseurs

La protection des investisseurs est un motif majeur pour réguler le secteur. C'est particulièrement le cas pour les plates-formes de financement participatif en capital destinées à financer des jeunes pousses en échange d'une prise de participation.

De tels investissements s'avèrent risqués, car le risque de faillite est élevé. La plate-forme alémanique de capital-risque investiere.ch, qui a financé jusqu'à présent une vingtaine de start-up, cherche à s'assurer que les investisseurs comprennent les risques encourus.

«Les investisseurs doivent être en mesure de démontrer qu'ils sont suffisamment informés sur les risques. Ils doivent en outre passer un test de connaissances», a indiqué à l'ats David Sidler, porte-parole du site investiere.ch. Le montant minimum auprès de la société se chiffre à 10'000 francs.

Nouvelles règles

De telles règles ne sont toutefois pas la norme. «En Angleterre, en Allemagne, en France et également en Suisse, certaines plates-formes visent les petits investisseurs. Il est possible de débourser seulement 100 francs, parfois même moins, pour acquérir des parts dans une entreprise», explique David Sidler.

La Grande-Bretagne a entre-temps réagi à ce problème. Des règles sur le financement participatif sont entrées en vigueur en avril afin notamment de protéger les investisseurs.

L'UE n'est pas non plus inactive sur ce dossier. La Commission européenne a mené une consultation fin 2013 sur l'éventuelle nécessité de réguler le secteur.

Afin de créer un cadre favorable, la Commission a décidé de mettre en place un forum européen du financement participatif, composé d'experts représentant les associations du secteur et les autorités nationales. L'idée est de parvenir à une réglementation uniforme.

Croissance en Suisse

Le financement participatif poursuit également son essor en Suisse. Les fonds levés l'an dernier ont plus que doublé pour atteindre 11,6 millions de francs. La moitié des fonds revient au financement de jeunes entreprises en échange d'une prise de participation.

Malgré les risques, les régulateurs font preuve de prudence. «Une régulation des plates-formes de financement participatif n'est pas à l'ordre du jour», a indiqué Roland Meier, porte-parole du Département fédéral des finances (DFF).

La FINMA agit au cas par cas. «Les plates-formes de crowdfunding pouvant revêtir des structures extrêmement variées, il n'est pas possible de déterminer de façon générale si cette activité nécessite une autorisation», estime l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers dans un rapport publié en avril. Le site investiere.ch n'est pas soumis à la surveillance de la FINMA, a décidé l'autorité de contrôle. Il en est de même pour les plateformes C-Crowd ou Wemakeit. Les investisseurs doivent avoir conscience qu'ils assument eux-mêmes les risques, avertit l'autorité de surveillance.

(ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • hergé le 11.07.2014 10:12 Report dénoncer ce commentaire

    Ah.. le fric

    ... ou quand il n'y a pas de petit profit pour l'état.... En principe, dès que l'état y fout son doigt... tout part en vrille... Un pas de plus vers la suppression des libertés de chacun. Que ça peut faire si moi, de mon côté je veus donner 100 francs pour un projet ... si je le fais je sais aussi qu'il y a des chances que mes 100 francs soient perdus... mais qu'importe... si ça a pu ader quelqu'un a réaliser un projet dont personne ne croyait?

  • Thierry le 11.07.2014 12:11 Report dénoncer ce commentaire

    Protégeons les gens contre eux-mêmes

    Si les gens mettent de l'argent dans des sociétés sans se renseigner avant sur la boîte et son futur, tant pis pour eux. Au bout d'un moment il faut aussi que les gens apprennent à gérer leur argent. J'ai mis quelques centaines de francs dans plusieurs petites boîtes, j'ai eu des bonnes surprises, des moins bonnes, mais ça fait partie du jeu. Si vous ne voulez pas prendre de risque, n'en prenez pas et financez uniquement des valeurs sûres, comme Swissair par exemple.

  • P'tit suisse le 11.07.2014 18:57 Report dénoncer ce commentaire

    Libre circulation des investissements

    Pas de problème pour Simonetta Somaruga ... à quelques centaines de millions près investis par son département fédéral et financés par les investisseurs suisses ... aucun retour sur investissement à part des heures dans les infos de la SSR et des pages dans la presse écrite.

Les derniers commentaires

  • Meilleur Citoyen le 11.07.2014 19:37 Report dénoncer ce commentaire

    l'État fait aussi du Crowdfunding...

    l'État est le principal "crowdfunder" d'UBS avec 65 milliards... le Contribuable est le "crowfunder" forcé de l'État. et on ne lui a pourtant pas demandé son opinion quand au fric offert en cadeau à la + pourrie des banques sur cette planète. quelle logique dans tout cela?

  • P'tit suisse le 11.07.2014 18:57 Report dénoncer ce commentaire

    Libre circulation des investissements

    Pas de problème pour Simonetta Somaruga ... à quelques centaines de millions près investis par son département fédéral et financés par les investisseurs suisses ... aucun retour sur investissement à part des heures dans les infos de la SSR et des pages dans la presse écrite.

  • Thierry le 11.07.2014 12:11 Report dénoncer ce commentaire

    Protégeons les gens contre eux-mêmes

    Si les gens mettent de l'argent dans des sociétés sans se renseigner avant sur la boîte et son futur, tant pis pour eux. Au bout d'un moment il faut aussi que les gens apprennent à gérer leur argent. J'ai mis quelques centaines de francs dans plusieurs petites boîtes, j'ai eu des bonnes surprises, des moins bonnes, mais ça fait partie du jeu. Si vous ne voulez pas prendre de risque, n'en prenez pas et financez uniquement des valeurs sûres, comme Swissair par exemple.

    • abba le 13.07.2014 01:59 Report dénoncer ce commentaire

      sans rencune

      bonjour finançons seulement les riches moi même ayant acheter des actions dans de grosses boites qui même n ayons pas fait failete ont effaçer toutes les actions et recôlter les millions avec toutes l égalité, pourquoi ne aider des jeunes qui peuvent pas avoir du financement des banques sous toutes sortes d excuse .

  • hergé le 11.07.2014 10:12 Report dénoncer ce commentaire

    Ah.. le fric

    ... ou quand il n'y a pas de petit profit pour l'état.... En principe, dès que l'état y fout son doigt... tout part en vrille... Un pas de plus vers la suppression des libertés de chacun. Que ça peut faire si moi, de mon côté je veus donner 100 francs pour un projet ... si je le fais je sais aussi qu'il y a des chances que mes 100 francs soient perdus... mais qu'importe... si ça a pu ader quelqu'un a réaliser un projet dont personne ne croyait?