Économie

13 décembre 2019 14:40; Act: 13.12.2019 16:59 Print

Le démantèlement du nucléaire, une mine d'or?

Peu d'entreprises sont spécialisées dans la déconstruction de centrales nucléaires. Ce nouveau champ d'activité peut s'avérer lucratif.

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Le démantèlement de Mühleberg et le stockage des déchets radioactifs coûtera plusieurs milliards à son exploitant. (Photo: Keystone)

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Alors que la centrale nucléaire de Mühleberg doit être débranchée du réseau le 20 décembre, son démantèlement et le stockage des déchets radioactifs coûtera plusieurs milliards à l'exploitant BKW. À plus longue échéance, la déconstruction de ces installations pourrait représenter un nouveau champ d'activité.

Après 47 années de service, la centrale nucléaire de Mühleberg, située dans le canton de Berne, sera définitivement arrêtée, une première en Suisse. Hormis les craintes liées à la sécurité du site, inauguré en 1972, la direction de BKW a estimé que la centrale n'était plus assez rentable.

Le groupe énergétique bernois s'attellera avec 300 de ses employés au démantèlement du réacteur, soutenus par des experts internationaux spécialisés dans ce type d'activité complexe. Les travaux devraient durer 15 ans, pour des coûts de près de 1 milliard de francs. Le site ne retournera à son état initial qu'en 2034.

37 milliards de dollars

La déconstruction de centrales nucléaires, dont une centaine sont en activité au niveau mondial, devient de plus en plus une activité intéressante, de l'aveu de Carsten Schlufter, spécialiste des questions énergétiques chez UBS. Peu d'entreprises sont spécialisées dans ce domaine d'activité, notamment les français EDF et Orano, ainsi que l'allemand EWN.

Selon les estimations du cabinet de recherche Adroit Market Research, le marché mondial du démantèlement de centrales atomiques représentait 37 milliards de dollars (quasiment autant en francs) en 2017.

Beznau encore active

Dans l'immédiat, BKW va se consacrer à la déconstruction de la centrale de Mühleberg avant de viser éventuellement plus loin.

Les prochains candidats au débranchement sont de toute façon encore loin. Si la nouvelle stratégie énergétique du pays prévoit l'abandon progressif de l'énergie nucléaire - dont la Suisse tire 40% de son électricité - les trois autres centrales pourront continuer à fonctionner tant qu'elles seront sûres.

Sécurité et rentabilité

La centrale de Gösgen, propriété à 40% d'Alpiq et inaugurée en 1979, doit ainsi encore tourner au moins jusqu'en 2034. La centrale de Leibstadt (notamment détenue par Axpo, BKW, CKW et Alpiq), active depuis 1984, doit quant à elle rester opérationnelle au minimum jusqu'en 2045.

Et Beznau 1, la plus ancienne centrale au monde active depuis 1969, pourrait encore produire de l'électricité pendant dix ans. Le propriétaire Axpo prévoit d'exploiter les deux réacteurs tant que leur sécurité et rentabilité sont assurées.

(nxp/ats)