Suisse

04 février 2019 12:02; Act: 04.02.2019 14:28 Print

Les caisses de pension construisent-elles trop?

Alors que les appartements vides se multiplient, des immeubles continuent de pousser en Suisse. La faute aux caisses de pension et aux assureurs.

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Les caisses de pension et les compagnies d'assurance investissent massivement dans la pierre. (Photo: Keystone)

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La Suisse connaît un nombre record de logements inoccupés. En effet, plus de 72'000 appartements n'ont pas trouvé preneur et ce chiffre pourrait grimper à 80'000 d'ici à la fin de l'année, selon UBS. Ce boom de l'immobilier est à mettre en grande partie sur le compte des faibles taux d'intérêt que connaît la Suisse ces dernières années. Des taux qui poussent les riches investisseurs tels que les compagnies d'assurance et les caisses de pension à se tourner vers ce marché à la recherche de rendements intéressants.

«Ils ont beaucoup d'argent liquide qu'ils devraient, sinon, placer à des taux négatifs. Investir cet argent dans l'immobilier vaut donc la peine, même si le taux de vacance est élevé et qu'il n'y a aucun rendement» explique lundi à BlickAdrian Wenger, du VZ Vermögenszentrum, la principale société indépendante de conseils financiers en Suisse. «Cela reste préférable à des taux d'intérêt négatifs.»

A la recherche de terrains

Du coup, les Suisses qui possèdent du terrain peuvent trouver facilement un acquéreur auprès des assureurs ou des caisses de pension. Et ce, même si le prix est bien supérieur à celui du marché. Toutes les surfaces les intéressent, à condition toutefois qu'ils puissent investir ensuite au moins 8 millions de francs, seuil à partir duquel un achat devient intéressant.

Gros risque toutefois à cette frénésie immobilière: si les caisses de pension devaient verser des retraites élevées, elles seraient obligées de vendre leurs biens immobiliers. Avec pour conséquence un marché inondé de logements ne trouvant pas d'acheteurs. «La bulle immobilière volerait en éclat», selon Adrian Wenger, même s'il est peu probable que le phénomène se produise ces prochaines années.

Autre risque: comme les caisses de pension peuvent mieux faire face que les privés aux appartements vacants, elles pourraient mettre le marché immobilier sous pression. Grâce à des loyers agressifs, elles pourraient ainsi remporter la concurrence face aux investisseurs privés.

(cht)