Politique monétaire

12 décembre 2019 04:52; Act: 12.12.2019 06:58 Print

Les chantiers de Christine Lagarde à la BCE

Inflation, climat, communication: la nouvelle présidente de la Banque centrale européenne a plusieurs chantiers de prévus.

Christine Lagarde.
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La nouvelle présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a annoncé début décembre une vaste revue de la stratégie de politique monétaire, inchangée depuis 2003. Pourquoi ce chantier et quels points vont être discutés?

Dernier toilettage: 2003

Chargée par son mandat de garantir «la stabilité des prix» en zone euro, la BCE a précisé cet objectif en 2003 et s'efforce d'atteindre un taux d'inflation «inférieur, mais proche de 2%», niveau censé favoriser l'investissement et l'emploi.

Or ce taux croupit depuis des années autour de 1% sur fond de multiplication des emplois de services peu rémunérés et de chocs extérieurs freinant l'économie, notamment les tensions commerciales.

Par ailleurs, alors que se multiplient les appels à intégrer la protection du climat dans les politiques publiques, le moment est «idéal» pour que la nouvelle présidente de la BCE offre «un nouveau point de départ» à la politique monétaire à l'aube de ses huit ans de mandat, estime Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.

Cette revue d'ensemble intervient aussi alors que la politique de la BCE, faite de taux historiquement bas et de rachats de dette sur les marchés, est de plus en plus critiquée en particulier en Allemagne. On lui reproche de pénaliser les épargnants et de gonfler les prix des actifs financiers et de l'immobilier, favorisant la création de bulles.

Objectif d'inflation «symétrique»

«L'essentiel du réexamen stratégique devrait porter sur le niveau de prix qu'on veut atteindre», résume Éric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG. L'idée serait de passer à un objectif d'inflation symétrique «autour de 2%», qui peut donc être légèrement au-dessus. La BCE ferait donc sauter l'expression «inférieure à 2%», qui s'est avérée trop restrictive. Cette évolution semble «souhaitable et plausible, ne serait-ce que pour des raisons de simplicité et de crédibilité des prévisions», selon Frederik Ducrozet.

Verdir la politique monétaire

Poussée encore récemment par une pétition d'associations et d'universitaires à participer à la lutte contre le changement climatique, la BCE pourrait en tenir compte dans ses décisions de politique monétaire.

Il faudrait «a minima» que les modèles macroéconomiques utilisés pour les prévisions «incorporent dans l'évaluation des risques» celui du changement climatique, a plaidé Christine Lagarde la semaine dernière devant le Parlement européen.

L'institution pourrait aussi aménager les règles de refinancement des banques à son guichet, en favorisant les établissements lui apportant comme garanties des actifs «verts», non liés aux activités les plus polluantes. Ses rachats d'actifs sur le marché, destinés à soutenir l'économie, pourraient également privilégier les obligations «vertes».

Mais pour Gilles Moëc, économiste chez Axa, le «vrai sujet» est surtout de savoir «comment la BCE va réagir face aux risques économiques liés à une politique sur le climat». À titre d'exemple, si les prix de la tonne de carbone ne cessent de monter, pour accélérer la transition énergétique, ils pèseront sur le niveau général des prix et in fine sur la politique monétaire«, prévient-il.

Améliorer la communication

Trop jargonneuse et pimentée de querelles entre clans opposés, la communication des gardiens de l'euro est un chantier délicat, qui engage la crédibilité de l'institution. La BCE «pourrait passer à un processus de vote plus transparent et systématique (des membres du conseil des gouverneurs) sur les principales décisions politiques», propose Andrew Kenningham, chef économiste chez Capital Economics.

Les votes des 25 membres de l'instance qui fixe les taux à la BCE, actuellement anonymes, pourraient être comptabilisés entre voix «pour» et «contre», voire rendus nominatifs, comme dans d'autres grandes banques centrales depuis longtemps déjà. «Si on veut être transparent il faut y aller à fond», plaide Gilles Moëc.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Horny Freak le 15.12.2019 00:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nouveau job pour DSK

    DSK s'est fait engager comme vigile à la BCE pour monter Lagarde.

  • Claude le 12.12.2019 11:05 Report dénoncer ce commentaire

    Mecanopolis solution finale

    Les chantiers de Lagarde.. Ou plutôt ceux de Rockefeller et de son organisation democraticomafieuse.. Des ânes partout !

  • Bravo Christine le 12.12.2019 07:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bernard te remercie

    L'étendard de l'incompétence et la corruption des dirigeants de ce monde, bravo Christine !

Les derniers commentaires

  • Dédé Lasaumure le 15.12.2019 12:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nouveau job pour DSK

    DSK a retrouvé un emploi comme vigile à la BCE. Il a été spécialement engagé pour monter Lagarde.

  • Horny Freak le 15.12.2019 00:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nouveau job pour DSK

    DSK s'est fait engager comme vigile à la BCE pour monter Lagarde.

  • Liberland le 12.12.2019 12:51 Report dénoncer ce commentaire

    Industrie des loisirs

    Elle pratique un sport noble la natation pas besoin d avoir des conseils de Bernard Tapie plus dans le coup, chapeau Madame !

  • Claude le 12.12.2019 11:05 Report dénoncer ce commentaire

    Mecanopolis solution finale

    Les chantiers de Lagarde.. Ou plutôt ceux de Rockefeller et de son organisation democraticomafieuse.. Des ânes partout !

  • Jean Dupont le 12.12.2019 10:18 Report dénoncer ce commentaire

    Une crise qui perdure

    La préoccupation principale de la BCE et des gouvernements européens devrait être comment restaurer la confiance et la dynamique dans l'économie qui est toujours sous perfusion contrairement aux US. L'Europe n'est pas encore vraiment sortie de la crise de 2008. Ceci est illustré par les taux d'intérêt negatifs et par exemple le taux de change avec le CHF qui était autour de 1.50 avant 2008, regardez où l'on en est à présent.

    • Brace Forimpact le 12.12.2019 18:36 Report dénoncer ce commentaire

      @Jean Dupont

      L'économie US ne va pas bien du tout mais fait mieux que le reste car le $ est toujours la monnaie de réserve mondiale. Mais les probèmes économiques du reste du monde vont renvoyer vers les USA des tonnes de dollar et donc faire remonter les taux. (mécanisme: reste du monde vend des bon du trésor puis échange $ contre monnaie locale, aux USA les bons Trésor diminuent en valeur suite à leur vente et donc les taux augmentent). La FED sera obligée de racheter ces bons et devra passer en mode QE stéroïde. On entrera tous en hyperinflation à moins qu'un "incident" ne bloque toute l'économie avant!