Suisse

28 janvier 2020 12:32; Act: 28.01.2020 12:42 Print

Les montres redoutent l'impact du coronavirus

La Chine reste un marché de choix, comme le montrent les chiffres 2019 de la Fédération horlogère. Qui redoute que le coronavirus influence les ventes à court terme.

storybild

La crise sanitaire en Chine aura des conséquences pour l'industrie horlogère suisse. (Photo: Keystone)

Une faute?

Les exportations horlogères suisses ont progressé en 2019 malgré la chute des ventes à Hong Kong, marché le plus important pour ce secteur. L'épidémie de coronavirus devrait cependant peser sur la marche des affaires dans les prochains mois, les Chinois représentant la principale clientèle. Le repli important des volumes de garde-temps pourrait se poursuivre.

Sur l'ensemble de l'année écoulée, les envois à l'étranger ont pris 2,4% à 21,7 milliards de francs, tandis pour le seul mois de décembre ils ont gagné 5,8% à 1,7 milliard de francs, selon un communiqué publié mardi par la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH).

En revanche, les volumes ont chuté de 180'000 unités en décembre. Pour toute l'année 2019, quelque 3 millions de pièces en moins ont été exportées, une chute de 13,1% à 20,7 millions d'unités. Les montres d'entrée et moyen de gamme continuent de subir la concurrence des smartwatches notamment, une tendance qui pourrait perdurer.

Comme pour les mois précédents, en décembre uniquement les garde-temps de plus 3000 francs (prix export) ont pris l'ascenseur tant au niveau de la valeur que des pièce. «Au-dessous de cette barre, le chiffre d'affaires à l'exportation s'est contracté de 5,2% par rapport à décembre 2018», précise la faîtière.

Le coronavirus s'y mêle

Le coronavirus, une pneumonie virale, va à court terme influencer négativement les ventes de garde-temps helvétiques au niveau mondial, estime Patrik Schwendimann, analyste de la Banque cantonale de Zurich, parce que le flux de touristes, vital pour l'industrie du luxe, va être entravé.

Cependant «ces flux se rétablissent rapidement, raison pour laquelle une légère croissance des exportations horlogères reste possible», en 2020 poursuit-il. Le bilan de l'épidémie de pneumonie virale en Chine s'est aggravé à 106 morts et près 1300 nouveaux cas confirmés, ont annoncé mardi les autorités. Si la province de Hubei (centre), où a démarré l'épidémie du coronavirus, reste en grande partie coupée du monde par de drastiques restrictions de circulation, les cas de contamination s'accélèrent désormais dans le reste du pays.

La clientèle chinoise, avec ses emplettes domestiques mais aussi lors de ses voyages, permet d'engranger environ 40% des recettes de l'industrie horlogère suisse et 30% de l'industrie globale du luxe, selon la banque Vontobel.

Dans l'Empire du Milieu «un quart des achats de luxe sont réalisés localement et les trois quarts à l'étranger», fait remarquer l'établissement bancaire.

La ZKB rappelle pour sa part qu'en 2003, les envois horlogers avaient reculé de 4,4%, en partie à cause du virus Sras, qui avait également débuté en Chine. Une mauvaise conjoncture économique avait également pesé. En 2004, les exportations avaient ensuite connu un bond de 9,2%.

Hong Kong en fort repli

Hong Kong, premier marché d'exportation de l'industrie helvétique des montres, a freiné la dynamique du secteur en 2019. Les exportations vers l'ex-colonie britannique, impactés par les manifestations pro-démocratie, ont diminué l'année dernière de 11,4%. Pour le seul mois de décembre, ce repli s'est établi à 20,7%.

«La région administrative spéciale a connu un quatrième trimestre en repli de 25,9% et aura ainsi coûté plus de 4 points de croissance au résultat total sur cette période», relève la Fédération horlogère.

En décembre, les Etats-Unis ( 9,5%), deuxième pays d'exportation, ont poursuivi leur dynamique, de même que la Chine ( 49,4%), troisième marché, qui a assuré une grande partie de la croissance mondiale en prévision des ventes escomptées en janvier à l'occasion du Nouvel An chinois, qui a lieu très tôt cette année.

Le Japon ( 1,8%) a ralenti en fin d'année, notamment à cause de la nouvelle TVA en vigueur.

L'Europe ( 4,1%) s'est située un peu en deçà de la moyenne mondiale, avec d'importantes disparités parmi ses principaux marchés: France 27,2%, Royaume-Uni -4,3%, Allemagne 6,3%, Italie -5,5%, détaille le communiqué.

A la Bourse suisse, les valeurs horlogères ne réagissaient pas outre mesure à ces chiffres. A 11h50, l'action Richemont cédait 0,5% à 73,26 francs et la porteur Swatch 0,4% à 252,5 francs dans un indice SMI en hausse de 0,1%.

(nxp/ats)