Suisse

16 juillet 2014 14:14; Act: 16.07.2014 14:21 Print

Les salons à bas coûts menacent les coiffeurs

La concurrence s'intensifie sur le marché suisse de la coiffure.

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Le monde de la coiffure est mis à mal par les salon à bas coût, en Suisse. (Photo: Keystone/Gaetan Bally)

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Les salons à bas coûts, qui travaillent sans le système d'apprentissage helvétique, mettent en difficulté les établissements traditionnels.

«Les salons à bas coûts poussent comme des champignons», explique Kuno Giger, président de l'association patronale CoiffureSuisse. Ces établissements, le plus souvent tenus par des étrangers, coupent principalement les cheveux des hommes, avec de petites machines.

Les chiffres exacts ne sont toutefois pas disponibles. Sur environ 12'000 salons de coiffure, moins de 40% d'entre eux employaient des collaborateurs qualifiés en juillet, selon des données de la Commission paritaire du métier de coiffeur de la Suisse (CP Coiffure).

Ces chiffres doivent toutefois être considérés avec prudence. Il n'est par exemple pas précisé de quelle formation bénéficient les propriétaires des salons.

En outre, s'ajoutent environ 5000 «coiffeurs de baignoire», comme l'a récemment rapporté la «Schweiz am Sonntag». En règle générale, il s'agit de femmes, qui accueillent des clients chez elles et leur coupent les cheveux pour pas cher, comme revenu d'appoint.

Guerre des prix

Ces salons à bas coûts mettent les établissements traditionnels, où une coupe pour hommes coûte en moyenne 50 francs, sous pression. «La guerre des prix s'est intensifiée», souligne Kuno Giger. Dans les régions frontalières comme le Tessin, mais aussi dans les villes, la concurrence est acharnée.

A Zurich, le Kurde de Syrie Ghamkin Saleh a bâti un petit «empire» de coiffure bon marché, avec cinq salons. Chez lui, une coupe pour hommes est possible à partir de 25 francs. Les femmes, qui ne représentent environ qu'un quart de la clientèle, paient environ 35 francs sans shampooing.

«La plupart de nos clients allaient auparavant chez un coiffeur suisse», explique M. Saleh, qui emploie principalement des étrangers. «Ils viennent chez nous parce que nous sommes moins chers et plus rapides».

Dans son salon, une coupe pour hommes dure environ un quart d'heure, un avantage pour une clientèle suisse souvent pressée. «Elle apprécie notre rythme», confirme le coiffeur.

Médaille d'or pour la Suisse

La grande différence entre les salons à bas coûts et traditionnels réside dans la politique salariale. Les premiers sont dispensés des prescriptions salariales de la branche et peuvent payer des salaires plus faibles.

Avec un personnel suisse qualifié, ils ne pourraient en effet pas couvrir leurs coûts, explique Kuno Giger. En outre, ils ne forment pas d'apprentis, ce qui réduit encore leurs coûts.

Il y a un an, syndicats et employeurs ont convenu de relever le salaire minimum pour les coiffeurs qualifiés à 3800 francs par mois. Actuellement, ce montant s'élève à 3600 francs.

Le système d'apprentissage a un coût, explique Kuno Giger, qui exploite lui-même un salon à Kreuzlingen (TG) et forme des apprentis. «Un personnel qualifié, ayant suivi une bonne formation, mérite un salaire décent», affirme-t-il.

Dans les concours internationaux, la haute qualité des professionnels helvétiques est en effet régulièrement démontrée. En mai, l'équipe de Suisse senior a ainsi remporté la médaille d'or lors de la Coupe du monde.

(ats)