Entreprises japonaises

03 décembre 2019 20:44; Act: 03.12.2019 20:44 Print

Privées de lunettes pour plaire aux patrons

Une pétition a été remise aux autorités pour dénoncer des codes très choquants dans certaines sociétés nippones.

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De plus en plus de Japonaises se révoltent contre des règlements jugés déplacés et rétrogrades. (Photo: iStock)

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«Je porte des lunettes depuis plus de dix ans car je souffre du syndrome de l’œil sec», témoigne anonymement une Japonaise qui s’inquiète d’une aggravation possible de son mal. Car le manuel de sa firme stigmatise les lunettes au motif qu’elles donnent aux femmes «une expression de froideur».

L’actrice et auteure Yumi Ishikawa a décidé de dénoncer ces codes en entreprise: «Certaines sociétés ont des règles applicables aux seules femmes telles que l’interdiction des lunettes ou l’obligation d’utiliser des cosmétiques, qui sont excessives. Il faut revoir ces pratiques.» Elle a déposé hier une pétition au Ministère du travail munie de 31'000 signatures contre l’interdiction de porter des lunettes pour les femmes.

«Les entreprises accordent de l’importance à l’apparence de leurs employées qui doivent être féminines, ce qui ne serait pas compatible avec des lunettes selon une vision démodée et très traditionnelle, explique Kumiko Nemoto, professeure de sociologie à l’Uni de Kyoto citée par la BBC. Mais cela n’a pas de sens. Ce n’est qu’une question de genre et c’est discriminatoire.»

L’impact de la pétition est difficile à prédire. La précédente bataille de Yumi Ishikawa contre la quasi obligation de porter des talons dans certaines firmes n’a pour l’instant pas donné les résultats attendus. Elle a dit avoir été «choquée de constater qu’il n’y avait aucune mention des talons hauts» dans le projet de règlement du gouvernement. 

(reg/afp)