Merck Serono

15 mai 2012 15:09; Act: 15.05.2012 15:34 Print

Merck veut économiser 300 millions

La restructuration de la société, qui passe par la fermeture du siège genevois de Merck Serono, permettra de réaliser des économies nettes de 300 millions d'euros par an dès 2014.

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Le programme de réduction des coûts entraînera une charge de 600 millions d'euros. Quelque 400 millions seront dépensés cette année déjà, a indiqué le patron de Merck KGaA Karl-Ludwig Kley mardi à la presse lors d'une journée des investisseurs. C'est la première fois depuis l'annonce du plan d'économies en février que le groupe chimique et pharmaceutique allemand publie des objectifs concrets.

La première étape du programme de réduction des coûts sera la fermeture du siège genevois de Merck Serono en faveur de celui de Darmstadt, en Allemagne. Elle entraînera la suppression de 500 postes à Genève d'ici au 1er semestre 2013 et le transfert de 750 autres emplois à Darmstadt, Boston aux Etats-Unis et Pékin.

La décision a été très difficile à prendre, a déclaré M. Kley. Selon lui, la déception des personnes touchées est tout à fait compréhensible. Le groupe prend cependant ses responsabilités en menant des discussions et en proposant davantage que des offres financières.

Avec les sous-traitants et temporaires, le syndicat Unia estime que 1500 postes de travail sont menacés à Genève.

Doublons supprimés

Sur les 300 millions économisés chez Merck Serono, 180 millions d'euros le seront notamment grâce à la suppression de doublons et la réduction des coûts d'administration et de marketing. En 2011, la part de Merck Serono à ces coûts représentait 66%, selon le groupe.

La fermeture du centre de compétence de Genève et la réduction de coûts sur d'autres sites permettront d'épargner 120 millions d'ici 2014. La rentabilité de Merck Serono en devrait être améliorée. Le chiffre d'affaires de la division, de 5,6 milliards d'euros en 2011, devrait grimper à 5,7 et 5,9 milliards en 2014 ( 2 à 6%).

La division Merck Serono a été créée en janvier 2007 par le groupe allemand à la suite du rachat en 2006 de Serono pour 16,8 milliards de francs à Ernesto Bertarelli. Au 31 décembre 2011, elle employait dans le monde 16 867 personnes, dont 2100 en Suisse.

Toutes les activités concernées

Même si le plan d'économies se concentre en premier lieu sur Merck Serono, il concerne toutes les activités et toutes les régions, a répété M. Kley, sans toutefois donner de précisions. Il y aura des suppressions d'emplois, mais pas seulement. Ces mesures seront détaillées lorsque les discussions avec les partenaires sociaux seront terminées, selon M. Kley.

Ce programme doit permettre à Merck d'assurer sa durabilité et d'exploiter au mieux ses possibilités de croissance. La structure de coûts du groupe se rapprochera davantage de celle de ses concurrents, a-t-il ajouté.

Bénéfice mis à mal

Avant le début de sa journée des investisseurs, Merck a dévoilé des résultats décevants pour le premier trimestre. Le groupe allemand a vu son bénéfice net chuter de moitié à 176,6 millions d'euros (211 millions de francs). Le chiffre d'affaires s'est en revanche accru de 3,2% à 2,6 milliards d'euros.

Au niveau opérationnel (EBITDA), le bénéfice a reculé de 8,4% à 674,9 millions d'euros. La performance du premier trimestre est «raisonnable» au vu d'une comparaison difficile sur un an, a expliqué le patron du groupe. Merck avait vendu en 2010 sa division de produits et recherche phytosanitaires Crop BioScience au danois Novozymes.

Le groupe allemand a en outre affiné ses prévisions annuelles. Il table désormais pour 2012 sur un chiffre d'affaires global d'environ 10,5 milliards d'euros, contre 10,3 milliards en 2011.

Merck a par ailleurs dévoilé des objectifs de croissance à l'horizon 2014. Le chiffre d'affaires devrait augmenter de 4% à 8% par rapport à 2011 à 10,7 milliards d'euros au maximum.

(ats)