Crise de la dette

09 mai 2012 18:51; Act: 09.05.2012 20:40 Print

Merkel appelle «chacun» à s'en tenir au pacte

Tous les pays ayant signé le pacte budgétaire doivent respecter cet accord, a déclaré mercredi la chancelière allemande Angela Merkel, semblant s'adresser à la France et la Grèce.

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Angela Merkel s'est montrée inflexible. (Photo: Reuters)

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«Chacun doit s'en tenir à ce que nous avons décidé. Vingt-cinq pays ont signé le pacte budgétaire», a déclaré Mme Merkel, qui a félicité la Grèce, le Portugal et la Slovénie pour avoir déjà ratifié ce traité de discipline budgétaire. Elle a rappelé que l'Irlande devait se prononcer par référendum fin mai.

Cette déclaration faite à la chancellerie, lors d'un point de presse commun avec le Premier ministre slovène Janez Jansa, semblait notamment dirigée contre la France et la Grèce où la politique de rigueur apparaît remise en cause depuis la défaite des gouvernements pro-austérité dimanche.

Le président français élu, le socialiste François Hollande, réclame une renégociation du traité de discipline budgétaire signé par 25 pays européens à l'initiative notamment de l'Allemagne, pour y ajouter des mesures de croissance.

Des responsables politiques grecs se sont dits également disposés à remettre en cause les engagements de rigueur du pays, massivement rejetés par l'électorat dimanche, inquiétant les marchés et posant la question du maintien du pays dans l'euro.

«Un pacte pas négociable»

«La croissance et des finances solides ne sont pas contradictoires. Des budgets solides sont la condition nécessaire mais pas suffisante de la croissance», a martelé mercredi Mme Merkel, répétant un point de vue déjà exprimé ces dernières semaines. Elle doit recevoir M. Hollande à Berlin le 16 mai, au lendemain de sa prise de fonctions à l'Elysée.

Les deux dirigeants s'opposent sur la politique économique en Europe, face à la crise. Mme Merkel est prête à discuter de mesures de croissance mais a refusé jusqu'ici toute renégociation du traité. «Le pacte budgétaire n'est pas négociable», avait-elle martelé lundi.

La chancelière est également confrontée à une fronde de l'opposition de gauche au parlement qui menace de ne pas ratifier le pacte budgétaire en l'état et réclame des mesures de croissance à l'image des socialistes français.

Une majorité des deux tiers étant nécessaire pour ratifier le texte, la coalition des conservateurs et des libéraux, dirigée par Mme Merkel, doit débuter la semaine prochaine des négociations avec les sociaux-démocrates et les Verts pour trouver un compromis.

Soutien de Madrid et Lisbonne

De leur côté, les gouvernements portugais et espagnol, réunis mercredi pour un sommet ibérique, ont réaffirmé mercredi leur fidélité à la politique d'austérité budgétaire qu'ils ont tous deux engagée.

«L'Espagne, qui a signé le traité budgétaire de l'Union européenne, continue de soutenir que ce traité doit se maintenir à l'avenir», a déclaré à Porto, dans le nord du Portugal, le chef du gouvernement conservateur espagnol, Mariano Rajoy.

«Il est aujourd'hui urgent et prioritaire de renforcer les trois piliers sur lesquels repose l'euro: l'austérité, ce qui veut dire ne pas dépenser ce que nous n'avons pas, des dettes publiques soutenables et, troisièmement, la croissance économique», a-t-il estimé.

Sur la même ligne, le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho a affirmé qu'»il n'est pas possible de croître avec une dette insoutenable sur le dos. La politique de rigueur constitue le premier pas vers la relance».

(ats)