Russie

15 décembre 2014 17:19; Act: 16.12.2014 07:01 Print

Nouvel effondrement historique du rouble

La chute vertigineuse de la monnaie russe, à l'origine d'une flambée des prix, a tourné au krach historique lundi, braquant les projecteurs sur le Kremlin à trois jours d'une intervention très attendue de Vladimir Poutine.

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La banque centrale russe avait déjà relevé d'un point son taux directeur jeudi dernier. Avec un plongeon de 9,5%, le rouble a connu lundi une de ses pires journées depuis la période qui a suivi le placement de la Russie en défaut de paiement en 1998. La pression se renforce donc sur Vladimir Poutine qui donne jeudi sa grande conférence de presse annuelle.

«Le rouble échappe à tout contrôle», a résumé Chris Weafer, économiste du cabinet Macro Advisory. «Il est en chute libre, pour un seul motif : la peur. (...) Les règles normales de l'économie ne s'appliquent pas et c'est ce qui rend la situation si dangereuse», a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP.

«C'est un test considérable pour le gouvernement, ils n'ont pas d'autre choix que de trouver un moyen de mettre fin à cette chute et à restaurer la confiance», a-t-il averti.

La nouvelle chute de la monnaie russe, affaiblie par les sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne et la chute des cours du pétrole, signifie qu'elle a perdu depuis le début de l'année 42% de sa valeur face à l'euro et 49% face au dollar. La hausse des prix qui en résulte devrait atteindre 11,5% en un an, selon la banque centrale.

Interventions quotidiennes

Franchissant de nouveaux seuils historiques les uns après les autres, l'euro a grimpé lundi à 78,87 roubles, contre seulement 72,28 roubles la veille, et le dollar à 64,34 roubles contre 58,18 roubles. Dans la foulée, l'indice RTS de la Bourse de Moscou a plongé de 10%.

La banque centrale est pourtant intervenue quasi quotidiennement depuis le début du mois pour soutenir le rouble, dépensant au total 5,9 milliards de dollars, sans succès.

Sa nouvelle politique introduite le mois dernier - intervenir par surprise lorsque la stabilité financière est menacée - était censée punir les spéculateurs en les prenant de court et limiter les sommes dépensées alors que les réserves de changes du pays ont été dilapidées sans résultat depuis un an.

Pression sur Poutine

La Banque de Russie a aussi augmenté son taux directeur à 10,5% jeudi, près du double de son niveau du début de l'année (5,5%) pour juguler le mouvement, au risque d'affecter une économie déjà au bord de la récession avec des crédits plus coûteux.

Lundi, elle a dressé un tableau cauchemardesque de l'année à venir pour la Russie, avertissant que le produit intérieur brut du pays pourrait chuter de 4,5% à 4,8% si les prix du pétrole se maintenaient autour de 60 dollars le baril, leur niveau actuel.

(ats)