Logistique

01 avril 2019 07:49; Act: 01.04.2019 08:41 Print

Panalpina passe sous pavillon danois

Le logisticien Panalpina a accepté l'offre de rachat de son concurrent danois DSV. La transaction prévue valorise le groupe bâlois à hauteur de 4,6 milliards de francs.

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Le conseil d'administration de Panalpina recommande à ses actionnaires d'accepter l'offre de DSV. (Photo: Keystone)

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Le logisticien danois DSV va reprendre son homologue suisse Panalpina. Le conseil d'administration de ce dernier recommande aux actionnaires d'accepter l'offre du géant scandinave, qui a déjà été approuvée par les actionnaires détenant 69,9% des nominatives de Panalpina, selon un communiqué publié lundi.

Les deux parties se sont mises d'accord sur les conditions d'une «fusion via une offre publique d'achat». La fondation Ernst Göhner, qui contrôle Panalpina à hauteur de 46%, ainsi que les actionnaires Cevian en Artisan ont déjà donné leur feu vert au rachat, de façon définitive.

La transaction prévue valorise Panalpina à hauteur de 4,6 milliards de francs (30,5 milliards de couronnes danoises). Concrètement, le groupe danois propose 2,375 titres DSV (d'une valeur nominale d'une couronne par titre) contre une action Panalpina. Une partie des actions Panalpina sont réglées en liquide. Au final, l'offre représente un prix implicite de 195,8 francs pour une action Panalpina.

Cela représente une prime de 43% par rapport au cours de clôture du logisticien suisse du 15 janvier dernier (137 francs), dernier jour avant la publication de la première offre des Danois.

Panalpina rend les armes

Au terme de l'opération, DSV et Panalpina formeront le quatrième plus grand groupe mondial de transport et de logistique, avec un chiffre d'affaires pro forma de 18,2 milliards de francs et plus de 60'000 employés. Ils seront présents dans plus de 90 pays. La finalisation de l'opération est attendue au 4e trimestre.

Le nouveau groupe s'appellera DSV Panalpina A/S, sous réserve de l'approbation de l'assemblée des actionnaires. La fondation Ernst Göhner en sera le principal actionnaire, à hauteur de 11%.

«L'offre de DSV est très attractive», relève Peter Ulber, président du conseil d'administration de Panalpina, cité dans le communiqué. «Nos clients bénéficieront d'un réseau renforcé et de meilleurs services, ainsi que de nouvelles compétences», ajoute-t-il, au terme de l'examen de l'offre, qui aura duré plusieurs semaines, par les dirigeants de l'entreprise bâloise.

De son côté, DSV estime que le regroupement permettra «d'accroître encore son avantage concurrentiel dans la branche», selon les mots de son président Kurt Larsen. Les deux parties se sont accordées pour un versement de dividende représentant environ 15% du bénéfice net. La Fondation Ernst Göhner s'est engagée à ne pas vendre ses actions pendant deux ans après l'achèvement de l'opération.

Consolidation «bienvenue»

Cette opération s'inscrit dans le cadre de la consolidation d'une branche qui reste très fragmentée, comme le relève Thomas Gutzwiller, membre du conseil de fondation d'Ernst Göhner. «Nous sommes arrivés à la conclusion que la fusion était pour nous le meilleur moyen de répondre aux défis futurs et de créer de la valeur.»

Le délai pour l'offre publique d'achat court jusqu'à fin mai. DSV a déjà effectué plusieurs acquisitions ces dernières années. D'ores et déjà, de nombreuses synergies sont envisagées, les modèles d'affaires, les stratégies et les prestations des deux groupes se recoupant sur de nombreux points.

Il s'agira notamment de consolider l'infrastructure informatique et d'effectuer des regroupements au niveau de l'exploitation, de la logistique et de l'administration. Sur le plan commercial aussi, des synergies apparaissent évidentes.

Le groupe danois est nettement plus important que son homologue helvétique. Il emploie 47'000 employés (contre 14'500 pour Panalpina), pour un chiffre d'affaires de quelque 12 milliards de francs (contre 6,04 milliards). Le groupe bâlois a perdu des parts de marché depuis quelques années. En 2010, ses ventes dépassaient encore les 7 milliards de francs.

Parmi ses actionnaires importants, Cevian s'est montré virulent ces derniers temps, souhaitant voir tomber des têtes au sein du groupe. «Lorsque nous avons investi dans la société, les performances de Panalpina étaient inférieures à celles de la concurrence. Aujourd'hui, huit ans plus tard, elles le sont toujours», avait ainsi déclaré en octobre dernier le Suédois Lars Förberg, co-fondateur de Cevian.

Aujourd'hui, l'actionnaire «activiste» se réjouit. «Nous saluons l'accord entre Panalpina et DSV. Nous sommes convaincus que la fusion répond à une logique industrielle et fera du groupe une des entreprises majeures dans la logistique», relève M. Förberg.

(nxp/ats)