G20

02 novembre 2011 18:42; Act: 02.11.2011 19:22 Print

Paradis fiscaux dans le viseur du «contre-G20»

Paradis fiscaux et fraudes à l'impôt sont dans le collimateur des altermondialistes réunis cette semaine à Nice pour un forum social, en réponse au sommet du G20 de Cannes.

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Après leur manifestation mardi, ONG, syndicalistes, associations veulent faire valoir leurs solutions face à la crise à travers des débats rassemblant des participants venus de toute l'Europe, dans les anciens abattoirs de la ville. Au coeur de leurs revendications: «la justice fiscale et sociale».

«La bataille de l'opinion publique est primordiale», a lancé mercredi en ouverture d'un débat le président de l'Union des personnels des finances en Europe (UFE), Serge Colin, expliquant qu'il faut promouvoir «la justice fiscale» et «la lutte contre les paradis fiscaux» face aux gouvernements qui ne proposent «que des plans d'austérité».

«Nous avons une politique fiscale de patachon», estime le représentant de la seule organisation syndicale européenne des administrations fiscales et douanières. «En France, la fraude fiscale représente autour de 50 milliards d'euros, ce qui a été longtemps à la hauteur du déficit public. Si on se donnait les moyens de récupérer 80% de ce montant, le débat serait différent.»


Déclaration de Rudolf Elmer

Rudolf Elmer, ex-directeur de la filiale de la banque Julius Baer aux îles Caïmans, a fait de la lutte contre les paradis fiscaux sa spécialité. «La loi est aujourd'hui en faveur des institutions et des banques. Il faut se battre pour qu'elle penche du côté (des intérêts) de la société civile», a déclaré l'ancien banquier, qui a été poursuivi par la justice zurichoise pour avoir fourni des données à WikiLeaks.

Pour illustrer les mécanismes d'évasion fiscale mis en oeuvre par de grands groupes transnationaux, Maylis Labusquière de l'ONG Oxfam France évoque l'affaire du géant zougois Glencore, dont la filiale minière en Zambie est accusée de ne pas payer d'impôt dans ce pays d'Afrique australe en usant de «fausses déclarations».

«La société surestime les coûts de production, vend ensuite le cuivre extrait en dessous du prix du marché à une autre entité du groupe en Suisse, 'une transaction de papier' pour déplacer les bénéfices vers la Suisse», a-t-elle détaillé, reprenant des accusations notamment formulées par un audit zambien (la Banque européenne d'investissement a gelé tout prêt à Glencore après cette affaire, la société pointant de son côté «des erreurs factuelles»).

«50% du commerce mondial se fait à l'intérieur des groupes», a dit la représentante d'Oxfam, qui estime que «ces mécanismes» coûtent «125 milliards de pertes fiscales pour les pays du Sud».

Jeudi, jour d'ouverture du sommet du G20, un collectif d'associations ira à la frontière monégasque pour dénoncer le maintien des paradis fiscaux, «maillon essentiel de la spéculation financière et de l'évasion fiscale».

(ats)