Credit Suisse

18 juillet 2014 14:36; Act: 18.07.2014 14:47 Print

Perte inscrite à cause de l'amende américaine

L'amende infligée par les autorités américaines à Credit Suisse va lourdement peser sur la performance du numéro deux bancaire helvétique, qui sera dévoilée mardi.

Sur ce sujet
Une faute?

L'établissement devrait accuser des chiffres rouges au 2e trimestre.

Credit Suisse a écopé fin mai d'une pénalité financière de 2,5 milliards de francs et plaidé coupable pour avoir incité à l'évasion fiscale de riches Américains. Une partie de la somme sera épongée par les provisions de la banque, mais un montant de 1,6 milliard chargera toutefois directement les comptes du 2e trimestre.

Deutsche Bank table sur une perte nette de 796 millions de francs. Outre l'impact de l'amende, les analystes s'attendent à un résultat mitigé dans la banque d'investissement.

«Le deuxième trimestre s'est caractérisé par des conditions de marché difficiles. Le mois de juin a cependant été relativement bon, en conséquence les résultats des banques d'investissement américaines n'ont pas été aussi mauvais que redouté», a expliqué à l'ats l'Andreas Venditti, analyste à la banque Vontobel.

Les performances dans la banque d'affaires des grands groupes américains laissent entrevoir des chiffres pas catastrophiques pour UBS et Credit Suisse. Andreas Brun, analyste au sein de la Banque cantonale de Zurich (BCZ), se montre plus pessimiste.

«Dans un environnement marqué par des taux d'intérêt bas et une faible volatilité, il faut prévoir une faiblesse persistante des revenus de négoce», écrit-il dans un commentaire.

Afflux de fonds

UBS publiera pour sa part ses résultats trimestriels le 29 juillet. Le numéro un bancaire suisse se trouve dans une position plus favorable que son rival, lui qui a réglé voici cinq ans le conflit fiscal aux Etats-Unis.

Andreas Brun table sur un bénéfice net ajusté supérieur à 1 milliard de francs, soit un bond de moitié par rapport à la même période de l'an dernier. La BCZ se montre plus optimiste que la plupart des analystes. Deutsche Bank mise ainsi sur un bénéfice de 769 millions.

Dans la gestion de fortune, Credit Suisse et UBS ont sans doute à nouveau amassé des milliards de francs d'argent frais. Les grandes banques ont bénéficié principalement durant les dernières années des dépôts de riches Asiatiques.

Reste que les marges dans la gestion de fortune sont restées sous pression, note Andreas Venditti. Le bénéfice avant impôts de la division devrait toutefois profiter de la hausse des fonds sous gestion et d'une meilleure gestion des coûts.

Julius Baer dans le collimateur

Les grandes banques suisses n'en ont du reste pas encore fini avec les litiges. Les différentes enquêtes sur la manipulation des taux de change ou les discussions enflammées sur les «dark pools» - les plateformes de négoce sur une base anonyme - risquent d'occuper longtemps les services juridiques des banques et d'engendrer d'importantes provisions.

Le conflit fiscal avec les Etats-Unis reste une source d'incertitudes pour Julius Baer, qui publie ses résultats lundi. La banque privée zurichoise n'est toujours pas parvenue à un accord avec les autorités américaines.

L'amende record infligée à Credit Suisse n'a guère rassuré les analystes. Certains observateurs ont ainsi relevé le montant attendu de la sanction dont pourrait écoper Julius Baer. Deutsche Bank anticipe actuellement une pénalité de 600 millions de francs. Les experts d'UBS avancent même le chiffre de 1 milliard.

(ats)