BNS

31 juillet 2014 07:33; Act: 31.07.2014 09:12 Print

Plus de 16 milliards de bénéfice au 1er semestre

La Banque nationale suisse (BNS) inscrit un bénéfice de 16,1 milliards de francs lors des six premiers mois de 2014.

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Le résultat intermédiaire est porté par des plus-values réalisées aussi bien avec les positions en monnaies étrangères qu'avec l'or.

Le bénéfice dégagé sur les positions en monnaies étrangères a ainsi atteint 12,6 milliards de francs après les six premiers mois de l'année, a indiqué jeudi l'institut d'émission. Les gains de cours se sont montés à 5 milliards sur les titres porteurs d'intérêts et les instruments sur taux d'intérêt, en raison de taux d'intérêt généralement plus bas.

Le produit des intérêts a quant à lui apporté une somme de 3,7 milliards de francs au bénéfice semestriel. Le solde se compose des titres de participation et des instruments de participation (plus-value de 2,5 milliards grâce au contexte boursier) et du produit des dividendes (1,1 milliard). Les gains de change se sont révélés modestes (0,3 milliard).

Le stock d'or a pour sa part généré une plus-value de plus de 3,5 milliards de francs, a précisé la banque centrale dans son communiqué. A fin juin dernier, le prix du kilogramme de métal jaune s'élevait à 37'604 francs, contre 34'195 francs à la fin de l'an passé. En volume, la quantité d'or détenue est restée inchangée à 1040 tonnes.

Grosse position en devises

L'actif du bilan de la BNS montre par ailleurs toujours une position des placements en devises historiquement élevée, à plus de 457 milliards de francs à fin juin, soit près de 14 milliards de francs en plus par rapport à fin décembre 2013. L'ampleur du montant reflète notamment la défense du cours plancher de l'euro à 1,20 franc.

La position a gonflé entre septembre 2011, moment de l'instauration du cours plancher dans un contexte de quasi-parité avec la monnaie unique européenne, et septembre 2012. Depuis, la banque centrale n'est plus intervenue pour défendre la relation euro-franc, preuve que sa politique est jugée crédible aux yeux des marchés.

En ce qui concerne l'or, il figurait à l'actif du bilan pour 39,1 milliards de francs à fin juin.

Du côté du passif, la position des comptes de virement des banques en Suisse a reculé d'une quinzaine de milliards en six mois, à près de 302 milliards de francs. Les billets de banque en circulation ont pour leur part diminué de près de 3 milliards pour s'établir à 62,8 milliards.

Pas de conclusion hâtive

La performance de la BNS au premier semestre ne constitue qu'une situation intermédiaire. L'institut d'émission monétaire répète ainsi que «de fortes fluctuations sont la règle, et il n'est que difficilement possible de tirer des déductions pour le résultat de l'exercice entier.»

L'évolution dépend à la fois des marchés de l'or, des changes et des capitaux. Ceux-ci sont influencés par la santé économique et financière des pays et du contexte macroéconomique général, mais subissent aussi l'impact de la situation géopolitique, comme les incertitudes causées par la crise ukrainienne.

Au terme du premier trimestre 2014, la BNS avait enregistré un bénéfice de 4,4 milliards de francs. L'an dernier toutefois, l'exercice avait bien débuté avec un bénéfice de 11,1 milliards au terme des trois premiers mois pour finir sur une perte de 9,1 milliards.

Ce plongeon dans les chiffres rouges a entraîné une absence de versements aux collectivités publiques, une première dans l'histoire plus que centenaire de la BNS. Du coup, les cantons ont dû se passer de 667 millions de francs et la Confédération de 333 millions, alors que la plupart des grands argentiers avaient inscrit la contribution de la banque centrale dans leurs budgets.

(ats)