Défaut de paiement

05 janvier 2016 00:07; Act: 05.01.2016 08:16 Print

Porto Rico refuse d'être «renfloué» par les USA

Le territoire américain est en défaut de paiement partiel. Son gouverneur demande un changement de cadre juridique.

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Des manifestants à New York protestent contre les banques de Wall Street qui étrangleraient Porto Rico, le 2 décembre 2015. (Photo: AFP)

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L'archipel américain de Porto Rico, en défaut de paiement partiel, ne veut pas d'un «renflouement» des Etats-Unis mais réclame les moyens légaux de restructurer sa dette de quelque 70 milliards de dollars, a déclaré son gouverneur lundi.

«Nous ne voulons pas d'un renflouement. Nous voulons juste les moyens de régler cette crise», a déclaré Alejandro Garcia Padilla sur la chaîne américaine CNBC alors que l'île va faire défaut lundi sur quelque 36 millions de dollars de dette.

L'agence de notation Standard and Poor's a annoncé en conséquence que les titres de dette concernés seront rétrogradés dans la catégorie «D» correspondant à un défaut.

Plusieurs années de récession

Rattaché aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, Porto Rico avait prévenu qu'il ne pourrait plus honorer l'ensemble de ses obligations financières après des années de récession qui ont fait gonfler sa dette et chuter ses recettes.

«Nous n'avons plus d'argent», a résumé le gouverneur. «Ce n'est pas un problème politique, c'est simplement des mathématiques».

Alejandro Garcia Padilla a exhorté le Congrès des Etats-Unis à doter son île de la capacité légale, offerte aux municipalités américaines, de se placer sous la protection de la loi sur les faillites pour restructurer sa dette à l'abri de ses créanciers.

Cadre juridique

«Ce que nous voulons c'est un cadre juridique dont profiteront Porto Rico et ses créanciers», a-t-il dit, rappelant que l'île disposait de ce droit jusqu'en 1984.

L'administration Obama plaide pour cette modification législative mais s'est pour l'heure heurtée à l'hostilité des républicains, majoritaires au Congrès.

En attendant, le gouverneur portoricain dit redouter le coût des actions en justice que les créanciers de l'île, principalement des fonds de pension américains, pourraient engager.

Contentieux coûteux

«Ce contentieux sera extrêmement coûteux (...) et chaque dollar dont j'aurais besoin pour payer des avocats ne sera pas versé à nos créanciers. Donc, ça leur sera défavorable au bout du compte», a-t-il affirmé.

Autrefois dynamique, Porto Rico a vu son produit intérieur brut s'effondrer depuis dix ans et la fin d'incitations fiscales destinées à attirer les entreprises sur l'île.

(nxp/afp)