Conjoncture

14 juin 2011 09:03; Act: 14.06.2011 10:17 Print

Précision de croissance revue à la baisse

Le SECO a abaissé mardi sa prévision de croissance pour 2012 à 1,5%. Jusqu'ici les experts tablaient sur 1,9%.

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Malgré une évolution robuste depuis le début de l'année, l'économie suisse commence à montrer des signes de ralentissement. Marquée par l'envolée du franc, la croissance moyenne annuelle devrait être de 1,5% en 2012, alors que le SECO tablait jusqu'ici sur 1,9%.

Les signes de ralentissement sont apparus au 1er trimestre, pour la première fois après plusieurs trimestre d'expansion, a indiqué mardi le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). La croissance du produit intérieur brut (PIB) de janvier à mars a été de 0,3% par rapport au trimestre précédent et de 2,4% sur un an.

Les prévisions du SECO sont plus pessimistes que celles du KOF qui s'attend pour 2012 à une croissance de 1,9% et que celles du BAK avec 1,8%. Le risque central pour l'économie suisse reste lié au cours du change, rappellent les experts de la Confédération.

Même si les chiffres du commerce extérieur sont favorables jusqu'ici, de nombreuses entreprises ont abaissé leur prix à l'exportation pour rester compétitives faisant rétrécir leurs marges. Ce processus d'adaptation ne sera pas infini, ce qui se ressentira sur le volume des exportations, ajoute le SECO.

Influence internationale

Il est difficile d'estimer la durée de la phase d'appréciation du franc, mais la situation internationale, marquée par l'endettement de certains pays comme la Grèce, l'Irlande ou le Portugal, fait penser que la devise helvétique continuera encore à être une monnaie refuge. Si les pressions à la hausse du franc s'accentuent, la poursuite de la croissance du produit intérieur brut suisse sera compromise.

Mais le groupe d'experts de la Confédération conserve comme scénario le plus probable une accalmie conjoncturelle ces prochains trimestres. Pour cette année, il maintient sa prévision de croissance à 2,1%, contre 2,6% en 2010.

Le ralentissement conjoncturel devrait rester modéré grâce à la croissance de la demande intérieure, soutenue notamment par la construction. Les investissements de ce secteur devraient progresser de 5% cette année, dopés par la faiblesse des taux d'intérêts et d'importants projets de génie civil. La vigueur de la consommation des ménages fournira aussi des impulsions positives.

Hausse du chômage

En revanche, au niveau de l'emploi, il faudra s'attendre à une légère détérioration du marché l'année prochaine. Le taux de chômage pourrait légèrement remonter et se fixer à 3,3% en 2012.

Le taux annuel devrait toutefois se fixer à 3,1% en moyenne cette année. Il est même descendu à 3% au mois de mai. Le taux d'inflation devrait rester nettement inférieur à 1% en 2011 et 2012.


(ats)