Suisse

16 octobre 2019 15:03; Act: 16.10.2019 15:03 Print

Raiffeisen table sur une croissance de 1,3% pour 2020

Les économistes de la banque estiment que l'économie suisse va encore perdre de son entrain l'an prochain.

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L'économiste en chef de Raiffeisen Martin Neff. (Photo: Keystone)

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L'économie suisse devrait encore manquer d'impulsion l'année prochaine. Le produit intérieur brut (PIB) ne devrait progresser que de 1,3% en 2020, selon les estimations des économistes de Raiffeisen, légèrement plus que pour l'année en cours.

Après les chiffres du PIB au deuxième trimestre, la banque a abaissé ses prévisions pour l'année en cours, à 1,0%, au lieu de 1,2%. L'économie suisse a perdu de son entrain, alors qu'en 2018, la croissance avait atteint 2,8%, «une année de boom», a souligné l'économiste en chef Martin Neff.

«Même si l'économie suisse dépend de moins en moins de l'Allemagne, cette dépendance est encore suffisamment importante pour que nous soyons à la merci de notre voisin du nord», a expliqué M. Neff lors de la conférence de presse.

L'Allemagne pèse encore pour près d'un cinquième des exportations suisses. Dans la métallurgie, les machines et l'électronique, la dépendance est encore forte. Or, «la locomotive conjoncturelle allemande est devenue un lourd wagon qui agit comme un frein, y compris sur l'économie suisse», a-t-il ajouté, le pessimisme s'étant emparé des industriels allemands.

Dans ce contexte, l'évolution aux Etats-Unis, le deuxième débouché pour les exportations suisses, est d'autant plus importante. Raiffeisen s'attend à un léger essoufflement chez ce partenaire, mais pas à un fort ralentissement. «Les inquiétudes aux Etats-Unis sont plus de nature politique que de nature économique».

«Outre l'Allemagne et les Etats-Unis, les autres pays fortement industrialisés souffrent aussi d'une faiblesse conjoncturelle», poursuit M. Neff. Ni la zone euro, ni le Japon ne fourniront en 2020 d'impulsion notable à la croissance de l'économie mondiale.

De plus, la croissance chinoise devrait pour la première fois s'inscrire sous la barre des 6% en 2020. «Le litige commercial avec les Etats-Unis laisse peu à peu des traces. Les exportations chinoises vers les Etats-Unis ont reculé de plus de 10%», a insisté l'économiste.

Force du franc toujours problématique

Face au contexte géopolitique difficile, avec de «nombreux impondérables», du Brexit au litige commercial sino-américain, la Suisse et sa monnaie joueront encore leur rôle de refuge en 2020, estime le rapport. La force du franc restera donc au coeur des préoccupations de la Banque nationale suisse (BNS).

En outre, depuis la crise financière, les entreprises et les investisseurs suisses ont «clairement tendance à moins réinvestir à l'étranger les revenus générés, ce qui a pour effet de renforcer le franc», a ajouté M. Neff.

En outre, l'économiste a écarté le risque d'un effondrement des prix de l'immobilier suisse, même s'ils restent très élevés. «Même pour les immeubles à usage commercial et les immeubles de rapport, c'est le rendement qui est prioritaire, et non la perspective de profit rapide. L'écart de rendement et la pénurie de placements stabilisent le marché», a-t-il expliqué, dans le communiqué.

(nxp/ats)