Royaume-Uni

11 janvier 2016 16:54; Act: 11.01.2016 17:20 Print

Six banquiers inculpés dans l'affaire de l'Euribor

Le scandale de ce taux interbancaire avait éclaté presque en même temps que celui du Libor.

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Sisse Bohart est la seule femme du groupe de financiers impliqués dans cette affaire de l'Euribor. (Photo: Reuters)

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Six personnes ont été formellement inculpées, lundi à Londres, pour avoir manipulé l'Euribor, un taux de référence de la finance, une affaire jumelle du retentissant scandale du Libor.

Ils font partie d'un ensemble de onze financiers dont six travaillaient chez Deutsche Bank lors des faits incriminés, quatre chez Barclays et un à la Société Générale.

Seuls les six banquiers qui se sont présentés lundi devant la cour de Westminster ont été inculpés. Les cinq autres étaient convoqués mais ne sont pas venus et doivent désormais se présenter mercredi à la justice, pour être à leur tour inculpés, étape qui doit ensuite permettre au procès de s'ouvrir.

Presque tous licenciés

Ces financiers sont accusés d'avoir manipulé l'Euribor, un ensemble de taux d'intérêt auquel les banques européennes de premier plan se consentent des prêts en euros. Parmi ces dix hommes et une femme, Barclays et la Société Générale n'emploient plus les personnes concernées mais au moins l'une d'entre elles travaille encore chez Deutsche Bank, où elle occupe un poste d'encadrement.

Un seul d'entre eux réside au Royaume-Uni, les autres habitant aux Etats-Unis, en Allemagne, en France, au Danemark ou encore à Singapour.

«Le taux d'intérêt a été manipulé pour arranger les positions des opérateurs actifs sur le marché des produits dérivés», a expliqué le procureur James Waddington devant le tribunal de Westminster. Les banquiers concernés en auraient tiré des bénéfices indus.

Simultanément à l'affaire Libor

Ce scandale avait éclaté au grand jour à la même époque que celui du Libor, le cousin londonien de l'Euribor, lorsque la banque britannique Barclays avait révélé en 2012 qu'elle devait payer 290 millions de livres pour mettre fin à des enquêtes au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, poumons de la finance mondiale.

D'autres institutions, dont UBS, RBS et Rabobank, ont, depuis, dû régler des pénalités équivalentes à des milliards de francs au total aux autorités de régulation et institutions judiciaires de ces deux pays dans les affaires du Libor et de l'Euribor.

UBS a ainsi écopé d'une sanction d'un milliard et demi de francs par les autorités de régulation britanniques, américaines et suisses, pour avoir manipulé ce taux interbancaire. Deutsche Bank a reçu une amende de 2,5 milliards de dollars.

Une première condamnation l'an dernier

Le Britannique Tom Hayes, un ancien d'UBS et de Citigroup, a été le premier à être condamné à de la prison ferme dans ces affaires, écopant en août à Londres d'une peine de 14 ans d'emprisonnement pour avoir manipulé la déclinaison japonaise, en yen, du Libor. Cette peine a été réduite en appel à 11 ans, fin décembre.

Le procès de six autres anciens intermédiaires financiers, ouvert le 6 octobre à Londres, est en outre toujours en cours dans le cadre des investigations autour des manipulations du Libor.

Les taux Euribor (pour Euro Interbank Offered Rate), comme le Libor, servent de référence pour de nombreux produits financiers, du compte d'épargne le plus classique au produit dérivé complexe, en passant par les emprunts immobiliers et les crédits à la consommation.

(nxp/ats)