Télécoms

22 octobre 2019 09:32; Act: 22.10.2019 18:08 Print

Sunrise fait machine arrière sur le rachat d'UPC

Sous pression, l'opérateur zurichois a annulé son assemblée consacrée à l'augmentation de capital pour le rachat d'UPC.

storybild

Sunrise précise avoir amendé le contrat d'achat des titres d'UPC Suisse. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Face à la fronde des actionnaires, Sunrise abandonne son projet d'acquisition d'UPC Suisse. En accord avec le vendeur du câblo-opérateur zurichois, le géant américain Liberty Global, le numéro deux suisse des télécommunications annule l'assemblée générale extraordinaire agendée mercredi, signant ainsi l'échec de l'opération.

Dans un communiqué diffusé mardi, Sunrise précise avoir amendé le contrat d'achat des titres d'UPC Suisse, Liberty Global ayant consenti à l'annulation de l'assemblée générale extraordinaire. Les actionnaires de l'opérateur établi à Zurich devaient se prononcer sur une augmentation de capital de 2,8 milliards de francs afin de financer une partie des 6,3 milliards prévus pour la transaction.

Sunrise indique que le contrat d'achat signé avec Liberty Global «demeure en vigueur à moins qu'il ne soit résilié par l'une ou l'autre partie» et cela jusqu'au 27 février 2020. Ce pas, justifié par le fait que l'accord entre Sunrise et le groupe américain prévoit le versement par le premier d'une indemnité de 50 millions de francs en cas de rupture des dispositions, signe ainsi l'échec de la reprise d'UPC, plus grosse opération de ce genre en Suisse à ce jour.

«Au vu des indications claires reçues des actionnaires et l'annonce de Freenet de voter contre l'augmentation de capital lors de l'assemblée générale extraordinaire», le conseil d'administration a conclu qu'une nette majorité d'actionnaires ne soutient pas l'opération, écrit Sunrise. L'opérateur allemand Freenet, lequel détient près du quart des titres de Sunrise, soit une participation de 24,5%, avait manifesté dès le début son opposition à cette opération.

Plus de 50% d'opposition

Interrogé par AWP, le chef des finances de Sunrise, Andre Krause, n'a pas souhaité chiffrer le camp du non, reconnaissant toutefois que celui-ci «dépassait clairement les 50%». Le directeur général Olaf Swantee a relevé que l'opérateur renonce à mener de nouvelles discussions avec Liberty Global, pour se concentrer désormais sur la poursuite de ses affaires en solitaire.

Regrettant l'échec du projet, M. Swantee s'est dit déçu que Sunrise ne puisse au final tirer profit des synergies qu'aurait générées le rachat d'UPC, d'une base de clients doublée et de sa propre infrastructure internet. Mais l'entreprise peut s'appuyer sur une forte position dans tous les segments. Désormais, il s'agit d'évaluer d'éventuelles adaptations à la stratégie à long terme tout en se focalisant sur les objectifs fixés pour 2020.

Satisfait de l'issue du bras de fer, le directeur général de Freenet, Christoph Vilanek, a rappelé à AWP que la structure de la transaction était désavantageuse pour les actionnaires de Sunrise. D'autant plus que l'acquisition d'un réseau câblé à un tel prix à l'heure où la technologie mobile de dernière génération (5G) prend son envol ne se justifie pas du point de vue stratégique.

Sunrise, qui prévoyait dans un premier temps de faire passer à la caisse ses actionnaires à hauteur de 4,1 milliards de francs, avait bien tenté d'amadouer la résistance en réduisant l'augmentation de capital à 2,8 milliards. Mais la mesure, décidée avec le consentement de Liberty Global et un apport de 500 millions, s'est révélée insuffisante.

Opposition d'ISS décisive

L'actionnaire activiste Active Ownership Capital (AOC), également allemand, avait rejoint le camp des opposants à la reprise d'UPC Suisse, lequel exploite le plus grand réseau câblé de Suisse. Mais le glas des ambitions de Sunrise a véritablement sonné avec le ralliement à la fronde de la très influente société américaine de conseils aux actionnaires ISS, laquelle représente selon Reuters pas moins de 30% des droits de vote.

Evoquant cette opposition décisive, M. Swantee a noté que cette dernière s'était basée sur un rapport comportant de graves erreurs. Si la société américaine a révisé le document à la demande de Sunrise, celle-ci n'a pour autant changé son fusil d'épaule, les actionnaires les plus passifs gardant à l'esprit la recommandation d'ISS.

Plusieurs importants actionnaires de Sunrise, tels que l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC), organisme public du Canada en charge de la gestion financière des fonds de retraites des Canadiens ou la société de conseils aux actionnaires Glass Lewis, avaient apporté leur soutien aux dirigeants de Sunrise. Tout comme, Ethos et zRating.

Près de dix ans après l'interdiction au printemps 2010 par la Commission de la concurrence de la fusion entre Sunrise, contrôlé à l'époque par TDC, l'ancien Tele Danemark, et Orange, l'actuel Salt alors détenu par France Télécom, l'échec de cette consolidation du marché suisse des télécommunications a reçu un accueil favorable des investisseurs.

A la clôture, le titre Sunrise est monté de 2,5% à 79,55 francs, alors que l'indice élargi SPI a pris 0,19%.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Cablecom le 22.10.2019 10:55 Report dénoncer ce commentaire

    Cablecom à fuir

    Enfin une bonne décision ! Cablecom ne vaut rien, aucune qualité des services, à la limite d'escroquerie légale.

  • Claudine Lefèvre le 22.10.2019 12:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Fâchée

    Je suis justement en train de régler un problème qui dure depuis bientôt trois semaine avec UPC.. Je crois bien que je vais péter un câble... de véritables escrocs. ils savent bien vendre et encaisser mais après, silence radio dès que se présente un problème

  • Jules Dupiston garagiste à Fontaney le 22.10.2019 11:30 Report dénoncer ce commentaire

    ouf ! ! !

    une bonne nouvelle, pour avoir eût à faire avec UPC c'est une politique commerciale de type mafieux et j'aurais changé sans aucun doute d'opérateur.

Les derniers commentaires

  • Victimdegilet Jaunfoncé le 23.10.2019 18:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sunrise, bien joué

    J'ai Sunrise et un provider français. Chez Sunrise, impeccable, boxes remplacées sans rien demander, ça marche, leur SAV super, un bonheur. En France on paye un maximum, la TNT, on te la coupe, c'est l'Afrique: aucune chaîne Suisse mais du Kazakhstan, de Chine et autres "paradis" médiatique bien sûr. Leur fond de commerce, des factures de prestations non fournies : un prépaid pour 3 mois morts après 30 jours avec des appels-dates faux pour justifier l'arrêt, une box non activée replacée par une autre, ils t'en facturent deux sans reçu possible pour la première. Cauchemar.

  • Florian . le 23.10.2019 07:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bonne nouvelle.

    Super bonne nouvelle pour les employés des deux sociétés car vous savez tous ce qui peut arriver dans ces cas là. A part cela pour avoir tester les 3 opérateurs , seul Swisscom sort du lot et Federer me gave grave donc !

  • Alain le 22.10.2019 23:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La jungle de la téléphonie et du net

    Swisscom reste le meilleur et assez correct malgré tout avec les clients de longue date et fidèles . Juste dommage qu'ils soient un peu gourmands.

  • untel le 22.10.2019 23:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    swisscom

    Ça fait des années que j'ai Swisscom jamais de problèmes. Alma

  • Jean Risdeja le 22.10.2019 20:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas un pour racheter l'autre.

    Cablecon ou Swisscon, même combat, mêmes problèmes et surtout tous trop chers !