Thurgovie

03 mars 2015 07:49; Act: 03.03.2015 14:56 Print

Suppression de 150 à 200 postes chez EgoKiefer

Le fabriquant thurgovien d'équipements du bâtiment AFG Arbonia-Forster (AFG) va supprimer 150 à 200 emplois dans les 18 mois à venir chez le fabricant de fenêtres EgoKiefer.

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La baisse des effectifs devrait intervenir en limitant au maximum les conséquences sociales, précise AFG dans son communiqué. (Photo: Keystone)

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AFG va biffer entre 150 et 200 emplois dans les 18 prochains mois chez le fabriquant EgoKiefer. La restructuration tombe au moment où le spécialiste thurgovien en équipements du bâtiment renoue avec les chiffres noirs, une première depuis quatorze ans. Le site de Villeneuve (VD) n'est pas concerné.

La mesure est motivée par la baisse des revenus dans la division enveloppe du bâtiment et par des effets de change négatifs. Elle implique l'accélération de la délocalisation prévue de la production de fenêtres en PVC d'Altstätten (SG), où 70 à 80 postes passeront à la trappe dès cette année, vers l'unité slovaque de Pravenec, a indiqué mardi AFG.

Site de Villeneuve pas affecté

EgoKiefer possède aussi une usine à Villeneuve. Contactée par l'ats, la porte-parole Fabienne Zürcher-Rohner a précisé que le site chablaisien n'était pas touché. AFG avait d'ailleurs annoncé en juin 2013 vouloir y investir pour en faire son centre de fabrication de fenêtres en matières plastiques en Suisse.

La récente valorisation du franc ( 10% actuellement contre l'euro par exemple), après l'abandon par la Banque nationale suisse (BNS) du cours plancher de l'euro le 15 janvier dernier, impose en outre de réexaminer le développement des capacités de production de fenêtres en bois et bois/aluminium dans l'unité d'Altstätten.

La baisse des effectifs devrait intervenir en limitant au maximum les conséquences sociales, note AFG dans son communiqué, sans en dire davantage en l'état. Au-delà de l'objectif d'optimiser la répartition de ses sites de fabrication, EgoKiefer doit s'adapter à «tous les niveaux» à la détérioration des conditions de marché.

Retour dans le noir

Malgré la restructuration de ses fenêtres, AFG a dévoilé une bonne nouvelle en publiant ses comptes 2014. Le groupe a annoncé son retour dans les chiffres noirs l'an dernier, une première depuis 2011, en dégageant un bénéfice net de 15,1 millions de francs l'an, après avoir encore essuyé une perte nette de 49,9 millions en 2013.

«La restructuration stratégique engagée en 2011 s'achève sur une réussite avec l'acquisition d'un nouvel actionnaire principal», s'est réjouie la firme longtemps contrôlée par Edgar Oehler. AFG se réfère à la montée en puissance divulguée en décembre dernier de l'industriel alémanique Michael Pieper, via son groupe Artemis.

Pour rappel, la réorganisation d'AFG a consisté en un recentrage sur trois grands pôles d'activité. Le chiffre d'affaires réalisé l'an dernier, divulgué en janvier déjà, a augmenté de 1,3% en rythme annuel pour s'établir à 1,017 milliard de francs. Après correction des effets de change, il affiche toutefois un recul de 2,4%.

Pas de dividende

Les ventes de la division technique du bâtiment ont progressé de 2,4% à 490,2 millions de francs, alors que celles de la division sécurité du bâtiment s'accroissait de 2,6% à 149,9 millions, des évolutions «satisfaisantes». La division enveloppe du bâtiment a en revanche subi une contraction de ses revenus de 8,5% à 376 millions.

Au niveau opérationnel, le bénéfice avant intérêts et impôts (EBIT) a diminué de près de moitié, en passant de 61,5 millions de francs en 2013 à 33,4 millions l'an dernier. En ne considérant que les activités poursuivies, le bénéfice net ressort à 11,3 millions de francs, en baisse des deux tiers.

Pour mémoire, AFG a vendu en décembre dernier sa division des traitements de surfaces STI Surface Technologies à son ex-directeur général et fondateur Edgar Oehler. Le conseil d'administration propose par ailleurs aux actionnaires de renoncer au versement d'un dividende au titre de l'exercice écoulé.

Pas d'objectif 2015

En ce qui concerne l'exercice 2015, AFG ne formule aucun objectif, préférant concentrer son attention sur la restructuration de la division enveloppe du bâtiment. Les ambitions à moyen terme seront néanmoins dévoilées en août à l'occasion de la publication de la performance du groupe au premier semestre.

AFG emploie près de 6500 personnes. Outre la Suisse, il est présent en Allemagne, en France, en République tchèque, en Pologne, en Slovaquie, en Italie, aux Etats-Unis et Chine.

(ats)