Horlogerie

22 juillet 2014 07:23; Act: 22.07.2014 17:53 Print

Swatch Group voit ses bénéfices se contracter

Malgré des ventes en hausse, le numéro un mondial de l'horlogerie a vu ses résultats diminuer au premier semestre 2014.

Une faute?

Swatch Group se veut optimiste pour l'exercice en cours, malgré un repli de sa rentabilité au premier semestre. Freiné par des taux de change défavorables, le numéro un mondial de l'horlogerie a dégagé un bénéfice net de 680 millions de francs, en baisse de 11,5% par rapport aux six premiers mois de 2013.

Le géant biennois n'avait pas accusé de recul de sa profitabilité depuis la crise, en 2009, volant de record en record jusqu'ici. Depuis quelque temps néanmoins, la vigueur du franc le préoccupe. Et son directeur général, Nick Hayek, ne cesse de réclamer de nouvelles mesures de politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS).

Au niveau opérationnel, la multinationale a vu son résultat fléchir de 8,8% de janvier à juin, à 830 millions de francs, pour une marge en retrait de 2,5 points de pourcentage à 20,2%. En sus des variations monétaires, les dépenses importantes en marketing pour les Jeux olympiques de Sotchi et l«incendie chez ETA, survenu en décembre à Granges (SO), ont pesé, précise-t-elle mardi.

Impacté lui aussi par la «situation des taux de change extrêmement négative», le chiffre d'affaires brut a, du reste, progressé, de 4% à 4,35 milliards de francs. En devises locales, il a crû de 8,5%.

Si l'activité des Systèmes électroniques a subi une baisse de ses revenus (-2% à 146 millions de francs), la division Montres et Bijoux, coeur de métier de la société, a enregistré en revanche une hausse de 4,3% ( 8,8% en monnaies locales), à 4,21 milliards.

Progression en Chine

La firme explique cette croissance par ses «fortes marques», parmi lesquelles Omega, Tissot ou Longines, et son «réseau de distribution étendu». Et de relever que, hormis quelques pays européens, l'ensemble des marchés, même la Chine, «sont en croissance par rapport aux chiffres très élevés de l'année précédente».

L'entreprise a, pourtant, dû réorganiser sa production. Le sinistre qui a détruit l'atelier de galvanisation de ETA, bras industriel du groupe, a provoqué «un dommage matériel considérable» et grevé le chiffre d'affaires de 200 millions de francs. «Seuls quelques retards de livraison devraient subsister» au deuxième semestre.

Au cours des six prochains mois toujours, «l«impact négatif des taux de change constaté sera moins dramatique que celui subi sur le premier semestre 2014», prévoit Swatch Group. Lequel s'attend à une seconde partie d'exercice prometteuse.

A l'exception d'une «situation empreinte d'incertitudes» à Hong Kong, les perspectives demeurent «très bonnes dans toutes les régions et segments». «Particulièrement aux Etats-Unis et au Japon, le développement très positif des ventes continue», détaille la société. Les affaires se renforcent en Chine continentale également.

Harry Winston constitue une autre source d'optimisme. La marque américaine de joaillerie et d'horlogerie acquise au début de l'an passé «se développe de manière très réjouissante». Et l'essor devrait se poursuivre, avec une nouvelle collection dans laquelle le groupe vient d'investir 140 millions de francs.

Nouvelle fabrique à La Chaux-de-Fonds

De nouveaux modèles pour Swatch et Omega sont également prévus avec des impulsions sur les recettes. Du côté de la production, en particulier la fabrication d«aiguilles de montres d«Universo et celle de cadrans de Rubattel & Weyermann, la nouvelle unité de La Chaux-de-Fonds sera opérationnelle en août, annonce la firme qui a créé plus de 800 emplois, dont 460 en Suisse, au premier semestre.

Malgré ces perspectives optimistes saluées par les observateurs, la croissance à deux chiffres ne devrait pas être au rendez-vous pour l'ensemble de l'année. Nick Hayek jugeait récemment improbable une telle hausse. Les aléas monétaires devraient amputer de 350 à 500 millions de francs les ventes de l'exercice en cours, notait-il.

Pour le premier semestre déjà, UBS se déclare légèrement déçue par l'évolution du chiffre d'affaires. Les revenus ressortent, pourtant, quasiment conformes aux prévisions des analystes interrogés par l'agence AWP, qui tablaient sur un montant de 4,38 milliards de francs, de même que le profit net escompté à 688 millions. Seul le résultat opérationnel se révèle en dessous des 851 millions attendus.

A la Bourse suisse, le titre Swatch Group a clôturé en recul de 2,9% à 498,60 francs, dans un marché en nette hausse.

(ats)